Tournoi des VI Nations | Ecosse France | La FFL met le poing sur les i


Notre cri du cœur a été entendu. Après avoir été dans la déprime à se goinfrer de Ben & Jerry devant Netflix, notre ex a finalement répondu à notre message. Et, pour nous reconquérir, le XV de France a mis les petits plats dans les grands. Retour sur le match de la reconquête. Pas celle du ballon hein, celle de la FFL.

Le problème de la drague, c’est qu’on s’y prend souvent mal quand on souhaite atteindre son but. Et très clairement, lorsque, en avant-match, on nous annonce la blessure de Camille Chat à l’échauffement, nous sommes circonspects. C’est exactement ce que nous détestons. Nous apprécions la défaite, oui, mais nous avons tout de même des valeurs, principalement celle de ne pas s’amuser des blessures (sauf quand elles sont loufoques, par exemple « les bagarres avec des tables de chevet »). Nous voulons de la lose pure, celle qui se joue sur des boulettes et des erreurs d’attention. Et c’est tout de même celle-là qu’ils nous offriront.

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Le début de match parfait

Tout commence par une pénalité pour les Français sur un ruck au sol (et oui les mauvaises langues sur l’arbitrage, il y en a eu). NTamack, Monsieur 100 %, s’élance, et le vent pousse généreusement le ballon à droite des poteaux. Éole est avec nous. La météo tout court d’ailleurs – sur le renvoi, Fickou sera cette fois aveuglé par le soleil et loupera sa prise de balle. Clairement, l’odeur de la lose commence à planer avec l’accumulation de petits éléments.

Et à peine 1 minute plus tard, François Cros retourne Gilchrist et, après délibération, l’arbitre sort le jaune uniquement, car le geste est involontaire. Ça aurait très bien pu être rouge, mais, vous le savez bien, il sera pour plus tard. Et encore juste après, sur une chandelle écossaise anonyme, le ballon glisse des mains de Romain NTamack, qui tente de se rattraper, et prend le coude de Johnson — venu au duel — dans la tempe. Protocole commotion (Et même sortie définitive). L’occasion ainsi de voir Matthieu Jalibert, dans un superbe style peroxydé hommage à Thomas Castaignède. En 6 minutes de jeu, la France a montré qu’elle était à nouveau capable de tout faire à l’envers.

La suite ? Une Écosse qui contrôle les Français, va chercher les pénalités et mène 6-0. La France n’est pas du tout dans son match, galère à enchainer les temps de jeu, et se fait bouffer à la mêlée. Même Antoine Dupont — pourtant impérial sur ce tournoi — rate à peu près tout ce qu’il tente. À peu près. Il fait partie de ces joueurs qui peuvent quasiment tout louper dans un match sauf une action de génie. Et c’est exactement ce qu’il se passera sur cette ouverture lumineuse au pied pour les bras de Damien Penaud. Essai français, mais célébration Fortnite. 7-6.

Le coup de poing salvateur

C’est donc le moment où il faut se remettre en question. La FFL a décidé, revenons aux fondamentaux. Ce qui a marché à la coupe du monde doit aussi fonctionner aux VI Nations non ? Juste on change le membre fautif et c’est parti. Petite générale des familles, et l’arbitrage vidéo commence à prendre du temps. Matthieu Lartot tente bien de dire qu’il ne se passe rien, que l’arbitrage vidéo prend trop de temps sur une action anodine, on sent bien que quelque chose se passe.

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Et après un « Il n’y a rien du tout », on découvre Mohammed Haouas coller une énorme droite à Jamie Ritchie. Les complaintes ne feront rien, rouge logique. Très beau geste technique par ailleurs du réalisateur écossais qui évite un ou deux jaunes écossais. Fabien Galtier lui, envoie un regard au pilier français qu’on n’aimerait pas subir.

Juste derrière, pénalité écossaise qui fait repasser le XV du Chardon devant. Et, juste derrière, sur le gong de la fin de la première mi-temps, les Écossais s’amusent avec la défense désorganisée des tricolores pour planter un essai en bout de ligne de Maitland. 14-7 à la mi-temps. Le Grand Chelem s’éloigne.

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La seconde mi-temps de la confirmation

Un doute subsiste tout de même. Les Français étant habitués à une première mi-temps flamboyante et une seconde décevante, comment vont-ils faire une fois que ce scénario change ? Nos craintes seront très vite levées, bien heureusement. Première offensive bleue, qui sera stoppée sur les 5 m écossais sur un bon grattage des héritiers de William Wallace. Et derrière, après des échanges aux pieds gagnés par les Écossais, Hogg et Price transpercent sans trop de difficultés la ligne bleue. Dans la continuité, Maitland va aplatir son essai pour un doublé.

Les Français réussissent parfois à reprendre le contrôle du jeu, mais seront toujours coupés d’une faute ou d’une maladresse qui rendent stériles leurs attaques. Et à la 64e, ils vont nous offrir quelque chose qui nous avait beaucoup manqué : l’essai casquette.

Alors qu’une Marseillaise commence à descendre des tribunes, Vakatawa commet un en avant, perd le ballon, et les Écossais vont trouver une touche vers les 22 Français. Touche récupérée cependant par les Français. Sauf que. Antoine Dupont est trompé par le rebond, et McInally, qui venait de lancer la touche, voit l’offrande arriver sur lui. Essai écossais qui finit d’achever les espoirs français.


Alors oui, il y aura un dernier essai français pour finir à 28-17, mais la prestation globale est totalement positive pour la FFL. Maladresse, mangés à l’impact, une mêlée défaillante et une discipline absente. La prestation globale est sensationnelle.


Si ce XV de France avait prouvé qu’il avait le potentiel de faire de grandes choses, il vient de prouver qu’il était aussi capable de les faire pour la FFL. On ne va pas bouder notre plaisir.