Formule 1 1996 | Jean Alesi à Monza, une lose al dente


Jean Alesi Monza FFL

Jean Alesi et Monza, c’est une longue histoire d’amour, à coup de je t’aime moi non plus. C’est ce collégien qui se prend des râteaux monumentaux par une fille, mais qui retente sa chance dès la récré suivante. Pourtant la victoire italienne lui a tendu les bras à maintes reprises. Mais c’était sans compter la poisse de Jean, entré dans la légende de son sport pour son abnégation dans la défaite sur le tracé lombard. Et ce n’est pas l’édition 1996 qui va nous contredire. Tout juste un an après son unique victoire en F1. Comme un doux parfum de réconfort. Retour sur cette lose transalpine.

 

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Avant 1996 : Des antécédents dans la presqu’victoire.

Le chef-d’œuvre débute deux ans plus tôt, en 1994. Sur l’autodrome de Monza, Jean Alesi signe une pôle position magistrale à bord de sa Ferrari. Porté par les tifosi, le génie français colle très rapidement une seconde au tour à ses concurrents. De quoi lui faire espérer un premier sacre en Formule 1. Foutaises. Dès le 15e tour de course, Alesi prend sa douche. La faute à sa boîte de vitesses. Des proches du pilote racontent qu’il serait parti illico presto du circuit, et aurait rallié Avignon à plus de 200km/h le soir-même. Tout en ne parlant plus à personne pendant plusieurs jours. Bon perdant.

Après avoir vécu une course en tête, ponctuée par une grande désillusion, Alesi décide l’année suivante de s’élancer de la cinquième place pour ne pas avoir à revivre pareil drame. Bien essayé. Un tête-à-queue de David Coulthard durant le tour de chauffe (coucou la FEL), suivi d’un accrochage entre Michael Schumacher et Damon Hill, et c’est notre Jean national qui se remet à croire à un possible succès à Monza. MDR. Alors qu’il ne reste que huit petits tours à boucler, un roulement de roue prend feu. La poisse a encore frappé.

 

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Monza 1996, Alési premier durant les 30 premières secondes.

Après deux échecs à bord d’une Ferrari, alors même qu’il était en tête de la course à chaque fois, Alesi décide de rejoindre l’écurie Benetton la saison suivante. Espérant mettre fin à cette malchance si française. Mais l’édition 1996 de Monza va nous apprendre que le problème ne venait finalement peut-être pas que de la voiture…

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Dimanche 8 septembre. Tandis que le vent se lève lors de cet après-midi ensoleillé, cela n’aidera pas pour autant Alesi à s’envoler vers la victoire. Mais ça, il ne le sait pas encore. Parti pourtant en sixième position, l’avignonnais réalise un départ canon et prend la tête de la course dès le premier virage ! Vont dès lors s’en suivre 53 tours de galère. Sorti un peu large à Lesmo, Alesi ne parvient même pas à boucler le premier tout en tête, et perd sa première place dès le sixième virage. Métronome.

Jean Alesi, à 18 secondes près…

Dès le sixième tour, Alesi reprend les rênes de la course. Par un dépassement d’anthologie ? Non, par l’abandon de Damon Hill. Restons mesurés. Pour la troisième année consécutive, Jean se retrouve en tête malgré lui. Alors que son coéquipier Berger vient de garer sa voiture dans l’herbe le tour d’avant, les vieux démons d’Alesi, des deux années précédentes, reviennent le hanter… Jamais deux sans trois ?

Alesi se démène pourtant. Il conserve Schumacher six dixièmes derrière lui durant une vingtaine de tours. A l’aube du trente-et-unième, Alesi fonce dans la voie des stands. Schumi en profite pour claquer des meilleurs temps à bord de sa Ferrari. Entre aux stands à son tour. Ressort premier. Alesi vient de comprendre qu’il s’est fait doser.

Mais c’était sans compter le mental d’acier de l’avignonnais, qui prend désormais une seconde au tour en pleine tête. Et ce jusqu’à la fin de la course. Terminant à plus de dix-huit secondes de Schumacher. Propre. Après avoir passé cinq saisons au volant d’une Ferrari, jamais Alesi n’est parvenu à offrir aux tifosi une victoire à domicile. Chose faite par Schumi dès sa première course à Monza.

Après tout, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Trois échecs cuisants à Monza ne suffisaient visiblement pas. En termes de lose, 1997 est peut-être la plus belle. Pôle position. Départ millimétré. Rythme d’enfer. Mais à quelques tours de l’arrivée, un problème mécanique l’oblige à rentrer aux stands. En même temps que Coulthard. On vous laisse deviner qui va faire l’arrêt le plus rapide entre les deux. Nouvelle seconde place. On ne s’en lassera jamais.