GP de Grande-Bretagne | Ne jamais s’endormir au volant !


Mercedes - FFL

Nico Hülkenberg et Romain Grosjean, les deux piliers de la F1, avaient déjà rendu ce dimanche 2 août encore très particulier à Silverstone. Puis Valtteri Bottas et Lewis Hamilton, jouant à fond leur rôle d’exemples pour la jeunesse, ont profité de leur énième démonstration pour rappeler à tous les bases de la sécurité routière.

Essais libres et qualifications

Un week-end de Grand Prix, avec le Covid, ce n’est plus seulement trois jours. Sergio Pérez et Racing Point, bien à leurs dépens, nous ont régalé dès le jeudi avec le forfait du Mexicain testé positif au coronavirus. « C’est un des jours les plus tristes de ma carrière, j’ai pris un jet privé pour Mexico afin d’aller voir ma mère qui venait d’avoir un grave accident. » Le malheur des uns fait très souvent le bonheur de la FFL, surtout après l’éclair de génie du patron des voitures roses, Otmar Szafnauer : « On avait le choix entre Esteban Gutierrez, notre pilote réserve, mais on a aussi appelé Nico Hülkenberg qui s’adaptera plus rapidement. » Et comment !

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C’est sûr, l’histoire est trop belle, Hülkenberg va décrocher le premier podium de sa carrière pour son 178e Grand Prix, au nez et à la barbe de Renault. Sa chevauchée fantastique à partir de la 13e place sur la grille s’annonce mythique. Et puis… « Ils n’ont pas pu démarrer le moteur, il y a un petit problème et je n’ai pas pu prendre le départ. C’est un peu fou. » C’est absolument génial, oui. Dès l’avant-course, l’incroyable Hülkenberg continue d’écrire sa légende de la plus belle des manières. Rien ne sert de courir, autant ne pas partir à point.

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La course

Max Verstappen, trop heureux de voir son coéquipier Alexander Albon galérer en milieu de grille (12e) après s’être déjà crashé en essais libres, fait des blagues à ses mécaniciens à la radio, à quelques minutes du départ. Troisième dans son fauteuil, le fils du grand Jos continue en course en rappelant à son ingénieur de bien s’hydrater. Kevin Magnussen a déjà levé le coude depuis longtemps, puisqu’il est sorti dès le deuxième tour après un crash avec Albon. Propre, régulier. « Ça va, oui », répond le Danois à la radio alors que sa voiture est littéralement déchiquetée. La force de l’habitude. Respect.

Daniil Kvyat nous permet de prolonger la sieste en se crashant à son tour, rappelant ainsi la voiture de sécurité jusqu’au 20e tour, soit plus d’un tiers de la course. Jacques Villeneuve rappelle le Russe à l’ordre : « Il n’est pas nécessaire de donner un coup de poing dans la caméra. » Une manifestation de joie un peu trop excessive, ce n’est pas faux. Alors, quand la course démarre vraiment et que Sebastian Vettel reste en mode enfant à la 10e place, que reste-t-il ? L’élu, bien sûr. Romain Grosjean, seul à ne pas s’arrêter pour changer de pneus, passe cinquième. Qu’importe le flacon…

Au 26e tour, pile à la mi-course, notre pilier reçoit une sanction remise à la mode l’an passé en Italie : un drapeau noir et blanc pour avoir failli tasser Carlos Sainz en pleine ligne droite. Traduction : la prochaine fois, tu dégages ! « Mais je lui ai laissé la moitié de la piste ! » « C’est inacceptable, pour le futur coéquipier de Charles Leclerc chez Ferrari. On a l’impression qu’il m’attendait pour me mettre un coup, je pense qu’il regrettera. » Jouer le top 5 n’était clairement pas une bonne idée. Mais il est parfois bon d’aller faire un petit tour sur les mièvres hauteurs pour mieux revenir aux sources. Romain Grosjean, de retour dans ses hauts standards, rentre comme tout le monde en fin de course et termine 16e et avant-dernier. « Je suis écoeuré, j’ai conduit aussi bien qu’en 2013, quand j’étais sur les podiums et que je me battais pour la victoire. » Quelle triste époque.

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Ne laissez pas les premiers signes de fatigue arriver

Trop en avance, trop tranquilles, un peu comme vous hier en pleine nuit sur la longue ligne droite de l’autoroute pour éviter les bouchons du fameux chassé-croisé, les pilotes Mercedes s’endorment au volant (et Carlos Sainz aussi). ça devait bien finir par arriver, à force de ne pas respecter la pause toutes les deux heures… Bottas crève à deux tours de la fin et termine même 11e derrière Vettel, l’humiliation suprême. Lewis Hamilton, malheureusement pour lui, n’a imité son coéquipier que dans le dernier tour, ce qui lui permet d’aller quand même gagner sur la jante.

Au-delà du profil très intéressant de Bottas, qui a tout fait dès le départ pour laisser gagner son pote, on relève forcément l’inspiration géniale de Max Verstappen, rentré au stand juste avant les somnolences du suprême leader pour finir à cinq petites secondes plutôt que de gagner. « Mon coeur a failli s’arrêter », souffle Lewis Hamilton, tout à sa déception d’avoir vu la lose de si près.