Le jour où Tsonga s’est approprié Roland


Le jour où Tsonga s'est approprié Roland
Photo : Roland-Garros
Le firmament de la carrière de Jo-Wilfried Tsonga à Roland-Garros, ce temple national où est naturellement établi le siège de la FFL, ce ne sont pas ses deux demi-finales en 2013 et 2015. Même si, deux ans après avoir été balayé par David Ferrer, son 1/17 sur balles de break face à Stan Wawrinka était tout de même très valeureux. Non, c’est bien en quarts de finale de l’édition 2012 que Jo a incontestablement livré la plus belle performance de sa carrière sur la fameuse terre battue parisienne.

Le mardi 5 juin, il y affronte Novak Djokovic, n°1 mondial. C’est d’abord un début de leçon de tennis du Serbe.
En effet, celui-ci remporte la première manche 6-1. Mais Tsonga, qui vient d’atteindre le top 5 mondial il y a seulement quelques mois (en février), évolue à ce moment à des années-lumière de ses meilleurs standards FFL. Il remporte les deux sets suivants 7-5, 7-5. C’est alors que les deux hommes vont au tie-break dans la quatrième manche.

L’œil du tigre pour Jo, ce match il est pour lui !

Les mots du fin connaisseur Lionel Chamoulaud et d’Arnaud Boetsch sur la première balle de match résonnent encore (à 13:58 dans la vidéo). Et ce n’est pas dans le jeu décisif, remporté 8-6 par le Djoker, que le Manceau a laissé filer sa chance, mais sur les deux jeux de service précédents de son adversaire.

Tsonga mène 15-40 à 5-4 en sa faveur, puis 30-40 et un autre avantage à 6-5. Il pousse Novak Djokovic dans ses retranchements et passe proche d’infliger une nouvelle danse des pouces au public du Chatrier. Mais malgré ces quatre balles de match et les encouragements de Chamoulox, Jo ne parvient pas à enfoncer le clou et perd en cinq manches. Il termine comme il avait commencé, c’est-à-dire en prenant 6-1. Difficile de faire plus belle lose à la française… Quel panache ! Ce jour-là, Tsonga est évidemment devenu un licencié grand luxe de la FFL, après être (trop) longtemps resté écarté de nos radars.

« C’est la pire défaite de ma carrière, reconnaîtra-t-il. Je n’en ai pas perdu tant que ça, des matches en ayant des balles de match… Peut-être un, je ne sais même plus lequel. C’est sûr que ça va rester, c’était Roland, c’était un quart de finale. Mais je n’ai pas énormément de choses à me reprocher sur ces balles de match. J’ai tiré un super passing, il est parti du bon côté, comme lors de la finale en Australie en 2008. » Autre lose, moins sévère, quand il avait eu une balle de set dans la quatrième manche (et il avait finalement perdu en quatre sets). « On a envie de pleurer, on se dit que c’est une blague, on se demande comment on peut perdre… On a envie de se réveiller. »

Moins d’un an après avoir renversé Roger Federer en quarts de Wimbledon, gagnant en cinq sets après avoir perdu les deux premières manches, six mois après avoir atteint la finale du Masters… Tsonga entame enfin son cycle perdant. Il était temps. Djoko, lui, s’il fait tout pour s’attirer notre sympathie en parlant français et en habitant à Monaco, n’y arrivera jamais. Déjà vainqueur après une balle de match sauvée contre Roger Federer en demi-finales de l’US Open 2011, il achève Jo après la rencontre : « Il a été bien meilleur que moi sur une grande partie du match. J’ai été chanceux, il aurait mérité de gagner. » Trois jours plus tard, il sortira Rodgeur sans ménagement en demies.

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