Moto GP – Aragon | Quartararo, la remontada inversée


Nouvelle star de la catégorie Moto GP, le français Fabio Quartararo est à la lutte pour décrocher le titre mondial cette saison. Bien aidé il est vrai par l’abandon en début d’année de Marc Marquez, sextuple champion du monde. Alors qu’il ne reste que quatre Grands-Prix à disputer, chaque course relève désormais d’une importance capitale. Mais cela n’a pas l’air de stresser plus que ça Quartararo. Zéro pression chez le français…

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Fabio a commencé la saison d’une insolence rarement aperçue sur les circuits de Moto GP. Deux courses, deux victoires. Et la tête du classement des pilotes à la clé. Autant vous dire qu’il est très vite devenu le winner public numéro 1 du sport français. Si le mois de juillet est d’ordinaire rythmé par les attaques de Pierre Rolland, il a cette fois-ci était obscurci par la désormais célèbre combinaison noire de Quartararo.

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Toutefois le ciel de la lose s’est éclairci à la fin de l’été. Une treizième place en Autriche, suivie d’un abandon de toute beauté à Saint-Marin. Alors qu’il occupe la 4e place de la course, il chute une première fois tout seul. Reparti en 20e position, et voyant que les points sont inaccessibles ce jour-là, il décide de chuter une seconde fois pour le panache. Et perdre la première place du classement avec.

Mais avec Fabio, rien n’est jamais garanti. Deux semaines après son double exploit, il remporte sa troisième course de la saison en Catalogne. Sad, very sad.

GP de France : Après la pluie, le 9e rang

Neuvième manche de la saison. Fort de son récent succès en Espagne, Fabio roule sur le circuit du Mans, chez lui en France. Leader du championnat, il est incontestablement le grandissime favori de cette course. Et dès les essais, le pilote tricolore montre sa pointe de vitesse déroutante. Puis convertit ses bonnes sensations en pole position. La situation ne peut pas être pire.

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Mais c’est sous-estimer le potentiel météorologique de la Sarthe. Si le samedi avait offert un soleil éblouissant, le dimanche contraint les pilotes à disputer la course sous des trombes d’eau. Novice sous la pluie, Quartararo choisit de chausser les pneus pluie par précaution, tandis que certains de ses adversaires osent les intermédiaires. C’est donc assez logiquement que Fabio perd place après place, beaucoup plus lent que ses adversaires. Il s’en sort tout de même avec une probante neuvième place. Mais El Diablo n’a pas encore dit son dernier mot…

Fabio rebondit, mais sur sa moto

Quartararo souhaite se ressaisir en Aragon. Vainqueur des trois premières courses espagnoles, le français espère réaliser la passe de quatre. Et dès le vendredi, il réalise le second temps. Sa Yamaha s’apprête à nous martyriser une nouvelle fois comme en juillet dernier. Mais plus de peur que de mal.

Dès le lendemain Fabio remet les pendules à l’heure. Il réalise une chute-catapulte depuis sa moto. De toute beauté.

Mais le français est un vaillant. Contrait de se déplacer avec une béquille dans le paddock, le corps endolori, Quartararo réalise quand même sa dixième pole position de la saison. Écœurant.

La Degringolada : Tome 2

À l’extinction des feux, Fabio nous montre toute l’étendue de son talent. Il perd une place au profit de Vinales, et sort trop large dès le premier virage. On se dit alors que la course va peut-être valoir son pesant de cacahuètes finalement. Et à ce petit jeu, on est rarement mauvais. Quand il faut flairer le craquage, l’œil de Sauron de la lose n’est jamais bien loin. Mais Quartararo est joueur. Il claque le meilleur temps de la course dès le deuxième tour. Une tentative de diversion audacieuse. À d’autres, Fabio. Car très vite, les tours se suivent et se ressemblent. (Mal)Heureusement, il subit des dépassements dans tous les secteurs possibles et imaginables : épingles, courbes, chicane. Aucun virage ne lui résiste.

Onzième tour, et le français est désormais sixième, alors qu’il en reste encore douze. Et à partir de cet instant, il va perdre une place par tour jusqu’à la fin de la course. Signé « El Diablo ». Ou comment gagner ses lettres de noblesse. Il parvient de plus à réaliser une prouesse de taille : subir trois dépassements en un seul virage. Petrucci et les frères Espargaro s’en souviennent encore. Ce treizième tour dépasse l’entendement. Quartararo glisse délicatement de la dixième à la quinzième position. Dans le plus grand des anonymats. On ne le reverra plus jamais.

La pression ? Fabio la boit

Finalement, Fabio ne s’en sort pas trop mal et franchit la ligne d’arrivée à la 18e position. Doublé par seulement dix-sept pilotes à la régulière. Rien d’inquiétant. Et comme il le dit, il a limité la casse.

« Et je suis triste de dire ça, mais cela aurait pu être pire » F. Quartararo

La raison de ce naufrage ? La pression du pneu avant. Devenue beaucoup trop haute, et donc incontrôlable au fil des tours. En ayant pris soin de perdre la tête du classement à l’issue de la course, c’est désormais El Diablo qui a la pression sur les épaules. Ironie de l’histoire.