Formule 1 | C’était un 25 août… La quasi victoire de Jean Alesi


Abandon Jean Alesi - FFL

Tandis que la décennie de 1980 en Formule 1 a été marquée par les trois malheureux sacres de champion du monde d’Alain Prost, celle de 1990 est revenue dans l’ordre côté français. En effet, l’année 1991 voit le duo Prost-Alesi au volant des Ferrari. Un massacre. Retour sur l’une des manches d’anthologie de cette saison-là : Spa-Francorchamps.

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Un choix de carrière presqu’irréprochable pour Alesi

Au terme d’une saison 1990 particulièrement réussie (deux podiums à bord de la modeste voiture Tyrell), Jean Alesi est courtisé par les plus grosses écuries pour la saison suivante. Alors qu’il signe un précontrat avec l’écurie Williams-Renault, Jean a un mauvais pressentiment. Il sent que cette écurie peut l’amener au sommet. Il se rétracte alors pour signer à la Scuderia. Et il a raison. Tandis que Williams-Renault capitalise sept victoires sur la saison 1991, permettant à Nigel Mansell de jouer le titre avec Ayrton Senna, l’arrivée d’Alesi chez Ferrari coïncide elle avec le début d’une période de crise. Bravo, bravissimo Jeannot !

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Spa 1991 : À jamais dans l’histoire

Lors d’une douce après-midi d’août 1991, les formules 1 s’apprêtent à tourner en rond sur le circuit légendaire de Spa-Francorchamps. Sans le savoir, le « toboggan des Ardennes » va offrir une lose des plus cuisante dans l’histoire du sport automobile français.

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Samedi. Dès les qualifications, le ton est donné. Tandis que Prost accroche la deuxième place, Jean Alesi est sur le point de réaliser la pole position. Pas si vite. Fort heureusement, un retardataire vient pointer le bout de son nez. Un tour tronqué, deux secondes perdues et une cinquième place sur la grille. Rageant.

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Dimanche. Le jour de course nous réserve souvent des surprises. Et cette onzième manche du championnat du monde 1991 ne déroge pas à la règle. D’entrée de jeu, Alesi ne fait pas comme les autres. Alors que tous les pilotes se munissent de pneus tendres au départ, le génie français a une fulgurance : opter pour des pneus durs. Et rallier la fin de la course sans passer aux stands. Il ne le sait pas encore, mais il ne verra jamais cette fichue ligne d’arrivée.

Les feux s’éteignent. Excellent départ d’Alesi qui perd une position dès le premier virage. Lors du troisième, son coéquipier Prost voit sa voiture prendre littéralement feu. Les tifosi commencent à comprendre qu’ils vont passer une après-midi radieuse. Dans son malheur, Prost fait gagner une place à Alesi. Tout est bon à prendre désormais du côté de Ferrari. Comme revigoré par l’abandon de son coéquipier, Alesi est sur un rythme d’enfer : le leader Ayrton Senna lui met une seconde par tour dans la tête. Fast.

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Une fin de course si française pour Alesi…

À la mi-course, Alesi se retrouve deuxième à la faveur des arrêts aux stands des autres pilotes. En tête de la course, Mansell connaît une défaillance de sa boîte de vitesse. Alesi le double, et devient le nouveau leader. Dreams come true.
Alesi voit la victoire lui tendre les bras. Galvanisé par son possible premier succès en Formule 1, il colle huit secondes en cinq tours à Ayrton Senna ! Ce dernier ayant laissé son cousin au volant après son arrêt aux stands.

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Puis vient le moment de la délivrance. Celui que l’on sent arriver lorsqu’un athlète français se voit déjà gagner. Ce destin si franchouillard. À seulement treize tours de l’arrivée, un ressort de soupape lâche. Et douche froidement les espoirs d’Alesi. Seul lot de consolation, les Ferrari réalisent le doublé ce jour-là : Prost out, Alesi out. Ciao a tutti !

Le moment où tout a basculé

L’orgueil du champion

Un jour, Nelson Mandela a dit : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends« . Ainsi, on aurait pu penser que la saison suivante allait être plus performante pour Alesi. Et que la Scuderia Ferrari aurait enfin tiré les leçons de ses échecs passés. Toujours pas. 16 courses, 10 abandons. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend vous dites ?

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Pour comprendre ce qu’est le phénomène Jean « Il Maestro » Alesi, retour sur quelques chiffres marquants de sa carrière. Alesi c’est avant tout 87 abandons, 1 pole position toutes les 100 courses, 1 victoire toutes les 200 courses, 13 saisons, 0 titre de champion du monde. Mais à bord d’une Ferrari à la dérive, Jean Alesi n’a pas à rougir de ses performances (vous l’avez ?).

La date : 11 juin 1995

Après un début de carrière pourtant parfait, ponctué par aucune victoire, Jean Alesi décide en ce jour de sombrer dans la face obscure du sport français. Une victoire sur le tracé de Montréal, et ce sont six saisons de dur labeur pour éviter la plus haute marche du podium qui partent en fumée. Arrivederci, Jean.

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