FFL d’or n°1 – XV de France | Les gagnants 2023, un point, c’est tout.


Ce devait être LE rendez-vous de l’année. Ni plus ni moins. Une Coupe du monde organisée à domicile, sur nos terres, seize ans après le dernier Mondial qui avait laissé un goût amer dans la bouche des supporters français. Cette année, la Coupe Webb Ellis “était pour nous” si l’on en croyait les experts, les observateurs et les fans chauvins. Même si, parfois, il est difficile de savoir qui est qui.

Non seulement la compétition avait lieu dans neuf stades de France et de Navarre, mais l’équipe entraînée par Fabien Galthié faisait en plus partie du top 3 des meilleures nations du monde, avec l’Irlande et l’Afrique du Sud. C’était écrit.

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C’est simple, depuis 4 ans, le XV de France sème la terreur dans le monde de l’Ovalie. Vainqueur du Tournoi des VI Nations en 2022, et des victoires à foison sur la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud, l’Irlande et l’Angleterre. Oui, même le rival historique y passe, et de quelle manière ! Un succès inédit 53-10 dans l’antre de Twickenham s’il vous plaît. Vous comprenez désormais pourquoi nous étions si anxieux avant la 10e édition de la Coupe du monde de rugby.

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Un début de Mondial qui fait grossir l’Espoir

L’Histoire s’est avérée cruelle à deux reprises, à la fois pour notre fédé et pour le XV de France. En effet, la victoire des Bleus lors du match d’ouverture face aux All Blacks (27-13) nous a mis K-O, littéralement. Infliger une défaite à la Nouvelle-Zélande en Coupe du monde, cela n’arrive pas tous les jours. N’est-ce pas Marc Lièvremont ? Mais parallèlement, ce succès a donné la grosse confiance aux Tricolores. Du genre à se sentir invincibles, et à se prendre à rêver d’un premier sacre mondial. Et c’est à ce moment précis que nous entrons en jeu. A la manière d’un supersub pour doucher les espoirs adverses.

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Vainqueur de l’Uruguay (27-12), le XV de France affronte la Namibie qui est, comment dire, l’équipe la moins favorite pour devenir championne du monde. Les Bleus passent 14 essais, et remportent le match 96-0. Un succès qui n’est pas sans rappeler la fessée de la France contre Gibraltar (14-0). Mais au cours de ce match, une ombre au tableau se transforme en véritable douche abyssale. Antoine Dupont se blesse au visage.

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La pommette de Dupont devient la priorité absolue du peuple tricolore. Dès lors, 67 millions de Français se reconvertissent en chirurgien maxillo-facial, effectuent des diagnostics et affirment connaître la durée de l’absence du demi de mêlée. Et ce, car ils ont un oncle qui est médecin, ou bien une voisine infirmière. La France qu’on aime tant.

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Une fessée contre l’Italie plus tard (60-7), les Bleus retrouvent le sourire, et avec lui la ferme intention de remporter le titre mondial. Cela tombe bien, car les quarts de finale prennent place. Ce sera l’Afrique du Sud pour la France, championne du monde en titre. Ce sera également le terminus du train ayant à son bord l’espoir français.

Un avant-match bouillantissime contre les Sudafs

Le match n’a pas encore commencé, que les caramels sont déjà distribués. Le premier vient de Rassie Erasmus, membre du staff des Boks. Avec Erasmus, vous pouvez voyager sereinement.

“Ce que les Français font de bien, c’est que quand il y a une situation de plaquage haut, ils le montrent à l’arbitre. Je pense qu’ils simulent parfois” R. Erasmus

Du Mourinho dans le texte. A 20 cm et 30 kg près.

Les joueurs entrent sur la pelouse, et plusieurs surprises sautent à nos yeux. Malgré sa blessure et un immense mystère autour de sa présence, Antoine Dupont est bel et bien titulaire, mais ce dernier porte un casque. Digne d’un deuxième ligne d’1m74. La touche sud-africaine peut trembler.

En face, les Springboks effectuent un coup de poker ; après s’être munis d’un banc 6-2 contre l’Irlande, les Sudafs changent leur plan et passent à 5-3 (5 avants pour 3 arrières). Un coup tactique ahurissant à ce niveau de la compétition. Côté français, le contrepied nous vient de Charles Ollivon. En effet, le vice-capitaine porte… une moustache. De quoi foutre en l’air assurément toute la stratégie sud-africaine préparée minutieusement.

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Les inspirations géniales de Kolbe et Etzebeth

Si les Bleus inscrivent le premier essai du match, le véritable tournant nous vient d’Eben Etzebeth. Le deuxième ligne tape dans le ballon pour éviter un deuxième essai français. Mais l’arbitre Ben O’Keeffe estime qu’il s’agit d’un en-arrière, et non d’un en-avant volontaire. Comble de l’ironie, ce dernier possède un diplôme d’ophtalmologie. Arendse aplatit un essai juste derrière. On est passés d’un potentiel 14-0, à un 7-7. Les Français ne s’en relèveront jamais. La bascule vient de frapper chers amis.

Après le passage au travers de Fickou qui a entraîné le premier essai, c’est cette fois Woki qui se troue complètement sur sa réception. Essai sudaf bien entendu. Un réalisme confondant des Boks, qui nous préparent à vivre une soirée tout bonnement historique. Mais le plus beau reste à venir. Après un nouvel essai des Bleus, Thomas Ramos se charge de la transformation. Comme à son habitude, l’arrière toulousain prend son temps, répète sa démarche de manière chirurgicale, puis tape dans le ballon. Manque de pot pour lui, Cheslin Kolbe avait tout vu avant tout le monde. Et du haut de son mètre 70, l’ailier de poche contre la transformation. Est-il parti avant, ou après la course d’élan de Ramos ? Est-ce l’œuf ou la poule ? Autant d’interrogations qui resteront irrésolues.

Ben O’Keeffe prouve que nous avons le bras long

Les minutes passent, et l’oxygène se raréfie. On comprend très vite qu’il vaut mieux oublier le score-fleuve pour cette soirée. Les deux nations s’échangent les politesses pour prendre le lead. La France mène jusqu’à 25-19, pour finalement se faire distancer 29-25. Puis 29-28. La sirène vient de retentir, ballon français. Les Bleus n’ont strictement plus le droit à l’erreur, et attendent justement celle des Sudafs. A de nombreuses reprises, les hommes de Galthié s’agitent vers l’arbitre pour obtenir une petite pénalité, mais Ben O’Keeffe compte coûte que coûte entrer dans la famille des Craig Joubert, Jaco Peyper et compagnie.

Il aura fallu attendre 52 secondes chrono pour que les Français se fassent arracher le ballon par ce diable de Faf de Klerk. Le rêve prend fin. Une claque pour certains, une tannée pour d’autres. Après quatre années de préparation, où on nous a bassinés sur leur destin qui était écrit pour ce Mondial, les Bleus disent finalement bye bye à leur rêve sur un ballon arraché. Le drama tricolore a encore brillé de mille feux.

Après la tristesse, la colère

“Je n’ai pas envie de faire l’aigri qui râle car il a perdu, mais je ne suis pas sûr que l’arbitrage ait été au niveau de l’enjeu” A. Dupont

Ce sont par ces mots que Dupont parachève la désillusion nationale, le soir même de la défaite. On sent le gars qui fait l’aigri qui râle. Une pétition est même lancée pour faire rejouer le match. Histoire de montrer au monde entier que la France a le monopole du mauvais perdant. Si nous comprenons bien, le XV de France s’est fait éliminer d’un point tout en foirant une transformation. On n’a certes pas fait Normale Sup’, mais il nous semble que la donne aurait été légèrement différente au coup de sifflet final si la tentative n’avait pas avorté.
On connaît les histoires qui circulent sur le sacre de l’Afrique du Sud à domicile en 1995, ou bien encore de celui des All Blacks chez eux en 2011. Mais la France ne fait jamais rien comme les autres. La logique aurait voulu que le corps arbitral tremble au moment de siffler une pénalité contre les Bleus ; le panache français a rempli les poumons d’air de l’arbitre au moment de siffler contre nous. Deux écoles, deux visions.

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Les raisons de notre choix

Les +

  • Quatre années de bourrage de crâne sur la mission à accomplir, un Mondial à domicile, tout un pays derrière l’équipe, pour finalement ne même pas voir les demi-finales.
  • Un arbitrage maison qui nous envoie à la maison.
  • Les Français ont le sentiment de s’être fait “voler” par l’arbitrage après une défaite. C’est important de respecter les traditions.
  • L’Angleterre a été la meilleure nation de l’hémisphère nord lors de cette Coupe du monde.

Les –

  • Nous n’avons pas oublié la victoire sur les All Blacks lors du match d’ouverture devant 15,4 millions de téléspectateurs.
  • On a dû se coltiner des rugbyx durant 37 jours d’affilée.
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Antoine