GP des Pays-Bas | Bottas, ou l’art de n’avoir rien à foutre de rien.


Grand Prix des Pays-Bas. Une semaine seulement après le GP de Belgique et sa fameuse course de 4 tours derrière la safety car, Zandvoort accueillait pour la première fois la F1 depuis 36 ans. Une chose est certaine, elle ne remettra pas autant de temps pour y revenir.

 

Publicité

Essais Libres et Qualifications

Le week-end démarre avec une giga lose scandinave. À peine Kimi a eu le temps d’annoncer la fin de sa carrière en F1, que le Finlandais se voit écarter du Grand-Prix samedi matin pour cause de covid. Rouler en essais libres sans pouvoir disputer la course, on peut parler de douille. Mais que Iceman se rassure, la lose va rapidement prendre une saveur épicée. Tandis que la Q1 prend place, Sergio Perez parvient à réaliser l’exploit de se faire sortir dès la première séance de qualifications. Avec la voiture la plus rapide du plateau. Ce troll.

Après avoir émerveillé tout son monde la semaine dernière à Spa, George Russell est en passe de se qualifier pour la Q3, mais c’était sans compter la fameuse rafale de vent du dernier virage. Cette petite bourrasque qui vient te faire placarder contre les murs de pneus. Et ruiner au passage tout ton week-end. Mais chez Williams, on fonctionne en équipe. Dès le tour suivant, son coéquipier Latifi réalise la même figure. Une toupie à 180° validée par la FFL.

Après les loses finlandaise, mexicaine, britannique et canadienne, celle hollandaise aurait très bien pu voir le jour. Sur son dernier tour de Q3, Verstappen oublie tout bonnement d’activer son DRS sur la ligne d’arrivée. Sa pole position ne tient que pour 38 millièmes devant Hamilton. Rien que d’imaginer la perte de sa pole devant un public acquis à cause pour oubli de DRS, ça nous donne les frissons.

Publicité

Le résumé de la course

Comme lors de chaque départ de course est-on tenté de dire, Fernando nous fait une Alonso. Deux places de gagnées en cinq virages. Et trois touchettes sur son coéquipier Ocon. Dont une merveille de dépassement sur l’extérieur du banking. À regarder en boucle. Dès le premier tour bouclé, l’ennui s’installe paisiblement. Seules les Haas assurent un spectacle correct en se tassant dans les règles de l’art en dehors des limites de la piste. La routine quoi.

Face à la domination sans partage de Verstappen, les Mercedes sont contraintes d’évoluer en équipe. Tandis qu’Hamilton et Verstappen s’arrêtent tous deux aux stands, Bottas opte lui pour la stratégie du bouchon. En glisse sur les quatorze virages du circuit, rien de mieux pour contenir le Néerlandais se dit-on. Cette tactique va durer exactement deux tours. Du grand Valtteri. Le second undercut tenté par Mercedes est encore plus catastrophique. S’arrêter à 30 tours de la fin pour louper son dépassement par les stands. Les Fléchettes d’Argent étaient indéniablement de sortie cet après-midi à Zandvoort.

Dans le même genre de Lose :   Grand Prix d'Espagne | Et Grosjean nous sortit de la sieste

Les tours défilent dans un anonymat le plus profond. Mais comme (très) souvent, les voitures Alpine nous sortent brusquement de la sieste. Si Ocon parle de modèle en évoquant son coéquipier Alonso, le Normand va jusqu’à imiter les mésaventures de l’Espagnol. Lors du premier Grand-Prix de la saison, Alonso avait dû abandonner à cause de l’emballage d’un sandwich triangle. Ocon lui rend la monnaie de sa pièce en parvenant à récupérer un sac plastique dans son aileron arrière. Sans le moindre retrait cette fois. L’élève qui dépasse le maître.

Bottas, ce voyou dans l’âme

Après avoir joué le jeu de Hamilton face à Verstappen, Bottas réalise un coup de maître. Un chef-d’œuvre. À peine sorti de la voie des stands, et alors qu’il ne reste que quatre petites boucles, Bottas entame un début de tour canon pour aller chercher le point du fastest lap à Hamilton. Sentant venir le traquenard, son ingénieur de course le prévient de ralentir dans le dernier secteur. Le Finlandais franchit la ligne en éclairant en violet tous les secteurs. Bottas, ce thug dans la peau.

Hamilton est obligé de rentrer aux stands dans le dernier tour pour récupérer ce point. La panique est magnifique chez Mercedes. Le Britannique signe quand même le meilleur temps. Et finit derrière Verstappen, victorieux dans ses terres. Mais le Batave ne s’arrête pas là, puisqu’il reprend également les rênes du classement des pilotes pour trois points.

Le Grand-Prix de Monza n’est que la semaine prochaine, mais la F1 nous manque déjà.