Coupe UEFA 1991 | AJA – Liverpool | Auxerre file à l’anglaise


Auxerre Liverpool Guy Roux
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Mal embarqué dans la Coupe UEFA 1991-1992, l’AJ Auxerre décidait de changer son destin en un seul match : le 16e de finale retour contre Liverpool. Une véritable délivrance pour Guy Roux qui entrait enfin au Panthéon de la Lose.

Ah la saison 90-91… Splendide exercice où Marseille marche sur la concurrence en championnat et en coupe d’Europe (sauf contre Belgrade en finale de CCC). C’est également la saison où les clubs français pouvaient finir la saison bien pépère sans aucun objectif de descente en 2e division. Grâce à leurs problèmes budgétaires, Bordeaux (10e de D1), Brest (11e) et Nice (14e) avaient réservé leur place en D2 pour la saison suivante. Bon dernier, Rennes n’avait donc malheureusement pas été récompensé de son excellent parcours.

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Enfin bref, tout ça pour dire que nous vivions une époque où le mérite de la lose sportive n’était pas récompensé et qu’Auxerre terminait 3e du championnat, suffisant pour se qualifier en Coupe UEFA. Ce sont les Bourguignons qui nous intéressent ici puisque c’est leur double confrontation contre Liverpool qui leur a permis d’entrer pour la première fois (parce qu’il y en aura d’autres) au Panthéon de la Lose.

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Un plan imparable

Pour un club français, il existe un scénario idéal en Coupe d’Europe pour sortir avec la manière face à une équipe de renom. Quand on veut la jouer à la régulière (et non pas sur de l’arbitrage comme l’AJA de Laslandes l’a expérimenté en 1997), il est toujours bon d’avoir en tête cette idée du presqu’exploit, créatrice d’ascenseur émotionnel dévastateur pour les supporters. Notion parfaitement maîtrisée par les hommes de Guy Roux à l’automne 1991 en 16e de finale. Pour la mettre en œuvre, les Bourguignons ont commencé par un honteux match aller victorieux.

Affiche football FFL Panthéon de la Lose
Retrouvez le maillot de Liverpool et les 64 bourreaux du football français sur l’affiche Panthéon de la Lose

2-0 à l’Abbé Deschamps contre les vice-champions d’Angleterre. Deux temps-forts dans cette rencontre : d’abord la percée de Ferreri qui ouvre le score peu avant la mi-temps. Et ensuite le duel entre l’attaquant auxerrois, Kovacs, et le portier Reds, Grobbelaar. Duel de type capillaire entre un attaquant arborant la coupe mulet de Francis Cabrel et un gardien zimbabwéen fier de porter la calvitie et la moustache à la Gérard Jugnot. Kovacs sortira vainqueur et inscrira le deuxième but.

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Entre ici Guy Roux !

Maintenant que l’espoir de qualification est réel, il ne reste plus qu’à l’anéantir violemment lors du match retour. À Anfield, Guy Roux aligne la même équipe qu’à l’aller (à l’exception de Prunier, remplacé par Darras, qui prendra un rouge en fin de rencontre). Alain Roche, Jean-Marc Ferreri, Pascal Vahirua (le cousin de Marama), Bruno Martini, sont tous là et entament le match retour avec plein d’envie. 4 minutes de jeu et penalty pour Liverpool : 1-0.

Juste ce qu’il faut pour réveiller les supporters britanniques, et surtout un striker qui vient s’accrocher au poteau de Martini sans que l’arbitre ne s’en rende compte et n’arrête le jeu. Football régal.

Liverpool refait son retard à la demi-heure de jeu grâce à une tête de Marsh. Côte auxerrois, on a les fesses qui tremblent. Et les  Mais hors de questions d’aller en prolongations. Manque de pot, Frédéric Darras prendra son second carton jaune à un quart d’heure de la fin, histoire de subir encore un peu plus. Et l’inéluctable arrive en fin de match : Walters délivre Anfield et ouvre les portes du Panthéon à Auxerre en marquant un 3e but qui n’est pas sans rappeler celui de Ferreri lors du match aller. Auxerre avait montré la voie.

Score final : 3-0. Aucun club français n’ira en 8es. Cannes et Lyon se feront également sortir au stade des 16es. Auxerre terminera 4e du championnat cette saison-là. Et les Bourguignons reviendront en Coupe UEFA pour un parcours bien moins glorieux la saison suivante. Une épopée achevée en demi-finale contre Dortmund. Comme quoi, la formule est vraie : dans la lose, le plus compliqué, c’est d’être constant.