Girondins de Bordeaux | Gaëtan Huard aux mains d’argents


Gaëtan Huard, Bordeaux - Volgograd 1995
La bible de la Lose du sport français

Puisqu’il vient tout juste de faire son retour aux Girondins de Bordeaux pour entraîner les gardiennes du club, nous vous proposons de revenir sur le principal fait d’armes de la carrière de Gaëtan Huard. Sa série d’invincibilité ? Absolument pas. Sa sortie contre le Rotor Volgograd en 1995 ? Évidemment.

À la FFL, il existe seulement deux raisons d’évoquer la Coupe UEFA 95-96 de Bordeaux. On préfère passer outre le fabuleux parcours des Girondins (ils ont quand même eu l’audace de la mettre à l’envers à l’AC Milan en quarts de finale grâce à un doublé de Dugarry) et se concentrer soit sur la finale perdue contre le Bayern Munich soit sur le chef d’œuvre du portier bordelais en 16es de finale. J’ai nommé Gaëtan Huard, dit Gaëtan aux mains d’argents. Ou « Guéguette ».

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Le mur de l’Atlantique

Dans les années 90, Gaëtan Huard est un gardien expérimenté. Une valeur sûre du championnat de France où il a défendu les buts de Lens et de l’Olympique de Marseille, avant d’atterrir en 1991 à Bordeaux. C’est là qu’il a marqué les esprits en préservant sa cage inviolée pendant 1176 minutes durant la saison 92-93 (record qui tient encore en 2021). Avant de se prendre un but bien pourri pour mettre fin à la mascarade (une frappe contrée).

En 1995, lorsque Bordeaux entame sa campagne de Coupe UEFA, la confiance est au max. L’été s’est un peu trop bien déroulé avec la victoire en Coupe Intertoto, sorte d’Europa League Conférence estivale des années 90 (en résumé, une compétition dont on se fout royalement, surtout quand ce sont les Français qui gagnent). Enfin bref, le début de championnat et les 32es de finale de Coupe UEFA se passent sans encombre pour les Aquitains (3-1 au cumulé contre Skopje).

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Huard sort de sa boîte

Le 17 octobre, le Parc Lescure accueille donc en 16es de finale aller le Rotor Volgograd. Club russe au nom d’hélicoptère, pour le moins méconnu, mais qui a quand même sorti Manchester United au tour précédent. Zidane, Lizarazu et surtout Dugarry sont absents. Sans son attaquant vedette, difficile de créer des instants de lose pour Bordeaux. Alors ce sera Huard qui endossera le rôle.

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Quelques minutes avant la pause, alors que le score est toujours nul et vierge, Volgograd obtient un coup-franc à l’angle de la surface, côté gauche. Vladimir Niderhaus le frappe particulièrement bien. Impossible de savoir si le Russe tente un centre ou cherche la lucarne gauche de Huard. Quoiqu’il en soit, le ballon n’est pas cadré et bien trop haut pour être repris de la tête par un attaquant.

Dans la niche

Notre portier girondin peut donc tranquillement laisser passer le cuir pour relancer aux six mètres. Mais n’allons pas trop vite en besogne. Sûrement un peu froid, Huard décide de se réchauffer et s’apprête finalement à capter la balle. Et dans un geste défiant toute loi de la physique, il parvient à faire rebondir sur lui, vers l’arrière. Et vers son propre but. Oui on sait, c’est impossible. Mais nous avons les images (0’24).

Nous avons beau eu nous adresser à des spécialistes, aucun n’a su expliquer ce phénomène.

Le sponsor adéquat

Voici donc notre conclusion de l’affaire. Les lunettes, Bordeaux les a en plein milieu du maillot avec son sponsor. Prochaine étape, les mettre sur les yeux. Et puis vu que c’est une paire achetée, 36 autres offertes, tout le club pourra en profiter.

Malgré le geste juste de son gardien, Bordeaux parviendra à l’emporter 2-1 sur ce match puis à se qualifier deux semaines plus tard pour les 8es (0-1). L’expérience Huard n’a pas été rééditée cette année-là, au grand dam du monde scientifique. Dans quelques années, peut-être pourra-t-il obtenir des réponses claires. En attendant, une seule chose est sûre : Gaëtan Huard était trop en avance sur son temps.