1er tour Roland Garros | Chardy, et la lumière fut


Chardy roland garros 2020
Image : Iconsport

Tout allait d’abord pour le pire : 6-3, 6-4 lors des deux premiers sets, Jérémy Chardy manquait son entrée à Roland-Garros comme Benoit Paire ou Caroline Garcia à peu près dans le même temps.

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En face, le brave et habité Jurij Rodionov, 169e mondial et issu des qualifications, était trop faible pour permettre à Chardy d’envisager une lose. Le Palois sert pour le match dans la foulée. C’est alors que la pluie dans le ciel de Paris, sans fioriture – sans toit, quoi – puisque ce chef-d’oeuvre s’est déroulé sur le Lenglen devant quatre spectateurs, s’est transformée en signe divin. « J’aurais dû le finir, être à trois sets à zéro et au vestiaire. » Un vestiaire que Chardy va bien finir par rejoindre. Mais plus de deux heures plus tard et dans les habits du héros. L’Autrichien gagne le troisième set au tie-break, sauvant une balle de match à 6-5 avant d’enchaîner ces trois points qui font du bien. Beaucoup de bien.

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Rodionov égalise à deux manches partout (6-4), Chardy est en route pour l’exploit. Qui va prendre une teneur splendide dans le cinquième set. Même sans son supporter préféré moustachu, le Français plie une première fois à 5-4 sur le service de son adversaire, effaçant son break de retard au plus mauvais des moments en sauvant deux balles de match. Il ne rompt pas, concédant à nouveau sa mise en jeu.

Une de ses plus belles sorties

Mais Rodionov est un battant et revient encore à 6-6, malgré deux nouvelles balles de match en sa faveur. C’est à 9-8 que Chardy trouve l’énergie du désespoir, la fameuse, et perd enfin sur le service de Rodionov, qui l’emporte à l’occasion de sa septième balle de match (3-6, 4-6, 7-6, 6-4, 10-8) et rit seul sur sa chaise. Chardy savoure une de ses plus belles sorties à Roland-Garros. Il se délecte de ce scénario qu’il n’avait même pas imaginé en rêve (et nous encore moins).

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« Je n’ai pas eu du tout l’impression de jouer à Paris. Ça fait bizarre de jouer à Roland, en plus quand tu es français et qu’il n’y a personne. Le Lenglen est un beau court, c’est toujours une chance de jouer dessus, il y a toujours de l’ambiance. Tu vis toujours un beau moment sur ce court, que tu gagnes ou que tu perdes. Je n’ai pas senti du tout d’émotion, c’est un peu dommage. C’est ce qui est assez frustrant. » Mais quelle folie devant nos télévisions !

« Voilà, c’était Roland-Garros »

Sans aucun doute un des plus grands moments de ce tout nouveau sport Covid 2.0. « Je ne me vois pas jouer un autre tournoi cette année, ça devient vraiment un boulot. J’ai du mal à m’entraîner, je ne prends pas du tout de plaisir. Voilà, c’était Roland-Garros. » Chapeau l’artiste. Qui s’offre le luxe, tel Roger Federer ou Kristina Mladenovic, de choisir ses tournois et ses sorties.

Nos 16 Français en lice lundi sauront-ils s’inspirer de l’abnégation de Jérémy pour décrocher la défaite même lorsque celle-ci semble impossible? C’est tout le mal qu’on leur souhaite. Réponse demain…