Olympique Lyonnais 1992 | Torben Frank, le plus gros flop d’Aulas


( Photo by Alain Gadoffre / Onze / Icon Sport )

Été 1992. Si l’Olympique de Marseille peaufinait son effectif pour décrocher la C1 à la fin de la saison, un autre Olympique a frappé encore plus fort. La version lyonnaise a révolutionné la notion de mercato en organisant la venue de son messie. Un certain Torben Frank.

L’histoire qui va vous être contée concerne le joueur danois Torben Frank. À première vue, pas certain que ce patronyme suscite en vous un quelconque souvenir. Hormis pour les supporters de l’Olympique Lyonnais au début des années 90. Et pour cause, il s’agit ni plus ni moins de l’un des plus gros flops dans le recrutement lyonnais depuis le début de la présidence de Jean-Michel Aulas en 1987. Rétro.

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Torben Frank, un champion d’Europe à Lyon

Le 26 juin 1992, la planète football vit un choc. En finale de l’Euro, l’Allemagne est battue par le Danemark sur le score de 2-0. Les Danois remportent leur premier titre majeur de leur histoire alors qu’ils n’étaient même pas qualifiés pour l’Euro à la base. Les joueurs deviennent donc rapidement des rockstars. À tel point que tous les clubs européens se les arrachent. Et l’OL ne fait pas exception. Un Viking lui a particulièrement tapé dans l’œil ; Torben Frank. Quadruple vainqueur du championnat du Danemark, l’attaquant danois a inscrit 67 buts en 143 matchs dans son pays. Mais c’est certainement son zéro pointé en 5 sélections qui fera flanché les dirigeants lyonnais.

Ça n’empêche pas Lyon de signer le joueur le 19 juillet 1992, soit trois semaines seulement après le titre européen, en provenance de Brøndby, même si Lyngby possède également des droits sur le joueur. La transaction s’élève à 6 millions de francs, soit 1,3 million d’euros de nos jours, un montant salé pour l’époque. Le transfert n’exige pas de visite médicale étrangement. Mais l’euphorie prend le pas sur la raison, et tout le monde au club voit en Torben Frank celui qui va pouvoir rétablir la situation à Lyon. En effet les Gones sortent d’une saison difficile en championnat, terminée à la 16e place. Raymond Domenech, l’entraîneur de l’époque, prévient tous les spécialistes : l’arrivée de Torben Frank va avoir un immense impact sur le club. Et d’une certaine manière, il ne s’est pas trompé.

« Avec Delamontagne et Frank, nous espérons faire mieux que la saison passée au cours de laquelle nous n’avions marqué que 25 buts. L’objectif, c’est qu’ils en marquent 26… chacun » R. Domenech

Des débuts courts, mais intenses

Lors de son premier match amical face au Sporting Portugal, Torben ne tient que 30 minutes. Ou du moins son genou. Le lendemain, lors d’un test réalisé par le club, le genou de Frank cède entièrement. En cause, une malformation congénitale. L’Olympique Lyonnais ne sait pas encore que le bougre danois a subi l’année précédente une fissure de la rotule droite. Torben est renvoyé à Copenhague pour se faire à nouveau opérer. La supercherie éclate alors au grand jour. Lyngby et Brøndby sachaient.

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Lyon ne ferme pas totalement la porte, toujours habité par un espoir irréel de voir Torben Frank porter la tunique des Gones. Ah, l’espoir. Aulas accepte que le champion d’Europe 1992 revienne dans le Rhône, mais ce dernier refuse toujours de passer la moindre visite médicale. Pas difficile de comprendre pourquoi.

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Lyon vs le reste du monde

Va s’ensuivre alors un modèle de transparence dans les instances. Un pléonasme que d’écrire cela, certes. L’UEFA, puis même la FIFA vont être saisies de l’affaire. Pour la régler, cette dernière forme une commission afin de faire la lumière sur ce mélodrame. La FIFA tranche, et c’est Torben Frank qui sort vainqueur de ce duel. Étonnant, vous dites ? Absolument pas, étant donné que le président de cette commission n’est autre que le président… de la Fédération danoise de football. Un coup de génie que la FFL ne peut que saluer. Après tout, la fédé danoise est une consœur. Solidarité oblige.

L’OL est sommée de verser les 6 millions de francs en deux fois, on marche sur la tête. Et on aime ça. Le dénouement a lieu en juillet 1994, où le contrat est finalement rompu, deux ans après. Mais avec encore une année de contrat, Lyon se voit obliger de verser les derniers mois de salaire au joueur jusqu’à ce qu’il trouve un club qui veuille bien de lui. Autant dire pas grand monde. L’homme à l’origine de cette ultime condition ? Le directeur exécutif de la FIFA à l’époque, soit un certain Sepp Blatter. Que le monde est petit.

Finalement, Torben Frank trouvera un point de chute en 1995 à Lyngby. Le Danois voit son aventure lyonnaise prendre fin, sans avoir joué un seul match officiel avec le club lyonnais.

Bonne pioche.

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