Tour de France 2022 | Faisons gagner Thibaut Pinot : 1ère Semaine


L’année dernière, nous avions tout fait pour faire enfin remporter le Tour de France à Thibaut Pinot et ainsi offrir à la France du cyclisme le bonheur qu’elle attend depuis bientôt 40 ans. Problème de taille :  malgré un panache certain, notre rédacteur s’était heurté à une concurrence féroce qui nous avait valu une glorieuse 4e place sur les Champs-Élysées. La place parfaite pour la FFL, en somme.

Mais cette année, pas d’excuse. Nous avons appris de nos erreurs tactiques de la dernière édition. Nous avons compris qu’envoyer systématiquement de grandes attaques en danseuse à chaque début de cote n’était pas la meilleure façon de se préserver (très dur d’y résister en même temps). Nous avons aussi appris que le contre-la-montre n’était qu’une épreuve inventée pour rayer les Français, nous inclus, de toute course au titre. Cette année, la FFL peut compter sur l’expérience pour viser plus haut.

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La virée du Tour au Danemark

Du coup, après un peu moins de 365 jours à broyer du noir, à revivre ce chrono calamiteux et ces attaques inutiles, les batteries sont rechargées à bloc pour repartir de la meilleure pédale cette année. Un an d’entraînement intensif pour enfin être prêt pour le grand jour. Avant toute chose, il faut bien évidemment préparer l’équipe.

Pinot, en jaune.

Pour commencer le Tour de France, direction donc le Danemark pour un séminaire venteux de 3 jours. Comme le dit si bien ton oncle affalé dans le canapé : Un tour ne se gagne pas la première semaine, mais il peut se perdre. Et vu le profil de la première semaine, ton oncle a tout à fait raison.

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Pour commencer les festivités, on est sur quelque chose d’assez doux. Un contre-la-montre de 13 kilomètres dans les rues de Copenhague. Un bon test pour voir si les efforts déployés pendant l’année ont un tant soit peu payé.

Au final, l’exercice est propre, sans éclat ni bavure. Un contre-la-montre bien évidemment gagné par Wout Van Aert. On est bel et bien sur un jeu très réaliste. Notons par ailleurs que nous découvrons au passage qu’un Danois qui t’encourage, ça ressemble beaucoup à l’allemand. Ce qui nous donne donc envie d’arriver le plus vite possible.

Une très honorable 13e place, avec seulement 14 secondes de perdues sur Pogacar. Le copain Stephen Küng termine lui 3e de l’étape. Un tour qui commence bien quoi. Spoiler : ça ne va pas durer très longtemps.

Thibaut, contre vents et marées

Dès le lendemain, on a tous coché le piège majeur de l’étape et de l’épopée danoise : le Pont du Grand Belt (Storebæltsbroen dans la langue d’origine – prononcez le comme bon vous semble, ou avalez un cactus de travers, le résultat sera le même). Un pont long de 20 kilomètres en pleine mer au bout d’une étape de plaine. Du bon gros vent de face bien presque-propice à une bordure des familles. Et vous connaissez l’historique de Pinot et des bordures. Alors là aussi, la concentration sera de mise. Pas plusieurs fois la même erreur.

On se cale bien dans les roues des leaders, on ne se laisse pas distancer, tout se passe bien. Sans embrouilles, sans litiges. Est-ce que tu piges ?

 

Aucun membre de la Groupama-FDJ ne perdra une seule seconde. Jakobsen, lui, va régler ça au sprint. La 3e étape va être un long fleuve tranquille. Petite étape de plaine comme on les aime qui se termine au sprint. L’étape type où tu te retrouves devant Rex après une sieste involontaire dans le canapé Ikéa de tes parents. Bref, retour en France, direction le Nord–Pas-de-Calais.

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Et tout commence sur la belle Côte d’Opale, nommée sans débat possible plus belle région de France (selon votre rédacteur — source sûre). Une étape pendant laquelle Olivier Le Gac ira en échappée chercher des petits points pour arracher le maillot à pois au panache. Mon Gac sûr.

Mais ici encore, l’objectif principal est de ne pas se prendre une bordure dans un final qui peut être venteux, surtout entre les deux caps Gris-Nez et Blanc-Nez. Mission accomplie, et tant mieux, car le lendemain le plus dur arrive.

L’enfer du mercredi

On avait tout préparé. Les Contre-La-Montre, les bordures, les étapes de montagne. Franchement, on ne voulait pas revivre notre Tour de 2021 où l’on avait fini la première semaine à plus de 6 minutes de Pogacar. Non, on avait tout prévu. Tout, sauf un truc. Cette lubie nordiste de mettre des pavés entre deux routes goudronnées. Si vous avez déjà envoyé votre selle sur des pavés du Nord, vous savez très bien pourquoi le Paris-Roubaix est surnommé l’Enfer du Nord. Votre fessier aussi. Et bah sur cette étape, c’est bien l’enfer qu’on va vivre.

Avec une gestion calamiteuse de l’énergie (oui, les pavés, ça fait mal), on se fait petit à petit lâcher par le peloton. Pire encore, David Gaudu galère avec nous. Un long mercredi de souffrance. Un peu comme au Bac, le seul sujet qu’on n’a pas révisé, on le prend de plein fouet. 13 secteurs pavés. Comme vous pouvez le voir ci-dessus, petit à petit, le peloton s’éloigne, les espoirs aussi. Van Aert remporte l’étape, mais l’essentiel est bien plus loin pour nous. On dégringole à la 84e place du général. A plus de 5 minutes de Pogacar. Déjà.

La super planche des belles filles

Une petite étape sieste pour digérer et nous voici déjà à l’étape cochée depuis bien longtemps. La super méga top planche des belles filles et son final qu’on aurait envie de finir avec un baudrier tellement il monte à pic. Un moyen de finir sympathiquement une semaine bien galère. L’étape est en soit très simple et casse-guiboles à la fois. Attendre gentiment la dernière montée, la commencer en étant bien positionné et tenter de tout donner dans le « sprint » final.

Et c’est exactement ce qu’on va faire, et bien en plus. Et regardez bien au sol, vous en avez la preuve. Nous vous avons promis Thibaut en Jaune, et bien ce sera chose faite  : vous pourrez le lire sur le bitume. Le final bien en pente sera conclu avec évidemment une attaque trop précoce de votre serviteur rédacteur. 6e position à cause d’une fringale, mais on retape aux portes du Top 10 avant le début de la deuxième semaine. Le jour de repos est bien mérité.

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour la 2ème partie !