Ligue des champions 1997 | Le PSG au tapis (vert)


Les investisseurs qataris n’ont rien inventé. L’humiliation européenne faisait partie de l’ADN du PSG bien avant leur arrivée. Ils n’ont fait que lui redonner sa splendeur d’antan. Toute la paternité de la philosophie revient au Paris-Saint-Germain de 1997 qui, pour la première fois en Ligue des Champions, devenait la risée de l’Europe. Avec une histoire encore jamais vue dans le Panthéon de la Lose.

Août 1997, le Paris-Saint-Germain voit grand. Au sortir d’une saison où il a disputé (et perdu bien entendu) deux finales européennes (dont un 6-1 annonciateur contre la Juventus de Turin), le PSG est bien décidé à s’installer dans le gotha continental. Mais pour cela, il doit passer par les tours préliminaires de la LDC avec une double confrontation contre le Steaua Bucarest. Formation roumaine qui a la particularité de faire passer pour un ivrogne toute personne tentant de prononcer correctement le nom du club.

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La qualification est indispensable pour le club de la capitale qui lorgne sur la généreuse dotation donnée par l’UEFA aux qualifiés : 70 millions de francs. Environ 14 millions d’euros. Un orteil de Neymar quoi… Alors les Parisiens se rendent à Bucarest avec envie et détermination. Face à eux, ce n’est pas un ogre européen en plus. Mais bon, que serait le PSG sans ses soirées européennes décevantes ? Résultat : défaite 3-2 sans grandiloquence.

Revault/Fournier, qui sera l’homme du match ?

On retiendra tout de même le beau baptême de Christophe Revault dans les buts. Arrivé dans les cages pendant l’été pour remplacer Bernard Lama, le portier se distingue par une sortie très propre (sans les mains !) dans les pieds adverses (0’59). Penalty logique. Un geste que Fabien Barthez utilisera également avec Marseille quelques années plus tard. Avec encore plus de maestria.

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Une défaite 3-2 à l’extérieur, ça se rattrape à la limite. Sauf que Paris voulait faire plus fort, rêver plus grand en quelque sorte. Il y avait mieux à faire et pour cela, il a ressorti une technique venue tout droit des entrailles du niveau district : « le joueur suspendu qui joue mais chut, on fait semblant de ne pas savoir ».

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Affiche football FFL Panthéon de la Lose
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Perdre tout oui, mais surtout n’importe quoi

Bon, en réalité, personne ne savait. Au début de l’été, un fax de l’UEFA atterrit sur le bureau du PSG. Celui-ci annonce que Laurent Fournier est suspendu pour la prochaine rencontre européenne. Exclu lors du fameux 6-1 contre la Juve en janvier puis averti en finale de la Coupe des coupes en mai, le défenseur ne doit pas figurer sur la feuille de match contre Bucarest. Et c’est là que le PSG se montre solide. Il est capable de perdre des matches, mais il est aussi capable de perdre ce genre de documents ! L’information ne parviendra jamais aux oreilles de Fournier ou du coach parisien. L’UEFA s’en contrefiche et fait perdre Paris sur tapis vert : 3-0. Lose administrative certes, mais lose de top niveau.

Bon, au match retour, les Parisiens l’emporteront 5-0 et se qualifieront grâce à un public de feu et un Leonardo des grands soirs (ou un marabout sénégalais dépêché par Denisot, au choix). Mais ça, c’est une autre histoire.