Girondins de Bordeaux | Retour sur une saison de légende (épisode 2).


Benoît Costil

Suite de la saga girondine. Après les arrivées indispensables de Gérard Lopez et Vladimir Petkovic à Bordeaux, les Marine et Blanc vont lier leurs paroles aux actes sur les pelouses de Ligue 1. Alert spoiler : il faut être réactif pour compter les buts au tableau d’affichage lors des matchs de Bordeaux.

Pour vous remémorer avec joie le premier épisode et les fondations de cette saison de rêve, c’est par ici.

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Bordeaux marche sur la Liguain

Après un été fort agité du côté du Haillan, la Ligue 1 reprend enfin ses droits. Les supporters des Marine et Blanc sont impatients de découvrir le visage de leur équipe, avec un nouveau coach, mais un ancien logo. Le calendrier est plutôt clément, avec la réception du promu clermontois lors de la première rencontre. Une défaite 2-0 plus tard, on comprend très vite qu’il va s’agir d’une saison comme il y en a une par siècle.

Le premier mois de compétition justifie l’effort financier fourni par Bordeaux pour attirer Petkovic. Un revers 4-0 à Nice, et une défaite foireuse à domicile contre Lens. Remonter à 2-2 à la 88e minute pour finalement encaisser le troisième but à la 96e, un contretemps pas digne d’un horloger suisse. Il faut attendre la 6e journée pour assister à la première victoire. Mais bon, celle-ci ne compte pas vraiment: elle intervient face à Saint-Etienne, qui ne gagnera aucun de ses douze premiers matchs.

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Les Girondins parviennent à décrocher 3 victoires sur la phase aller, seul Sainté fait mieux avec 2. Évidemment. Outre les résultats sportifs à faire pâlir le mythique Arles-Avignon de la saison 2010-2011, Bordeaux se distingue également en interne. À l’instar des clubs modernes, le rectangle vert n’est plus le seul champ d’action. Il faut désormais se montrer pertinent dans la comm’. Et pour cela le FCGB a une idée de génie, parmi tant d’autres.

Les Giradins et le sens des économies

Quand on évoque la ville de Bordeaux, on pense instinctivement aux mets délicieux, aux vins succulents et aux traditions qui perdurent depuis des siècles. Et bien en ce 25 novembre 2021, ces coutumes vont prendre un virage à 360°. Lors du traditionnel repas de Noël de la section féminine, le club essaye de faire quelques économies comme il peut. Alors autant vous dire que l’hôte Gérard n’a pas tellement envie de piocher dans les réserves faméliques des Girondins. Mais pour cela une idée fulgurante lui traverse l’esprit : faire payer les joueuses en question, et les obliger à verser 20 euros chacune. Même pour aller en boîte c’est moins cher.

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Si l’année 2021 termine en beauté, 2022 commence sur les chapeaux de roues. Les Marine et Blanc ont bien compris qu’ils auraient très peu de chance de devenir champions de France, où même de se qualifier pour une place européenne. Alors la Coupe de France apparaît très vite comme la seule échappatoire pour le club au scapulaire. Après une victoire étriquée face à l’Association sportive Jumeaux sur le score de 10-0, les Girondins se rendent à Brest pour disputer les 16es de finale. Défaite 3-0 assortie d’une panenka de Romain Faivre, qui fera rager bon nombre de supporters  aquitains. Suffisant pour faire de ce dernier le responsable numéro 1 de la saison exceptionnelle du FCGB.

Dès le 2 janvier, les Girondins de Bordeaux n’ont officiellement plus rien à jouer, hormis leur maintien. Quoique non, on nous dit dans l’oreillette qu’un match de championnat en particulier permet de savoir si la saison girondine est réussie ou non. Sur les 38 journées, une seule compte seulement : la réception de l’Olympique de Marseille. Si le 26 mai 1993 est un jour férié à Marseille – comme les 364 autres – en raison de leur sacre honteux en C1, le 1er octobre 1977 est un jour de fête nationale à Bordeaux. Ou du mois l’était.

Bordeaux – OM : LE match à ne pas perdre

Le 7 janvier, les Girondins reçoivent l’OM dans leur antre intimidant du Matmut Atlantique. L’objectif n’étant pas de gagner, mais de ne pas perdre. Et prolonger cette série de 44 années d’invincibilité face aux Phocéens. Pour préserver les derniers bijoux de famille, toutes les solutions sont envisageables et envisagées du côté des Marine et Blanc.

Mais ce qui devait arrivait arriva. Déjà plombé pas le Covid, ils le seront aussi sur un six mètres complètement foiré de Benoît Costil. les Marseillais marquent ici l’unique but de la rencontre. La plus longue série de l’histoire de la Ligue 1 n’est plus. Et le constat est sans appel.

Cette défaite historique rend cette saison encore plus belle. Faire venir Petkovic en Gironde avait pour objectif de créer un impact fort dans l’histoire du club. L’objectif est rempli haut la main. Mais l’équipe masculine n’est pas la seule à redonner ses lettres de noblesse à l’institution des Girondins cette saison. En effet les Bordelaises font également parler d’elles. Et là encore, Gérard Lopez n’est jamais bien loin.

Le f(Lair) redoutable de Lopez

Le 11 janvier, les Girondins de Bordeaux annoncent que Patrice Lair est démis de ses fonctions. Le coach de la section féminine quitte les Marine et Blanc une main devant, une main derrière. Mais face à la gronde des joueuses, toutes derrière leur ancien entraîneur, Gérard Lopez n’a d’autre choix que de faire volte-face. Et commence à balancer des déclas divinement lunaires.

« Patrice Lair a été mis à pied pour un moment, mais la collaboration n’est pas terminée » G. Lopez

« Il est toujours au club, mais il n’a pas nécessairement vocation à entraîner l’équipe » G. Lopez

Patrice Lair fait son retour une semaine plus tard, comme si de rien n’était. Foot masculin ou féminin, la gestion est toujours aussi chirurgicale. Comme l’en atteste cette fin de saison en eau de boudin des Girondines.

Du côté des hommes, l’arrivée prochaine d’un certain défenseur brésilien, connu et reconnu pour ses soufflantes dans le vestiaire, va apporter une dimension encore plus aérienne à cette saison majuscule.

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