Saint-Etienne – La Chaux-de-Fonds 1964, la première lose verte


ASSE La chaux de fonds 1964
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Avant de connaître la gloire d’une défaite en finale européenne, il convient pour beaucoup d’équipes de se faire la main dans les premiers tours. Et Saint-Etienne n’échappe pas à la règle. Quelques années avant 1976 et les poteaux carrés, les Verts avaient laissé apercevoir à l’Europe entière un potentiel intéressant en matière de lose. C’était contre l’ogre suisse de La Chaux-de-Fonds.

En 1964, le football français est en pleine transition. Just Fontaine a pris sa retraite de joueur et le Stade de Reims (fer de lance du championnat français à l’époque mais néanmoins très FFL quand il s’agit de jouer une finale de Coupe d’Europe) est en fin de cycle. La France se cherche un nouveau club tampon. Comprenez, celui capable de dominer le championnat mais de se faire ridiculiser en compétition européenne. En 1964, au 1er tour la Coupe des Clubs Champions, un club se manifeste : ce sera Saint-Etienne.

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Au début des années 60, il n’y a pas encore d’Ange Vert pour porter les Stéphanois sur le terrain. Et avec sa troisième apparition sur la scène européenne, l’ASSE est encore novice. La lose, elle connaît, mais elle ne la maîtrise pas encore parfaitement. Avant de connaître la défaite en finale, on passera donc par la case humiliation au 1er tour.

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À une époque où on ne joue pas encore de phase de poules mais directement une double confrontation, Saint-Etienne hérite de la Chaux-de-Fonds, le champion de Suisse. Un tirage plutôt aisé pour les Stéphanois. Un an auparavant, La Chaux-de-Fonds était parvenue à perdre sa double confrontation (4-3 et 7-3) contre Rouen. Bref, à l’époque, La Chaux-de-Fonds était plus douée dans les mouvements horlogers que les mouvements défensifs.

Coup-franc spécialité maison

Alors qu’ils sont menés 1-0, les Helvètes vont passer devant en 10 minutes. D’abord sur une reprise de volée de Bertschi. Puis sur un coup-franc du même Bertschi (qui n’est pas sans rappeler les grandes heures du Chaudron, celles où Juninho faisait mumuse avec Janot) à 2’00. Finalement, les Verts égaliseront en seconde période, sur un coup-franc eux aussi (qui n’est pas sans rappeler les grandes heures du stade Bollaert, celles où le LOSC se faisait voler sur un coup pas franc de Giggs) à 3’02.

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2-2 à l’aller, l’initiation commence bien pour les Verts. Les Stéphanois se feront néanmoins peur au match retour en ouvrant le score rapidement. Il faudra attendre la seconde période pour que la lose arrive à terme. Les Suisses marqueront un but de raccroc comme on sait les apprécier, au retour du vestiaire. Puis nettoieront la lucarne de Bernard une bonne fois pour toutes (2-1). Sainté fera le forcing pour revenir mais rien n’y fera. Même pas les crampons de Sbaiz, qui prendront le portier suisse pour un vulgaire paillasson.

Thierry Roland, le mot juste

La fin de match sera mémorable. L’arbitre donnera un premier coup de sifflet que tout le stade interprétera comme la fin du match. Les supporters suisses exultent, quelques-uns rentrent sur la pelouse. Au commentaire, Thierry Roland commence à rendre l’antenne. Sauf que ce n’est pas fini, il n’y avait que faute. Le jeu reprend finalement pour quelques secondes. Fausse fin mais vraie défaite des Stéphanois. Les Suisses peuvent envahir le terrain.

Affiche football FFL Panthéon de la Lose
Retrouvez le maillot de La Chaux-de-Fonds, un des 64 bourreaux du football français dans l’affiche Panthéon de la Lose

Le mot de la fin sera prononcé par Thierry Roland himself.

C’est une mauvaise soirée pour le football français. Mais en cette période de vache maigre, il y est habitué.

Un regard acéré sur une bien belle époque.

Malheureusement, quelques temps plus tard, la période de vache maigre prendra fin. Sainté deviendra cette équipe qui piétinera le championnat de France et rivalisera avec les écuries européennes.

Une destinée qui les mènera une décennie plus tard, à l’un des plus beaux dénouements en Coupe d’Europe (#poteauxcarrés tu connais). Et pour finir cette histoire, sachez que les Verts ont la rancune tenace. Plus de 40 ans après La Chaux-de-Fonds, les Stéphanois rejoueront contre une équipe neuchâteloise : le Xamax (à ne pas confondre avec un célèbre somnifère).

Ainsi, la boucle est bouclée, comme les cheveux de ce bon vieux Robert Herbin.