Coupe Davis 2014 | La France perd par KO face à la Suisse


La bible de la Lose du sport français

En 2014, la France retrouve la finale de la Coupe Davis, quatre ans après la désillusion serbe. Mais cette fois-ci, la manche décisive se déroule en France, au Stade Pierre-Mauroy de Lille. Emmenée par un Arnaud Clément au sommet de son art, l’Équipe de France va connaître un nouveau revers face à son voisin helvète. Retour sur cette finale au dénouement heureux.

Décembre 2010. Les Bleus viennent de s’incliner 3-2 face à la Serbie en finale de la Coupe Davis. Ce 5 décembre est depuis devenu férié, et rebaptisé la Saint Micka à Belgrade. Une défaite 3-2 rageante. Et un match 5 bazardé à coup de montées au filet transparentes. On commence à entendre des « plus jamais ça » dans le clan français. Et pourtant.

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L’ère Guy Forget n’est plus. Vive Arnaud Clément. Vainqueur du Saladier d’Argent en 2001, la Fédération Française de Tennis mise sur lui pour ramener la France sur le toit du tennis mondial en 2013. Douze ans après. La première campagne se termine en quarts de finale face à l’Argentine. Après un match 5 perdu par Gilles Simon. Encore.

L’année suivante est toute autre. Les premiers tours sont passés sans encombre : 5-0 face à l’Australie de Lleyton Hewitt, 3-2 contre l’Allemagne et 4-1 face à la République Tchèque de Tomas Berdych. Rien que ça. L’espoir d’un dixième sacre en Coupe Davis se dessine peu à peu. Il reste néanmoins une dernière marche à franchir : la Suisse. Emmenés par un Roger Federer vieillissant (33 ans), les helvètes n’ont jamais remporté le moindre Saladier d’Argent de leur histoire. David contre Goliath, croit-on.

Le confort à la française

L’ironie de l’histoire, c’est que la lose tricolore commence avant même le premier coup de raquette. Avant la tenue de la finale, les organisateurs font le choix de délimiter le terrain en deux par des rideaux qui séparent la salle Pierre-Mauroy. Sauf qu’un détail gênant n’avait pas été envisagé par le responsable de l’organisation de la finale.

« L’autre moitié de la pelouse est recouverte par la terre nécessaire au supercross de moto et par une couche de plastique. L’herbe a macéré et pourri. D’où l’odeur » S. Hette

Très vite, une odeur de rat mort vient empester toute la salle. Le savoir-faire à la française. Mais ce n’est pas tout. S’il ne s’agissait que de l’odeur, nous aurions pu accorder que l’erreur est humaine. Mais à ce relent infernal s’ajoute une température glaciale. Malgré des radiateurs placés à plusieurs endroits, la température de la salle n’excède pas les 14 degrés. On frôle une nouvelle fois le risible. Le capitaine suisse se présente bleu de froid en conférence de presse.

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« C’est vrai que c’est assez gênant. Cette température surprend dans un premier temps. Quand on est sur le court et que l’on joue, ça va, mais quand on ne joue pas, il y a des coins où on ressent fortement le froid » S. Lüthi

Mais qu’il se rassure, ce ne sont pas eux qui subiront une clim monumentale. Les organisateurs ont une part non négligeable dans ce succès FFL. Ne jamais oublier les petites mains. C’est le travail de tout un groupe.

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France 0 – 1 Coupe Davis 2014

Avant la finale, le record d’affluence pour un match de tennis datait de 2004, en Espagne. 27200 personnes s’étaient amassées ce jour-là. Dix ans plus tard, le Stade Pierre-Mauroy va battre ce record avec 27600 supporters. La seule victoire française ce week-end là. Alors forcément, qui dit record d’affluence dit grosse pression. Et à ce petit jeu, nos « Mousquetaires » sont incorrigibles.

Le premier match est quasiment à sens unique. Dès le premier set, on se demande de quel côté des Alpes se trouve réellement Goliath. Stan inflige un 6-1 à Jo. Le manceau perd très vite son sourire. Balayé en quatre petits sets, Tsonga rase les murs. Pas le temps de profiter de cette performance, que déjà la Monf’ vient marcher sur Roger. Stoïque, le suisse joue les trois sets le dos raide à la Abdoulaye Meïté, pour les anciens.

Les deux nations sont dos à dos. Et comme très souvent, le double va s’avérer être un match décisif. Face à la paire championne olympique aux JO de 2008, Benneteau – Gasquet ne résiste pas. Trois sets et puis s’en vont. Un revers qui laisse des traces. Mais le duel de revers à une main qui se profile va se montrer encore plus impitoyable. Le gain du match 4 doit se disputer entre Roger et Richard. Vu comme ça, on se croirait à un match opposant deux licenciés séniors du Tennis Club Raquette Roquefortoise. Mais il s’agit bien du match décisif de la Coupe Davis 2014. Et sur une dernière amortie, Federer rafraîchit le public français. Qui avait tout de même pu anticiper cette clim à 6-4, 6-2, 5-2 service Federer.

C’est ainsi que tous les 23 novembre, nous avons tous quelque chose en nous de suisse.