Olympique Lyonnais | Les mémorables adieux de Raymond Domenech.


Dans une carrière de sportif, les adieux sont le dernier grand moment de frissons offert aux supporters. Alors quand vous avez la chance de les faire à domicile, tout est réuni pour assister à un souvenir inoubliable. Hormis en ce 2 juin 1993, où Raymond Domenech créa un nouveau concept : faire ses adieux dans le noir le plus total.

Il y a des fins d’histoire qui restent à jamais gravées dans la mémoire collective. Qui oserait oublier les adieux de Zizou au Bernabéu, ceux de Valentino Rossi au Mugello ou bien encore ceux de Jo et Gillou à Roland-Garros. Personne.

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Toutefois d’autres nous restent en tête, mais pour d’autres raisons. Lors de la saison 1992-1993, Raymond Domenech quitte le banc de l’Olympique Lyonnais après 5 années de bons et loyaux services. Mais la sortie du « Boucher » va être à des années-lumière de ce qu’il imaginait, sans faire de mauvais jeux de mots.

Aulas, ce prophète

En 1987, un certain Jean-Michel Aulas prend les rênes de l’Olympique Lyonnais. Seulement un an après, JMA nomme un ancien de la maison sur le banc ; Raymond Domenech. Avec 7 années et près de 300 matchs joués sous les couleurs de l’OL, Domenech est un ancien de la maison connu de tous. Pour galvaniser ses troupes qui végètent en D2 depuis cinq ans, Aulas lance le slogan « l’Europe en trois ans ». Ça nous rappelle une autre annonce du côté de la Canebière, bien plus inspirée celle-là.

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Dès sa première saison à Lyon, Domenech remporte la D2 et fait monter les Gones dans l’élite. Pire, le club termine même à la 5e position en 1991, synonyme de qualification en Coupe UEFA. Jean-Michel avait vu juste. C’est bien connu, il ne se trompe jamais quand il a une vision.

Mais dès l’année suivante en 1992, tout rentre à nouveau dans l’ordre. Lyon se fait fesser en seizièmes de la Coupe UEFA par Trabzonspor sur le score de 8-4. Les Gones se font également peur en championnat, terminant à 2 petits points de la relégation. La saison 1993 ressemble très fortement à la dernière chance pour Domenech de valider les espoirs d’Aulas placés en lui. Ce sera très clairement l’année de trop.

Pont-Saint-Esprit, le chef-d’œuvre d’une vie pour Domenech

Si l’année 1993 représente le Graal absolu pour un Olympique, pour l’autre sa symbolique n’est pas tout à fait la même. On pourrait davantage parler de crash test. Comme à son habitude, l’OL titube dans les profondeurs du classement. Mais les Gones font mieux que la saison précédente (pas très compliqué en même temps) et se maintiennent cette fois-ci pour 4 points. Seulement, l’un des plus grands moments de la carrière de Raymond Domenech est sur le point d’éclater au grand jour.

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Opposés à l’Indépendante Pont-Saint-Esprit, club de D3, les Lyonnais voient ces 32es de finale de la Coupe de France comme une simple formalité. Bernard Lacombe flaire pourtant le traquenard qui se profile : « Si on passe les 32es, on ira en finale ». Défaite 1-0 dans le mythique Stade Clos Bon Aure et ses 440 places. L’aventure de Domenech prend fin à cause des Spiripontains. Fallait y penser à celle-là.

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir

Après 12 années passées à l’OL, en tant que joueur et entraîneur, Raymond s’imagine un départ en grande pompe. Le dernier match de la saison à Gerland devrait être l’occasion de lui rendre hommage. En prime, les hommes de Domenech goûtent une 14e fois à la défaite en s’inclinant 3-2 face aux Girondins de Zizou, Duga et Liza.

Cependant il en faut plus pour dissuader Raymond d’entamer son tour d’honneur afin de faire ses adieux au public de Gerland. Mais patatra, une mystérieuse panne d’électricité fait plonger le stade dans le noir. Impossible pour lui de faire son ultime au revoir. Un comble dans la ville des Frères Lumière. Domenech se voit offrir une thérapie contre l’achluophobie en cadeau d’adieu.

Vous avez beau chercher dans toute l’histoire du football, vous ne trouverez pas.

Nul n’est sorti par une plus grande porte que celle de Raymond.

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