Finales NBA 1995 | Nick the Brick, les lancers de la lose


Tu peux louper un lancer-franc mais pas quatre. Tu peux louper deux lancer-francs mais pas quatre. Allez, au pire, tu peux louper trois lancer-francs mais pas quatre… Bon, on va faire plus simple : laissez-nous vous présenter Nick Anderson, alias Nick the Brick.

En 10 secondes, les meilleurs sprinters du monde ont le temps de boucler un 100 m. En 10 secondes, le Orlando Magic est capable de donner le Game 1 d’une Finale NBA. Chacun son talent. Pour cela, Orlando s’est appuyé sur un seul joueur : Nick Anderson. Et ça se passait un 7 juin 1995.

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À l’époque, Orlando est une jeune franchise qui connaît sa première finale NBA. Avant d’y affronter Houston, Nick Anderson et ses copains ont quand même éliminé les Bulls de Jordan en demi-finale de conférence, ainsi qu’Indiana. Alors pour clore cette saison en beauté, les fans espèrent voir leur équipe renverser les Rockets, en route pour le back-to-back. Ah, l’espoir.

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Un raté puissance 4

Dans ce premier match des Finales, Orlando mène 110 à 107 et a la possession alors qu’il ne reste que 10 secondes à jouer. Les Rockets se décident à faire la faute et permettent à Nick Anderson d’obtenir deux lancer-francs. Vous aimez les briques? Vous allez vous régaler.

Un seul lancer réussi suffit à Orlando pour obtenir 4 points d’avance et remporter ce Game 1. Premier shoot : trop court. Deuxième shoot : trop court. On n’est pas encore au niveau d’un airball de Noah, mais quand même.

Par miracle, Anderson parvient à obtenir le rebond. Pour Houston, la cible est connue maintenant. Vite, faire faute sur lui avant qu’il ne donne son ballon. Excellent move des Rockets qui, à 8 secondes du gong, redonnent deux lancer-francs à Anderson. Fier de lui, Anderson se tape même le torse.

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Les deux premiers lancers étant trop courts, Nick ajuste le tir pour cette seconde chance. Troisième shoot : trop long. Quatrième shoot : trop long. Habile. Au moment où le jeu Mario cartonne sur SNES avec le nouveau Yoshi’s Island, Nick envoie alors un message fort à la planète : il n’y a qu’un seul casseur de briques, c’est lui.

L’effet papillon

Le rebond est en faveur de Houston qui pose un temps mort immédiatement pour se remettre de ce deuxième élan de générosité de Nick. Il reste moins de 6 secondes aux Rockets pour inscrire un trois points et arracher l’overtime. Kenny Smith s’en charge en feintant un Hardaway dont la défense ne vaut pas un Penny (vous l’avez?).

Prolongations décrochées donc, et Orlando ne semble plus rien avoir de Magic si ce n’est sa capacité à choke. Houston fera la différence au dernier instant grâce à Hakeem Olajuwon  (118-120, Houston mène 1-0). Les Rockets enclencheront ensuite le mode balayage et sweeperont Orlando comme des malpropres (4-0).

Marqué par ce tournant dans sa carrière, Nick Anderson s’appliquera ensuite à soigner ses stats comme il l’avait fait contre Houston. Les années suivantes, il tournera à 40% de réussite aux lancer-francs (70% auparavant) et 12 points de moyenne (contre minimum 15 les saisons précédentes). Un quatre à la suite qui aura laissé ses traces.