Le jour où le Bayern Munich a flingué le Jubilé de Johan Cruyff


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Alors que Johan Cruyff vient d’annoncer une première fois sa retraite en 1978 – il rechaussera les crampons dès l’année suivante – le génie Néerlandais décide d’organiser un jubilé à sa gloire. Pour cela, quoi de mieux que d’être opposé aux ennemis de toujours : les légendes du Bayern Munich. Mais le scénario du match ne va pas prendre la tournure attendue pour les Godenzonen…

Alors que les Pays-Bas viennent tout juste de perdre leur seconde finale de Coupe du Monde consécutive face à l’Argentine en 1978, le légendaire Johan Cruyff annonce au monde entier qu’il souhaite mettre un terme à sa carrière. Une décision qui surprend tous les amoureux du ballon rond. À commencer par ses compatriotes. Peut-être en avait-il tout simplement marre d’appartenir à une nation qui terminait en son temps toujours seconde pour l’obtention du trophée Jules Rimet ? Car savoir savourer la quintessence des saveurs de la lose, chers lecteurs, n’est pas à la portée de tous.

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Cinq mois après cette finale perdue face aux coéquipiers de Mario Kempes, Cruyff décide d’organiser un jubilé en son honneur en novembre . Le lieu ? Dans l’antre de l’Ajax Amsterdam bien évidemment ; le Stadion de Meer. Pour l’occasion, le « Hollandais volant » décide de réunir les anciennes gloires des Ajacides, et d’affronter les légendes du Bayern Munich. Pour une revanche symbolique après la Coupe du Monde 1974 perdue se dit-il sûrement. En espérant secrètement que ces derniers vont le laisser gagner la rencontre devant son public pour son match d’adieu. À la place, ce sera une vendetta sanguinaire.

Le résumé du match Ajax Amsterdam – Bayern Munich

La rencontre devait se passer sans accroc. Sans contact. Il n’y aura rien eu de tout ça. La raison ? Un accueil glacial de la part des Néerlandais qui, pour certains, ont gardé une dent dure envers leurs voisins allemands. Et une légère tendance médiatique à anticiper une énorme déculottée de la part des coéquipiers de Cruyff. Face à une telle animosité à l’égard des anciens lieutenants de la Mannschaft, ces derniers ont établi un plan des plus simples avant le coup d’envoi ; marcher sur les Néerlandais. Et leur faire mal. Très mal.

Il ne faut pas attendre longtemps avant de voir la tactique des ex-bavarois mise en œuvre. Seules deux petites minutes leur suffisent pour trouver le chemin des filets par l’intermédiaire de l’inépuisable Gerd Müller. En effet le « Bomber » bénéficie d’un dégagement millimétré de Sepp Maier dans sa course pour envoyer une demi-volée surpuissante dans la lucarne. Et climatiser bien comme il faut Amsterdam. Le public est médusé, et commence à comprendre dans quel guet-apens ils ont été entraînés.

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Dans le jeu, les duels sont âpres. À l’exact opposé de ce que devrait être un jubilé. Le contraste fait grincer des dents toute la famille et les amis de Johan Cruyff, venus exprès pour l’occasion. En face, les sourires sont visibles sur les visages allemands. Et la boucherie ne s’arrête pas en si bon chemin. Les buts s’empilent, jusqu’à atteindre un score indécent : 8-0.

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Cruyff crucifié devant les siens

Ce ne sont pas un, mais deux coups du chapeau que les gloires de l’Ajax doivent subir devant leur propre public. Gerd Müller et Karl-Heinz Rummenigge en sont les auteurs, ou peut-être les tortionnaires. Les deux autres réalisations sont à mettre à l’actif de Paul Breitner. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a mis du cœur à l’ouvrage le bougre.

« Nous voulions leur montrer qu’on était le Bayern Munich, pas une équipe de marionnettes » P. Breitner

Au sifflet, le célèbre Charles Corver. Ce nom ne vous dit rien ? C’était pourtant lui le monsieur en noir qui a donné un six mètres aux Allemands à la suite de l’attentat de Schumacher sur Battiston lors de la demi-finale de la Coupe du Monde 1982, à Séville. Autant vous dire que nous le portons haut dans notre cœur. Et une fois encore, durant le jubilé de Cruyff, l’arbitre néerlandais a fait des siennes. En effet, on apprend quelques temps plus tard qu’il a, en plus des huit buts, décidé d’en annuler quelques-uns pour se faire un petit kiff.

« Je ne voulais pas que le score soit trop honteux pour Cruyff » C. Corver

On ne sait pas combien de buts une équipe doit marquer pour que Corver estime qu’il s’agisse d’un « score honteux ». Visiblement 8-0 est un score banal pour le Batave. Et comme si ça ne suffisait pas, ce résultat en fait la plus grosse débâcle de la carrière de Johan Cruyff. Alors même qu’il venait de la terminer.

Une (première) sortie par la grande porte de la lose.