Panthéon de la Lose | Toulouse-Liverpool | Le Téfécé ne marchera jamais seul


À l’occasion de la sortie de son affiche du Panthéon de la Lose, la FFL te propose de revivre les plus grandes désillusions du football français en Europe ou même dans le Monde. Direction les bords de la Garonne, avec l’inoubliable aventure du Toulouse FC en 2007 en Ligue des Champions. Elle reste une des plus belles et authentiques de notre grand football français.

Tout commence par la glorieuse qualification en Ligue des champions: après leur victoire sur tapis vert à Nantes à la suite d’un envahissement de terrain, les Toulousains n’en restent pas moins sixièmes. Ils doublent Bordeaux à la dernière journée grâce à un triplé de la star Johan Elmander (3-1) tout en profitant de la défaite de Lens à Troyes (3-0). Et surtout, surtout, de l’égalisation dans le temps additionnel de Lille contre Rennes (1-1), qui allait se qualifier en C1 pour la première fois de son histoire. C’était beaucoup trop tôt. C’était simplement l’heure de « Toulose » – en souvenir de la traduction de John McEnroe qui, bien mal renseigné, ne voulait pas venir jouer dans la « ville de la défaite ». On est rarement menés par Elie Baup pour rien. Et le président Olivier Sadran savait précisément où il allait.

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« On va assumer ce passage vers la Ligue des champions comme un changement de division. Quand les occasions se présentent, il faut savoir les saisir. Et ne pas se poser de questions. Une qualification européenne peut nous amener une notoriété importante. Toulouse n’en avait pas. Le football est un sport qui peut aller très vite. Tout le monde peut battre tout le monde. » Toulouse peut battre Liverpool, par exemple ! Dès le match aller du troisième tour préliminaire, au Stadium par un beau soleil de fin d’après-midi…

Baup : « Il faisait vraiment très chaud »

Nicolas Douchez, Jérémy Mathieu, Nicolas Dieuze, Pantxi Sirieix, Achille Emana et Bryan Bergougnoux accueillent fièrement Pepe Reina, Jamie Carragher, Steven Gerrard, Javier Mascherano… Et Andriy Voronin, buteur pour le 1-0. André-Pierre Gignac, fraîchement arrivé après avoir plaqué Lille avec qui il avait signé un précontrat, entre à la 70e à la place d’Elmander. En vain.

Le combo « qu’est ce qu’il fait chaud ici » de Darren Tulett suivi de la climatisation instantanée. Plaisir de rafraichir. 

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Baup peste : « Ils n’ont pas eu tant d’occasions que ça. Il faisait vraiment très chaud. Tout le monde a beaucoup souffert. On n’a pas fait n’importe quoi. On a été dans le coup. » Le coach sort alors de sa casquette un coup de génie à Anfield. Là où seuls les grands s’expriment (sauf Mathieu Valbuena, quelques semaines plus tard). Il associe Elmander à Gignac aux avant-postes.

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Le futur Mexicain profite grandement et pleinement de son épopée continentale tant désirée : une belle rouste 4-0. A la 87e, Liverpool ne mène que 2-0. Toulouse peut encore espérer un retour échevelé et marquer trois fois. Mais Dirk Kuyt préfère y aller de son doublé en quatre minutes. Ce qui donne un peu plus de corps à la solide performance du Téfécé. Les Reds n’avaient plus validé un 4-0 en Ligue des champions depuis plus de 30 ans, en 1985.

Cetto : « On n’a peut-être pas le niveau »

Mauro Cetto se dit « abattu par l’ampleur de la défaite » : « On a tenté, on a essayé. Mais c’est très lourd. On n’a peut-être pas le niveau. » Pleins de confiance en vue de la Ligue Europa, les Haut-Garonnais ne nous déçoivent pas et voient plus que jamais la vie en rose (ou en violet, comme vous préférez). Déjà en arrachant la qualification pour la phase de groupes grâce à un but de Gignac à la 96e minute, sur le terrain du CSKA Sofia, 1-1 au retour après un bon 0-0 des familles à l’aller.

Affiche football FFL Panthéon de la Lose

Retrouvez le maillot de Liverpool dans l’affiche Panthéon de la Lose

Baup a été entendu, lui qui appelait ses soldats à se rendre en Bulgarie « révoltés et insurgés ». Partir à la guerre en casquette… Puis la regrettée phase de groupes à cinq équipes et quatre matches est ensuite un modèle du genre. Le TFC termine bon dernier derrière Leverkusen, le Spartak Moscou, Zurich et le Sparta Prague. Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin… « Par respect pour notre adversaire et notre public, nous ne galvauderons pas ce match », prévient Baup avant la dernière sortie contre le Spartak. Les Toulousains, malgré une équipe B, ne réussissent pas le carton plein. Ils concèdent une victoire sur le fil (2-1) grâce à un doublé de Francileudo Santos. La suite sera presque aussi réussie en championnat, avec un maintien acquis à la 17e place à la dernière journée. Dans la liesse totale.

« C’est aussi fort pour moi que la troisième place de l’an dernier », assure encore Baup, plein d’aplomb. La défaite à domicile dès les 32e de finale de Coupe de France face au Paris FC (1-2), qui évolue alors en National, reste un autre grand moment de cette saison pleine, avec notamment l’ouverture du score rapide de Dominique Arribagé contre son camp. Steven Gerrard, marqué par son passage du mois d’août, a depuis gardé ce TFC marqué au fer rouge dans son cœur.