Heineken Cup 2004 | La légendaire ‘‘poitrenade’’ de Poitrenaud


La bible de la Lose du sport français

Donner son nom à une action. Ils sont peu nombreux à l’avoir fait dans l’histoire du sport. Clément Poitrenaud l’a réalisé le 23 mai 2004 en finale de Heineken Cup. Une boulette d’anthologie connue à présent sous le nom de ‘‘poitrenade’’. Retour sur l’un des actes majeurs du rugby, entré depuis au panthéon de la lose.

Le Stade Toulousain a rarement été proche de la FFL dans son histoire. Au début des années 2000, on est même loin de la grande histoire d’amour. Champion de France en 2001, finaliste en 2003, champion d’Europe la même année… À l’échelle continentale, les Toulousains ont l’occasion de réaliser le doublé en 2004 en affrontant en finale les Wasps de Londres.

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On ne va pas se mentir, on espérait plutôt voir Toulouse se faire sortir avant la finale. Mais passons. Car tout ce parcours européen n’était en fait qu’un nuage de fumée. Atteindre la finale et patienter jusqu’à la 79eminute pour finir en apothéose. Voilà ce que ces coquins de Toulousains nous avaient préparés.

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Tout y était dans cette finale ! Les fausses pistes, la dramaturgie, les retournements de situation et l’ultime geste qui rentre dans l’histoire.

Poitrenaud, cet homme providentiel

En première mi-temps, Anglais et Français se répondent coup pour coup sans pouvoir se détacher. Ce n’est qu’en seconde période que les Wasps font l’effort et comptent jusqu’à 9 points d’avance (20-11). La défaite se profile pour les Toulousains. Au moins, l’honneur sera sauf se dit-on.

Mais Jean-Baptiste Élissalde entre en jeu et use de son coup de pied pour remettre les siens dans la partie. À la 77e, le tableau affiche 20-20. Toulouse est revenu, faisant fi de toutes les valeurs prônées par notre fédération.

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Heureusement, un homme va se dresser en vers et contre tous contre cette situation qui pouvait dégénérer à tout moment. Cet homme, c’est Clément Poitrenaud.

Cédez le passage, Howley arrive !

On joue la 78e minute à Twickenham. Toulouse opère un renvoi depuis ses 22 m. Sur l’aile gauche, le Gallois Rob Howley récupère le ballon pour les Wasps et envoie un coup de pied le long de la ligne de touche. Howley suit son action mais semble bien loin pour pouvoir la terminer. Impossible n’est pas Gallois dira-t-on…

En couverture, Poitrenaud est bien là. Mais que faire de ce ballon qui lorgne avec la ligne de touche ? Le Français tergiverse, attend les rebonds mais surtout, dans un placement bien senti, il ne met pas son corps en opposition.

Bien bien calé sur ses appuis, il ne se jette pas sur le ballon et laisse en toute cordialité la priorité à son adversaire. Le demi de mêlée déboule et lui chipe au dernier moment pour finalement aplatir dans l’en-but. L’honneur est plus que sauf, c’est toute l’équipe qui est réhabilitée !

Dans la soirée, Poitrenaud avait livré son ressenti sur cette finale au journal La Dépêche :

« Je crois que je fais un de mes meilleurs matches depuis deux saisons. »

Lucide de bout en bout.

Malheureusement, Clément Poitrenaud ne parviendra pas à rééditer ce genre d’exploit par la suite. Avec 47 sélections et 96 apparitions en Coupe d’Europe, l’idylle n’aura pas duré longtemps. Mais elle fut belle.