Top 10 des désillusions françaises à Roland-Garros


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À l’heure d’entamer une nouvelle quinzaine à Roland Garros, nous vous proposons un petit florilège des meilleures désillusions françaises Porte d’Auteuil. Parce que donner l’espoir avant de décevoir reste une des spécialités tricolores.

10. Monfils break gâcheur (2008)

Cette année-là, il aura fallu être patient. Gaël Monfils n’a que 21 ans et pas encore toutes les bonnes habitudes à Roland-Garros. Avec sa détestable manie d’adopter un jeu spectaculaire et de faire le show sur le court, Monfils parvient faire monter l’ambiance dans les gradins tout au long du tournoi. Non seulement il gagne, mais les gens adhèrent. Toute une formation à refaire. Heureusement, la demi-finale contre Federer se charge de le remettre dans le droit chemin. Avec en prime, une frustration pour tous les spectateurs présents.

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Il ne faut pas longtemps au Français pour faire redescendre la température d’un court central chauffé à blanc pour lui. Dès le premier set, il fait entrer le médecin pour régler un problème de lentille. Entre-temps, Federer a déjà breaké et pris l’avantage. Les bases d’une bonne demi-finale.

Subtilement, Monfils joue ensuite avec les émotions du public. Il prend le 2e set avec style, histoire de redonner espoir à son public. Se lance ensuite dans de longs rallyes avec le Suisse mais part en tête à queue dès que l’occasion se présente. Défaite finale en 4 sets (6-2, 5-7, 6-3, 7-5) avec 10 balles de break manquées. Il s’agirait de conclure Gaël. Même sur un malentendu.

9. La glorieuse défaite de François Jauffret (1976)

Pour ce 8e de finale 1976, François Jauffret voit se dresser sur sa route Bjorn Borg, 20 ans, double tenant du titre et meilleur joueur du moment sur terre. Autant dire que le Français est plus là pour servir de punching-ball que pour autre chose.

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Sauf que Jauffret nous prend de court (vous l’avez ?) après avoir encaissé les deux premiers sets. Le Français devient brillant dans les 3e et 4e manches, et égalise à 2 partout. Sur le Central, on voit que Jauffret s’amuse avec les nerfs de son adversaire. Mené 4-1 dans le 5e, il se mue en ce petit cousin qu’on a tous eu en repas de famille : impossible à décrocher.

Et on ne passe pas loin du gentil David qui la met à l’envers à Goliath. Jauffret revient à 4-3, 40-0 sur sa mise en jeu. Il sert même pour le match à 5-6. Le public commence à se dire qu’il va passer le reste de la quinzaine avec le Français. Mais c’est là que le génie de Jauffret intervient. Le demi-finaliste des éditions 1966 et 1974 préfère rester dans les mémoires comme un glorieux perdant et s’effondre pour laisser la qualif au Suédois (6-4, 6-2, 3-6, 4-6, 10-8).

À la fin du match, dans les gradins, la désillusion est aussi grande que notre ouf de soulagement. Après la rencontre, Jauffret se laissera aller à une analyse lucide.

« Un match de 4h comme ça, ça se joue à un cheveu. Et ce cheveu est tombé du côté de Borg. »

Comme s’il n’en avait pas déjà assez…

8. Le craquage physique de Gasquet (2013)

Richard Gasquet adore les 8e de finale. En 2011 et 2012, il s’était déjà arrêté à ce stade de la compétition à Roland. En quête du triplé, le Français ne devrait pas avoir besoin de trop forcer puisqu’il est opposé à Stan Wawrinka (10e mondial). Que nenni ! Voilà le Français qui entame le match par deux sets victorieux. Si on ne peut plus faire confiance aux Suisses, où va-t-on ? On vous le demande.

Bon, dans le 3e set, Wawrinka redevient enfin ce joueur complet et infatigable. Et quand on dit que le Suisse est un joueur complet, on veut dire par là qu’il est capable de tout faire. Il devient carrément juge-arbitre en réclamant le remplacement d’un des juges de ligne (16’16).

En face, notre Richard n’a pas un cœur de lion lui. On s’attend à le voir plier face à la puissance adverse. Sauf que Gasquet résiste, prouve qu’il existe. Enfin, à peu près. Le Français ne refuse pas le combat mais perd les deux sets suivants dans le money-time.

Dans le 5e, à 7-6, 15-30 pour Wawrinka, le Biterrois envoie un amour de revers dans les tribunes du Central (38’21). Sûrement un hommage au penalty de Sergio Ramos. 2 balles de matches pour le Suisse. La messe est dite. 3e élimination en 8e (6-7, 4-6, 6-4, 7-5, 8-6) en 3 années, triplé historique pour Richard.

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7. Tsonga vs Wawrinka, tournée de parpaings (2011)

Si ce match devait être adapté en film, on laisserait la réalisation à Michael Bay. Deux golgoths qui tapent fort sans trop réfléchir, c’est le genre de projet qui séduit le réalisateur.

Lors de ce 3e tour, les balles partent si vite qu’Agassi aurait été décoiffé s’il avait été là. Tsonga remporte les deux premiers sets et mènent 4-2 dans le 3e. Le public apprécie, nous, un peu moins.

La suite ? Une classique remontada à base d’un passing de Wawrinka après un échange titanesque où Tsonga finit le nez dans la terre (à 9’20 sur la vidéo). Bascule mentale débloquée. Tsonga continuera de frapper fort mais le Suisse jouera mieux. Défaite en 5 sets (6-4, 7-6, 6-7, 2-6, 3-6). Plutôt bueno Jo !

6. Murray vs Monfils, courtoisie à la française (2014)

Avec Monfils, c’est souvent tout l’un ou tout l’autre. Sur ce quart de finale contre Andy Murray, on a d’abord vu tout l’un. C’est-à-dire un Monfils transparent, dominé à souhait par son adversaire et plutôt impuissant. En témoigne ce point durement négocié avec l’arbitre, alors qu’il est mené 5-1, service Murray, dans le 2e set. Question de fierté dira-t-on.

Et puis on a vu tout l’autre. Un Monfils qui retrouve son visage des mauvais jours et retourne le match à son compte. Bien aidé par un Murray qui nous donne un exemple parfait de passage à vide. La France ferait bien de s’en inspirer d’ailleurs.

Nous voilà donc à 2 sets partout, la dynamique est en faveur du Français et il est 21h15. Murray est pressé de rentrer et demande à l’arbitre d’interrompre la rencontre. Demande reconduite. En bon hôte, Monfils se montre alors des plus courtois et rassure Murray. Il fera vite. 24 minutes plus tard, le Français sera au vestiaire, fessé 6-0 par l’Ecossais. Réaction magique :

 

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