Tour de France 2017 | Il faut sauver le soldat Arnaud Démare


Démare FDJ Tour de France
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En 2017, l’équipe FDJ avait un coup de maître exceptionnel lors de la 9e étape : faire arriver quatre équipiers hors-délai. La raison ? Il fallait sauver le soldat Arnaud Démare. 

Nous sommes le 9 juillet 2017 et pour l’équipe FDJ, tout va bien. Tous les coureurs sont encore opérationnels et le Tour  ne peut plus être un échec puisque Démare a remporté au sprint la 4e étape (bien aidé par Peter Sagan qui avait conseillé à Mark Cavendish de faire un détour du côté des barrières). Heureusement pour la FFL, la 9e étape entre Nantua et Chambéry (181,5 km) allait tout faire basculer pour la team de Marc Madiot.

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Le programme de la journée laissait présager un long supplice pour les sprinters. 45 kilomètres d’ascension au total avec trois cols hors-catégorie (Col de la Biche au 57e km, Grand Colombier au 82e km, Col du Chat au 146e km)? Pour se chauffer les mollets, le début d’étape attaque direct avec des montées de 2e et 3e catégories. Autant vous dire que le sprint intermédiaire situé au 126e kilomètre, Démare avait à peu près autant de chances de le disputer que Steven Bradbury n’avait de chance d’être champion olympique un jour. Bon, l’exemple n’est peut-être pas le meilleur en fait.

Démare démarre fort

Dès le début de l’étape, Arnaud Démare montre qu’il a des jambes de feu. Après 500 m de course il se voit déjà lâché par le peloton. Branle bas de combat à la FDJ, hors de question de laisser Démare seul à l’arrière. L’état-major réagit de suite et envoie l’artillerie lourde. Non pas un, non pas deux mais bien TROIS équipiers à la rescousse : Mickaël Delage, Jacopo Guarneri et Ignatas Kolovanovas. Nous ne les oublions pas.

La journée sera longue, très longue pour le champion de France. Par respect, les caméras de France Télévisions ne suivront pas le chemin de croix du coureur et se passionneront pour ce qu’il se passe aux avant-postes. Devant, on assiste donc à la chute de Geraint Thomas, puis celle de Richie Porte. Et on applaudit des deux mains lorsque Fabio Aru passe très sportivement à l’attaque alors que Christopher Froome (le maillot jaune) appelle sa voiture pour un problème technique (3’32 à la vidéo).

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Le poing rageur de Barguil

Dans la descente vers Chambéry, les leaders du classement général et Warren Barguil se regroupent pour disputer le sprint final. Ce sera le Colombien Rigoberto Uran qui s’imposera pour sa seule victoire d’étape à l’heure actuelle. Victoire d’étape que le non-attaquant colombien ne savourera pas immédiatement. En bon Français, Barguil lèvera le poing à sa place, fier de sa presque victoire (3’02). Une mini-Alaphilippe dans le jargon.

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Les délais sont établis à 40 minutes après l’arrivée de Uran. Comme la parabolique de Monza, Démare est loin, infiniment loin. Dans le col du Chat, les FDJ se battent contre le chrono qui défile quand soudain. ATTAQUE DE LA VOITURE-BALAI ! Ils ne s’en remettront pas. Les quatre coéquipiers passeront la ligne d’arrivée plus de 58 minutes après le vainqueur du jour. Clap de fin mais réaction sans rancune envers la Grande Boucle de la part du sprinter français.

C’est la magie du Tour, on peut être très haut comme très bas.

Et petit message pour ses compagnons de galère car oui, c’est ensemble qu’ils l’ont fait. Quatre coureurs sortis pour un seul sprinter en perdition. Solidaires. On gagne ensemble, on perd ensemble.

À l’heure de constater les dégâts de cette 9e étape, la journée a été efficace. Neuf coureurs ne reprendront pas la course le surlendemain (journée de repos le lendemain). Dont sept pour être arrivé hors-délai.

La FDJ perdra encore deux autres coureurs dans ce Tour de France 2017 (Vichot et Pinot). L’Histoire retiendra que seul trois des neuf guerriers partis dans le commando FDJ verront les Champs-Elysées (Molard, Le Gac et Cimolai). Eux seuls peuvent encore témoigner. Un devoir de mémoire les incombe.