Football | Top 5 des défaites françaises contre des clubs d’Europe de l’Est


Manuel Amoros

À la FFL, nous avons décidé de ressasser les plus belles défaites françaises face à un club de football d’Europe de l’Est. Souvenirs, souvenirs.

Histoire d’éclaircir la situation dès le départ, nous avons sélectionné les plus belles défaites françaises contre tous les clubs dont le pays est teinté d’orange ci-dessous. Ou bien dont le nom rapporte plus de 28 points au Scrabble, au choix.

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Pays d’Europe de l’Est
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5. Mladá Boleslav – OM

Coupe UEFA 2006, premier tour.

Pour son tirage au sort du 1er tour, l’OM hérite de Mladá Boleslav, club tchèque connu uniquement de ses supporters. Autant vous dire que les Phocéens sont les grandissimes favoris de cette opposition. Et comme souvent dans ces cas-là, l’ombre de la FFL n’est jamais bien loin.

Au match aller, les Marseillais l’emportent 1-0, sur un but d’Habib Bamogo. Déjà un signe précurseur d’une catastrophe à venir. Au retour, la rencontre débute plutôt bien en République tchèque. Toifilou Maoulida ouvre le score, l’OM est en très bonne posture. Mais très vite, les Marseillais se relâchent et sont menés 3-2 à la 82e minute. Malgré ce relâchement XXL, les joueurs de l’OM sont pour l’instant toujours qualifiés. Une précision qui semble anodine, mais qui va avoir toute son importance.

Dans le temps additionnel, le milieu défensif Michal Sedlacek a la bonne idée d’inscrire le but du 4-2, synonyme de qualification. Les 5 000 spectateurs du Městský Stadion sont en ébullition, et fêtent cette qualif inespérée.

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Toutes les personnes présentes dans ce stade comprennent l’importance de ce but. Toutes ? Non ! Un irréductible commentateur marseillais résiste encore et toujours à cette information si cruelle pour lui. Le résistant ? Avi Assouly, journaliste de France Bleu Provence. Si le score cumulé est de 4-3 pour Mladá Boleslav, le journaliste semble avoir du mal à maîtriser la règle du but à l’extérieur. Selon lui, deux buts à l’extérieur, ça fait quatre. Le compte est bon.

« Allez salut, bonne soirée… Attendez, attendez, attendez, attendez… L’OM est éliminé. Attendez, les buts à l’extérieur comptent double. Mais non 4-2, 1-0 à l’aller… Eh oui, attendez, au départ, le but compte double mais là… Attendez… » A. Assouly

Avant de se raviser.

« Un but à Marseille, et deux ça fait trois ! Ça fait 4-3 ! Mais nan, c’est eux qui sont qualifiés. L’OM est éliminé, l’OM est éliminé ! » A. Assouly

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4. Dynamo Kiev – PSG

Coupe UEFA 2009, quarts de finale.

Le PSG pré-QSI nous a gratifiés, lui aussi, de grands moments de lose tricolore. En 2009, le Paris Saint-Germain termine 6e de Ligue 1, à 16 points du champion bordelais. Difficile de réaliser en lisant ces mots, quand on connaît la situation actuelle une décennie plus tard.

Le début des phases finales de la Coupe UEFA commence plutôt bien ; les joueurs de la capitale étrillent Wolfsburg en seizièmes (5-1), puis se défont de Braga en huitièmes (1-0). Arrivent alors les quarts, et le Dynamo Kiev au programme. Après un 0-0 au Parc des Princes, la décision doit se faire à Kiev.

D’entrée de match, les Ukrainiens punissent les joueurs du PSG. Ismaël Bangoura ouvre le score dès la 4e minute, puis au quart d’heure de jeu, Mika Landreau fait de cette rencontre un grand moment de l’histoire européenne du PSG. Sur un ballon en cloche, Mika tente le dégagement des deux poings. Manque de pot pour lui, il place mal ses gants, ce qui se transforme en un catapultage dans ses propres buts. Iconique.

Le Dynamo l’emporte finalement 3-0, et permet au PSG de vivre une nouvelle saison frustrante.

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3. NK Maribor Teatanic – OL

Ligue des Champions 1999, troisième tour préliminaire.

Qui n’a jamais entendu parler de l’ogre slovène du NK Maribor Teatanic ? Champion de Slovénie en 1999, les Violets affrontent l’Olympique Lyonnais avec comme espoir de découvrir la Ligue des Champions. Autant vous dire que peu de gens croient en leur qualification, pas même leurs propres supporters.

Pourtant, la magie de l’Europe va opérer à merveille dans cette double confrontation. Au match aller, les Lyonnais sont surpris par l’ouverture du score de ce diable de Dalibor Filipovic à la 88e minute. 1-0, score final.

Au retour, la pelouse slovène ne leur convient pas mieux. Les Lyonnais s’inclinent par deux buts, 3-0 en cumulé. Un résultat qui provoque un envahissement du centre d’entraînement de l’OL par les supporters le lendemain. Le club vit bieng.

« C’est le pire souvenir de ma carrière d’entraîneur » B. Lacombe

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2. Videoton – Bordeaux

Ligue Europa 2017, troisième tour préliminaire.

Quand on évoque le désarroi des clubs français face à une équipe d’un pays de l’Est, nos regards se tournent rapidement vers cette merveille de troisième tour préliminaire de Ligue Europa en 2017. Les Girondins héritent des Hongrois de Videoton, soit un tirage plutôt clément. Mais en Coupe d’Europe, il n’y a pas de petite équipe. Si vous en doutez encore, ce qui va suivre va vous prouver le contraire.

Bordeaux sort vainqueur du match aller au Matmut Atlantique. Une victoire 2-1 qui ne présage pas un match retour de tout repos. Pourtant, les Girondins jouent comme s’ils étaient déjà qualifiés. Aucune intensité, des passes à deux bons mètres de leurs cibles et des automatismes aux abonnés absents. Digne d’un bon match de juillet.

Il faut attendre la 45e minute pour assister à un but, et il est l’œuvre de Ianique Stopira. Le parfait homonyme de Yannick Stopyra, celui-là même qui était passé du côté de Bordeaux à la fin des années 80. Une ironie grandiose. Si les supporters des Marine et Blanc attendent une réaction de la part de leurs joueurs, elle sera tout de suite flinguée par le carton rouge de Youssouf Sabaly à la suite d’une prise de judo délicieuse.

Une sortie par la grande porte.

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1. Étoile Rouge de Belgrade – OM

Coupe des clubs champions 1991, finale.

Un an après la main de Vata, qui continue toujours de traumatiser les supporters marseillais, l’OM affronte l’Étoile Rouge de Belgrade la saison suivante en finale de la C1. Les Olympiens sont les grandissimes favoris de la finale, mais ce qu’ils ne savent pas encore, c’est qu’il va s’agir de l’un des matchs les plus frustrants l’histoire du football français. Explications.

Durant 120 minutes, les Marseillais essayent de percer le mur yougoslave, en vain. La tactique des joueurs de Belgrade est très simple : bétonner, bétonner, bétonner. Le tout parsemé de quelques fautes rageantes çà et là, histoire de hacher bien comme il faut le rythme de la partie. Même le coach ne s’en cache pas.

« En étudiant le jeu de l’OM, j’avais réalisé qu’on ne pouvait pas les battre. J’ai donc dit à mes joueurs de se montrer patients et d’essayer d’atteindre les tirs au but » L. Petrovic

Face à ce bloc hermétique, les deux équipes doivent se départager lors de la séance des tirs au but. Manuel Amoros est le premier à s’élancer, ce qui signifie, en temps normal, qu’il est le mieux placé pour convertir son pénalty. Cependant, le latéral ne manque pas de commettre toutes les erreurs possibles et imaginables en un seul tir. Une course d’élan de 5 mètres, un tir mou, qui plus est en plein axe. Le gardien a tout le loisir de capter le ballon, presque en fermant les yeux. Aucun joueur de Belgrade ne rate sa tentative, et voici comment l’OM perd la première finale de C1 de son histoire.

Pas pour rien que ce match est surnommé la « finale la plus moche de l’histoire ».

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