Le retour du diable


Le retour du diable
Photo : Real Madrid CF

Pas ça Zinedine. Pas maintenant. Tu en as déjà bien trop fait. On sait que la FFLose divise, que beaucoup ne nous portent pas dans leur coeur. Mais le départ de Zizou l’an dernier du Real Madrid, c’était une de nos plus belles victoires. Pourquoi revenir aussi vite nous planter ce coup de poignard dans le dos ? On n’a presque pas eu le temps de savourer, de profiter. Si nous étions Tom, il serait notre Jerry. Si nous étions le rugby français, il serait notre Bernard Laporte. L’ennemi ultime dont on ne se débarrasse jamais, le fameux sparadrap qui ne se décolle pas. Notre fédération, heureusement, a une base forte. Nous tiendrons grâce à nos fondations.

On te remercie Zizou, pour ton retour triomphal en conférence de presse, d’avoir fait l’effort de replier ton jean en ourlets venus d’un autre temps, Mais rien à faire… Même comme ça, tu n’es pas admissible. Pas du tout. On pensait que Leonardo Jardim avait déjà atteint la “masterclass” dans les retours de ces maudits winners, celle-là on ne l’attendait pas. En ce lundi 11 mars, c’est le monde entier qui a été pris de court, c’est notre Fédération internationale dans son ensemble. Même Karim Benzema, que nous étions bien sûr prêts à accueillir à bras ouverts, avait compris, dimanche soir après le match à Valladolid.

“Pourquoi changer ?” Oui que diable, pourquoi ? “Que Santiago Solari reste avec nous, on gagnera tous nos matches”, concluait sagement celui qui fut un jour l’avant-centre des Bleus. Mais rien à faire… Le bon sens ne l’emporte pas toujours, Karim. Evidemment, c’est surtout notre homologue de l’autre côté des Pyrénées, la FEL (Fédération espagnole de la lose), qui est la plus touchée et à laquelle nous adressons notre soutien le plus total. Mais nous ne fuyons pas pour autant nos responsabilités… Toutefois le constat est là, implacable : la France n’a rien pu faire, incapable d’anticiper le danger et surtout l’ampleur des dégâts.

Les mots choisis par le diable, puisque c’est ainsi que nous le surnommons à la FFL, sont durs :

Je n’ai pas peur de faire moins bien que la première fois. Si je pensais au passé, je ne serais pas là. J’écoute juste mon coeur, j’ai envie de revenir et c’est l’envie qui m’anime, rien d’autre. Je suis resté à Madrid ces neuf derniers mois, je suis prêt à reprendre. Je garde les mêmes adjoints.

Même ce petit espoir-là, Zizou nous l’enlève avec dédain. Et puis, le coup de grâce : “Je vais essayer de relever le défi, car j’en ai envie.” Avec un ultime “On va travailler pour faire les choses bien”, au cas où on n’avait pas compris… On est mal, patron.

Dans tout malheur, aussi grand soit-il, il faut parvenir à trouver des choses positives. Il n’y en a qu’une : aucun club français ne sera champion d’Europe. Et puisqu’il faut bien se raccrocher à une branche, désolé El Diablo, mais nous nous voyons obligés de revenir 13 ans en arrière (12 ans et huit mois, très exactement). Vade retro Satanas, nous exorcisons cette culture infâme de la gagne en te replongeant dans tes propres péchés. Oui, on sait très bien que Zinedine Zidane ne regardera pas cette vidéo. Quand bien même il le ferait, la FFLose ne peut rien face aux dieux. Elle n’accepte que les êtres (très) humains.

 

Le retour du diable