Pete a laissé sa trace


Pete a laissé sa trace
Pete Sampras à Roland-Garros, c’est comme le PSG en Ligue des champions. Historiquement, c’était honorable mais ça ne dépassait pas les demi-finales. Trois quarts d’affilée de 1992 à 1994, une demie en 1995. Et comme nos amis parisiens, sur les dernières années, ça s’arrête beaucoup plus tôt. De 1997 à 2002, jamais mieux que le troisième tour – et encore, une seule fois.

Sampras, gagnant devant l’éternel (14 titres du Grand Chelem), a toujours mis un point d’honneur à respecter le temple de la lose, preuve de son état d’esprit irréprochable. Si on devait résumer le palmarès de Pete Sampras à Roland, ce serait donc plutôt Pete sans traces. Retour sur les quatre plus belles défaites de sa carrière porte d’Auteuil.

1 – Deuxième tour en 1998 contre Pedro Delgado (7-6, 6-3, 6-4)

Face à un Paraguayen 97e mondial débarqué de nulle part (enfin si, du Paraguay), c’est sans doute le symbole le plus parfait de la lose de Sampras sur la terre battue parisienne. N°1 mondial, au sommet de son art avec des victoires qui n’en finissent plus de pleuvoir en Australie, à l’US Open et bien sûr à Wimbledon, Pistol Pete vient, perd et puis s’en va. Couvert de terre sur ses fringues. Comme toujours. « J’aurai le cœur pour revenir. » Sampras menait pourtant 4-1, mais l’interruption de deux heures à cause de la pluie lui a remis les idées en place.

2 – Premier tour en 1995 contre Gilbert Schaller (7-6, 4-6, 6-7, 6-2, 6-4)

Cette fois, c’est sûr. Sampras veut gagner Roland-Garros. Il le clame haut et fort, c’est son objectif de la saison. Tête de série n°2, il réussit un de ses plus beaux coups de maître à Paris face à l’ami Gilbert, un Autrichien qui n’est jamais allé plus loin que le deuxième tour à Roland. En deux jours, il connaît son élimination la plus précoce dans un tournoi du Grand Chelem depuis son premier tour à Wimbledon en 1990.

Je pourrais vous parler des points qui ont fait tourner le match, mais on en aurait pour la journée.

3 – Deuxième tour en 1991 contre Thierry Champion (6-3, 6-1, 6-1)

Rien que pour le principe, c’est magique : perdre contre Thierry Champion, l’homme du 6-0, 6-0, 6-0 (deux ans plus tard) contre Sergi Bruguera. Et en s’en prenant une bonne, en plus. OK, Sampras n’avait que 19 ans, mais il était déjà sixième mondial – et le grand Titi 76e. « Je ne me sens pas triste, mais très déçu. » Pourtant, ce sont bien les jalons de sa lose à long terme qu’il venait de poser à Roland-Garros, pour sa deuxième participation (après une défaite contre Michael Chang au deuxième tour en 1989).

4 – Deuxième tour en 2001 contre Galo Blanco (7-6, 6-3, 6-2)

Le chant du cygne. Et c’est, en fait, une symphonie en deux temps. D’abord en 2001, avec cette défaite face au 76e joueur mondial et après avoir déjà frôlé l’exploit au premier tour, contre le qualifié français Cedric Kauffmann (victoire 8-6 au cinquième set après avoir sauvé trois balles de match). Puis en 2002. Pour sa 13e et dernière tentative, à 30 ans, personne ne peut rêver plus beau jubilé : une défaite au premier tour, une de plus, face au 76e mondial – encore – Andrea Gaudenzi (3-6, 6-2, 6-4, 7-6). Les habitués du Chatrier supplient leur héros de revenir dire adieu.

Pete a laissé sa trace