FFL d’Or 2022 #10 : Le triplé mémorable du Tours Volley-Ball


Tour Volley CLub

Si les sports collectifs français ont, de manière générale, bafoué les valeurs de notre fédé cette année, il existe des bastions qui résistent à l’élan de la win. Parmi eux, le célébrissime Tours Volley-Ball. 

Tévébé. Trois syllabes qui ressemblent trait pour trait à l’immense Téfécé. Tout les rassemble, tout les unit, à une distinction près : le palmarès. Si les Toulousains peuvent se targuer de n’avoir jamais été champions de France, ni même disputé le moindre match de Ligue des Champions hormis des barrages, la donne est différente pour les Tourangeaux. Il est vrai que tout nous oppose au TVB : octuple champion de France, dix fois vainqueur de la Coupe de France et lauréat de la Ligue des Champions en 2005. Bref, le profil parfait d’un club ennemi public n°1. Et pourtant.

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On ne sait par quel miracle, Tours s’est retrouvé dans notre viseur. Un plaisir doublement ressenti au vu de son standing.

Acte 1 : un Tours d’anthologie à Monza

Tout commence au mois de mars pour les Tourangeaux, et une finale de CEV. Vous ne connaissez pas cette compétition ? Rassurez-vous, nous non plus. Traduite littéralement par la Confédération européenne de volley-ball, il s’agit de l’équivalent de l’ancienne Coupe des vainqueurs de coupe au foot. Et en finale, le Tévébé affronte les Italiens de Monza. Vous vous attendez à un jeu de mots de notre part sur cette ville, raison pour laquelle nous nous abstiendrons. Un contrepied digne de celui de Lloris sur Mandžukić en finale de la Coupe du monde 2018.

Après nous avoir hantés avec Gasly, Monza souhaite se racheter auprès de la FFL. Et les Lombards font ça proprement. Les Italiens s’imposent 3 sets à zéro lors du match aller (25-19, 25-19, 25-22). En 2017, ce même retard avait été surmonté contre Trente pour s’adjuger la CEV. Une remontada inversée effectuée seulement un mois après la débâcle parisienne à Barcelone. La perche était trop grande.

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Parmi les joueurs déjà présents à l’époque, l’Espoir refait surface. Après tout, ce n’est pas si compliqué de gagner 3-0 en finale.

“En 2017, on a vu que le premier match n’était pas si important” D. Konecny

Et comme les Tourangeaux le prédisent, le match retour se termine bel et bien sur le score de 3-0 ! Mais pour Monza. Une double raclée en finale de Coupe d’Europe, un panache bien français.

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Acte 2 : Tours annoncé vainqueur de la Coupe de France, mais…

Dix jours seulement après cette rouste aux yeux de l’Europe entière, le Tévébé a l’occasion de gommer cette partition lors de la finale de la Coupe de France. Mais là encore, le scénario va être épique. Tours affronte Chaumont, double finaliste malheureux de la Coupe de France en 2018 et 2019. À première vue, il s’agit de l’adversaire idéal. Mais quand on s’y penche de plus près, le cadeau est aussi empoisonné que le pudding à l’arsenic concocté par Amonbofis.

La finale débute, et les deux équipes se neutralisent. Deux sets partout. La finale se dirige donc vers le tie-break ; une cinquième manche disputée en 15 points, et remportée avec 2 points d’écart. Mené 16-15, Chaumont n’a pas le droit à l’erreur. Mais les Haut-Marnais se rendent coupables d’un block qui sort des délimitations du terrain ; 17-15. Tours remporte la onzième Coupe de France de son histoire, et met fin à une disette sans précédent cette saison. C’est du moins l’information qui est relayée dans tous les médias. Mais la réalité est toute autre.

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Alors que les joueurs de Chaumont sont en train de se faire consoler par les Tourangeaux, un doute les traverse. Un arbitrage vidéo est réclamé, et coup de tonnerre : un joueur du TVB a bel et bien touché le ballon sur le block. Le score n’est plus de 17-15, mais bien de 16-16. Un revirement de situation de dingo. Certains Tourangeaux, en pleine communion avec leur public, sont rappelés sur le terrain pour (re)jouer cette finale. La France, mesdames et messieurs.

Revivons ensemble de moment de grâce ultime

Tandis que Tours remporte le premier point, Chaumont aligne 3 pions de rang et remporte la manche décisive 19-17. Chaumont glane la toute première Coupe de France de son histoire, cinq minutes après avoir perdu la finale. Les mêmes Tourangeaux qui tentaient de réconforter les joueurs de Chaumont quelques minutes plus tôt sont désormais allongés sur le sol. Terrassés par une lose improbable.

Si l’histoire retiendra que ce jour-là, deux vainqueurs ont été annoncés, nous préférons nous remémorer que deux perdants ont été déclarés. Tout est une question de point de vue.

Acte 3 : La boucle est bouclée

Un mois plus tard, Tours est en mesure de conclure sa saison sur une bonne note. Si l’enchaînement surréaliste [balle de match convertie – célébrations avec le public – balle de match à rejouer – finale perdue] est encore dans toutes les têtes, le championnat peut gommer cette désillusion. Qui plus est, les Tourangeaux sont les grandissimes favoris de cette finale. Vainqueur de 22 matchs sur 24 durant la saison régulière, le Tévébé n’a aucun égal sur la scène nationale.

Le TVB va-t-il réaliser le Grand Chelem ?

Mais d’un autre côté, la tentation est (très) grande. En cas de nouvelle finale perdue dans la saison, les Tourangeaux pourraient réaliser une passe de trois historique. Leur Grand Chelem à eux. Pour cela, il reste un dernier adversaire à ne pas vaincre : Montpellier. Les Héraultais courent après un titre de champion depuis 47 ans, et restent sur quatre finales perdues dans leur histoire. Autant dire qu’ils ont perdu le réflexe de remporter une finale de championnat.

Mais lors de cet exercice 2021-2022, la FFL n’a confiance qu’en son Desert Eagle et en Tours durant une finale. Et comme prévu, l’alignement des planètes s’opère à merveille. Le Tévébé perd le match aller 3-2 à domicile, et 3-0 à Montpellier, dans le non moins mythique Palais des Sports Chaban-Delmas. Certaines choses ne s’expliquent pas, elles se savourent juste.

La troisième bulle acquise cette saison en finale. Un joli 15 sets à 4 en cumulé pour les Tourangeaux. Ou l’art de maîtriser les grands moments. En interne, on est bien évidemment conscients de la prouesse tourangelle.

“La Coupe de France laissera des regrets. On est restés en tête du Championnat pendant sept mois mais c’est le sport” P. Foussard, Directeur général du TVB

Et un, et deux, et trois zé-ro.

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