Euro 2000 | France Italie | Le rebouchage du Prosecco.


France Italie 2000

Le 2 juillet, nous fêtons le triste anniversaire de la victoire à l’Euro 2000. De l’autre côté des Alpes, cette date est aussi synonyme d’une défaite légendaire. En cette sombre journée pour elle, la FFL préfère se faire discrète et a donc proposé à la FIL (Federazione Italiana della Lose) de venir nous rendre visite pour partager l’un de ses plus grands moments de lose.

Saluti chers voisins ! Il paraît que c’est pas mal par chez vous donc on a convenu d’un bref échange européen avec la FFL. Comptez sur nous, on ne sera pas comme ce correspondant étranger que vous avez eu pendant le collège. Vous savez, celui à qui on n’a rien à dire. Non non, on est venus avec une belle histoire à vous raconter. Celle de l’Euro 2000.

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Cette édition n’est peut-être qu’un détail pour vous mais pour nous, elle veut dire beaucoup. Cette finale perdue est la 3e dans un grand tournoi international pour l’Italie. Mais on ne l’avait pas encore fait autant de passion et de dramaturgie. Non, clairement, cette finale n’a pas du tout la même saveur que la petite fessée reçue en 1970 en finale de Coupe du monde contre le Brésil (4-1) et encore moins que la finale 1994 perdue aux tirs au but (contre le Brésil toujours).

Un parcours loin d’être prometteur

Nous étions inquiets avant la finale car le contexte ne jouait pas en notre faveur. Le parcours de nos Transalpins laissait planer le doute quant à leur capacité à échouer. Trois matches de poule remportés, un quart de finale négocié facilement contre la Roumanie (2-0) et même quand les Pays-Bas semblaient capables de nous sortir en demi-finale, ces coquins de Néerlandais nous la faisaient à l’envers.

Zambrotta avait beau se faire expulser dès la 34e minute, jouer à 11 contre 10 ne suffisait pas aux Oranges. Il fallait encore qu’on leur donne non pas un mais deux penaltys. Sauf que De Boer et Kluivert gâchaient tout en manquant tous deux leur tentative. On ne peut vraiment pas compter sur les autres…

0-0 à la fin des 90 minutes puis des prolongations. Durant la séance de tirs au but, les Bataves réussiront l’exploit d’en rater trois sur quatre. Score final : 3-1 pour l’Italie. Cinq penaltys manqués sur six tirés en un seul match pour les Pays-Bas. Le genre de chose qu’on aimerait vivre mais qui n’arrive qu’aux autres… Ce jour-là, on n’avait clairement pas le droit au bonheur. Notre heure viendra plus tard.

Un air de revanche

Restait une ultime chance mais pas des moindres : une finale contre les champions du monde français. Sauf que là encore, deux raisons pouvait laisser présager une victoire transalpine. La première, c’est que la dernière victoire de la Squadra Azzura contre les Tricolores remontait à 1978, soit 22 ans. Ajoutez à cela que la dernière confrontation entre les deux sélections avait eu lieu en quart de finale de la coupe du monde 1998 (Di Bagio à jamais dans nos cœurs), nos joueurs arrivaient donc avec ce surplus de motivation. La seconde raison : Roger Lemerre décidait de remettre Dugarry titulaire pour la finale.

Comme pressenti, tout ne se passe pas bien pour notre Squadra. Une première période équilibrée mais surtout une équipe de France bien incapable de tromper Francesco Toldo. Pire encore, au retour du vestiaire, Delvecchio ouvre la marque pendant que Desailly est occupé à faire à peu près tout sauf couper la trajectoire du centre de Pessotto.

La leçon de coaching de Dino Zoff

Juste avant ce but, notre sélectionneur Dino Zoff avait choisi de sortir Fiore pour laisser place à Del Piero. Coaching on ne peut plus gagnant du coach italien. Del Piero sera assurément l’homme de la seconde période côté italien. Quelques instants après le but de Delvecchio, Del Piero gâchera un premier face-à-face avec Fabien Barthez (2’13). À la 84e, il manquera judicieusement le moyen de tuer le match en butant encore sur le portier français, pourtant pas idéalement placé (2’54).

De son côté, Roger Lemerre remplace Dugarry par Wiltord (le tournant du match assurément) ainsi que Trezeguet à la place de Djorkaeff. Ce sont ces deux joueurs qui nous enverront au septième ciel. Et vous six pieds sous terre, chers amis de la FFL.

Le score reste à 1-0 en faveur des Italiens jusqu’au bout du temps additionnel. Le banc de touche italien commence à construire ce qui est sûrement la plus grande désillusion de sa vie. Debout, les remplaçants et le staff commencent à célébrer. Fratelli d’Italia est entonné dans les tribunes. Encore mieux, Gigi Riva, le manager de l’équipe orne la coupe du drapeau italien. Geste de grande classe de l’ex-international, toujours toucher le trophée avant la fin d’une finale. Mais vous le savez déjà grâce à Dimitri Payet, non ?

Enfin bref, tout ça pour que Wiltord sorte finalement de sa boîte.

La France arrache la prolongation durant laquelle un autre remplaçant français sera décisif. Robert Pirès, qui avait remplacé Lizarazu, déborde côté gauche et centre pour Trezeguet. La reprise de volée termine sous la barre de Toldo, but en or et historique victoire de la France défaite de l’Italie.

Attendez deux petites secondes, on cherche nos mots… Come si dice aria condizionata en francese ? Climatisation ? On tâchera de s’en souvenir.

La France avait Kostadinov, à partir de ce jour, nous avons eu Trezeguet. Merci pour le cadeau. De plus, là aussi on fut les premier. David ayant signé à la Juve lors de l’Euro, il passa une année compliqué aux 4 coins de la botte, entre sifflets et huées. Mais bon, vous savez de quoi on parle depuis Eder en 2016 non?

En tout cas, à cet instant, nous nous sommes dit qu’un jour, nous vous rendrons la pareille. Alors ne nous remerciez pas pour Materazzi en 2006, ce n’était qu’un juste retour finalement.