Coupe de France 2012 – Rennes | Oubliez Stockholm, c’est Quevilly le nouveau syndrome !


Joie Quevilly - 11.04.2012 - Quevilly / Rennes - 1/2Finale Coupe de France 2011/2012 - Photo : Philippe Perusseau / Icon Sport

Coupe de France 2012. Si les Petits Poucets font le charme de cette compétition, certains trouvent judicieux de rééditer l’exploit constamment. Jusqu’à devenir légèrement lourdingues. Mais aucun souci, on prend. Et ce n’est pas l’USQ, plus connue sous le nom de l’Union Sportive Quevilly, qui pourra se targuer de dire le contraire. Après une demi-finale en 2010, les amateurs Normands ont jugé bon d’accéder en finale deux ans plus tard. La victime expiatoire ? Le Stade Rennais of course.

L’Union Sportive Quevilly, petit club Normand de National, n’est pas du style à se laisser déconcentrer par les épopées européennes. Aucune apparition en Coupe d’Europe. Ni la petite, ni la grande, ni même celle qui n’existe plus. Et ce en près de 120 ans d’existence. Si certains clubs collectionnent les trophées à ne plus savoir où les ranger, d’autres préfèrent garder leurs étagères vides par flemme de faire la poussière sûrement. Vous avez compris de quelle étagère se chauffe l’USQ.

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Les plus grand succès quevillais de son histoire ne sont même pas des trophées ; vice-champion de National en 2017 et finaliste de la Coupe de France en 1927. Ce genre d’équipes qui ne laissent aucune chance à la dernière marche menant au sacre. Mais force est de constater que l’année 2012 a été celle de tous les dangers pour les Quevillais. Si les Mayas y avaient prédit la fin du monde, ce sont les valeurs de l’US Quevilly qui menaçaient pourtant de périr. Une campagne en Coupe de France gigantesque, frôlant même la déraison.

Et tout commença un certain 20 mars 2012…

Face à l’OM, Quevilly va droit au but

Demi-finaliste de la Coupe de France en 2010, l’US Quevilly fait figure d’épouvantail dans la compétition. Ce style d’équipes qu’on ne veut pas affronter dans son stade coupe-gorge. Et les premiers à en faire les frais sont les Angevins. Le SCO se fracasse sur la muraille quevillaise en 16e de finale (1-0). Mais a l’honneur de lancer officiellement le début de la chute des clubs professionnels face à l’USQ. Un rendez-vous annuel incontournable.

Mais entre chaque tour de Coupe de France, les hommes de Régis Brouard la ramènent moins en championnat. 14e de National, les Quevillais luttent chaque semaine pour ne pas être relégués en CFA. Un club vraiment à part. Alors quand il s’agit d’affronter l’OM en quart de finale, autant vous dire qu’il ne fait pas bon de se promener dans les parages. La ville devient hostile au moindre accent chatoyant.

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Le match débute depuis seulement six minutes, et Julien Valéro décide déjà de faire chavirer la Normandie. Haute et Basse réunies. Mais ironie du sort, cet espoir va s’éteindre six minutes avant le coup de sifflet final par Loïc Rémy. Prolongations. Il s’en est fallu de peu pour un énième coup d’un Petit Poucet. Oui mais voilà, Ayina a la flemme de retrouver la lutte dominicale pour le maintien. Un petit but à la 111e, suivi quelques secondes plus tard par ce diable de Rémy. Aspirant les dernières gouttes d’espoir qui persistaient. Mais se rappelant subitement qu’il est un ancien du PSG, Ayina décide de lui servir la soupe. Score final 3-2.

« Ayina était au chômage et il est venu s’entraîner avec nous durant deux mois et demi » R. Brouard

Pas connu pire affront dans l’histoire de l’Olympique de Marseille.

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Le résumé du match Quevilly – Rennes

Mercredi 11 avril 2012. Une demi-finale déséquilibrée sur le papier. Déjà deux ans plus tôt, en 2010, les Quevillais avaient rencontré les Rennais en huitièmes de finale. Et la logique avait été respectée : les Normands avaient pris le meilleur sur les Bretons (1-0). Alors on pouvait penser que le Stade Rennais avait été plus que prévenu du profil rebelle des joueurs de l’USQ. Vous croyez ?

Il est à peine 20h, et le stade Michel-d’Ornano de Caen est déjà plein à craquer une heure avant le début du match. La Normandie est prête à revivre son second débarquement. Pour l’occasion, l’ancienne Miss France et Miss Normandie Malika Menard vient donner le coup d’envoi fictif. On en est désormais sûrs, cette soirée n’est pas comme les autres. Mais c’était sans compter sur l’ami Julien Féret pour climatiser toute la Normandie dès la 8e minute.

À l’heure de jeu, Régis Brouard sent bien que la finale lui échappe. Il fait donc entrer son joker Karim Herouat. Et ça ne manque pas. Seulement deux minutes après son entrée, le milieu de terrain oblige Costil à sortir un énorme arrêt. Époque où il se rappelait comment faire. Particulièrement insistant, le même Herouat trouve le chemin des filets à la 64e. Le druide Brouard a encore frappé. Tandis qu’on s’approche tout doucement des prolongations, Anthony Laup se remémore soudainement du discours du président avant le match : une prime de 800€ en cas de victoire. Suffisant pour crucifier les Rennais à la 90+3e.

Humilié, Patrick met Le Lay sur le feu

Le Stade Michel-d’Ornano a donc eu besoin d’accueillir un match des quevillais pour connaître une soirée de rêve. Le Stade Malherbe de Caen, c’est l’histoire de ce mec qui invite son meilleur ami chez lui en présence de sa femme, et qui est choisi pour être le témoin de leur mariage un mois plus tard.

De son côté, Rennes poursuit sa malédiction après sa finale perdue en 2009 contre Guingamp. Le Stade Rennais se consolera dès l’année suivante avec une finale de Coupe de la Ligue perdue face à l’ASSE, et une nouvelle finale de Coupe de France perdue contre l’EAG l’année d’après. L’analyse en fin de match du président Rennais de l’époque, Patrick Le Lay, fait froid dans le dos.

« Quevilly a très bien joué, et nous pas bien » P. Le Lay

Pas étonnant que le club se soit à nouveau ramassé les deux années suivantes après un tel débriefing. Il sera d’ailleurs limogé seulement deux mois après la gifle quevillaise. Mais revenons à l’USQ. Car un dernier mystère reste à résoudre : qu’a fait Quevilly en finale ? Du Quevilly tout simplement. Une défaite 1-0 face à Lyon.

On ne change pas un club qui ne gagne rien depuis 119 ans.