Roland Garros | Gaston : la FFL ne répond plus.


Gaston Wawrinka Roland Garros 2020

Si vous nous aviez dit en début de Roland Garros que nos plans allaient être contrariés par un jeune Toulousain classé hors du top 200, nous aurions ri. Seule ombre au bilan tricolore masculin (il a passé plus d’un tour), le petit homme né en 2000 nous a mis le râteau du siècle sur le Lenglen. Retour sur une trahison aussi improbable qu’impardonnable. 

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« Essayer de m’amuser sur le court. » Voici les propos d’Hugo Gaston avant son troisième tour contre Stan Wawrinka. Généralement, un tennisman sort ce genre de déclarations d’avant-match quand il sait qu’il va se faire broyer. Comme les fameux « tout donner et me faire plaisir » de Richard avant d’affronter Nadal, par exemple. Sauf que pour Gaston, se faire plaisir ne signifiait pas forcément manger trois sets secs.

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Une premier set tranquille

Le match commence comme on pouvait l’espérer. Même si Gaston n’est pas aussi à l’aise à la faute directe que certains de ses compatriotes, le Toulousain montre vite à Wawrinka que les 223 places qui les séparent au classement ne sont pas juste comptables. L’écart se creuse rapidement. Le Suisse allume, Gaston répond par quelques amortis dont on sent déjà qu’il va abuser. Wawrinka lit bien et empile deux breaks pour autant de jeux inscrits par Gaston dans le set. Allez.

Deuxième set : Gaston répond au bison

Petite taille, physique très jeune, aucune expérience, le tout en face d’un triple vainqueur de Grand Chelem. On pense que l’affaire sera vite pliée dans le deuxième set, mais non. Gaston va faire fi des nombreuses raisons qui devraient l’encourager à exercer le rôle du paillasson de Monsieur Wawrinka et break le Suisse sans attendre. Avec un jeu qui ferait penser à un hybride entre Santoro et Simon, Gaston se met à élever ses balles, tente des variations et embête le Suisse. C’est pas folichon à voir, mais ça fonctionne. Sous la bruine, le deuxième set se termine par un nouveau break du Français. Une douche froide pour la FFL.

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Troisième set : la pluie puis la douche

C’est alors un autre match qui commence. À la FFL, les sourires décontractés du premier set laissent place à un resserrage de fesses en règle. Gaston continue sur sa lancée du deuxième set et fait jeu égal avec le vainqueur de l’édition 2015, dont les revers missiles ressemblent plus à des pétards mouillés par la pluie. Cette pluie nous permettra d’ailleurs de respirer en stoppant le match à 2-2. C’était le moment.

Sauf qu’à la reprise, ça ne sera pas mieux. Même pire. Gaston continue à serrer le jeu sans forcer ni attaquer à outrance, mais oblige le Suisse de 35 ans à courir, ce qui ne semble pas lui plaire plus que ça. Ils sont loin les Stanpairo. Dépourvu de son revers à une main qui fait habituellement office d’arme de destruction massive de tennisman français à Roland Garros (Simon et Tsonga en 2015, Chardy en 2016, Monfils en 2017), Wawrinka subit la loi de Gaston et commet les fautes. Le petit Toulousain voit la vie en rose. Chez la FFL, on commence sérieusement à suer.

Quatrième set : la bascule

Au début de quatrième, on frôle la catastrophe. Gaston se procure une balle de break d’entrée contre Wawrinka. Le Suisse est tellement sous l’eau qu’il est obligé de lâcher des gros « COME OOON » sur chaque point gagné. Les mêmes que contre Djokovic en finale lors de l’édition 2015, sauf que là, c’est Gaston en face. Presque miraculeusement, le Vaudois conserve son service.

La loi de l’occasion manquée n’attend pas et Gaston perd son service droit derrière. Wawrinka reprend les commandes d’un match qu’il subit depuis longtemps. La FFL n’est pas encore totalement rassurée. Et pour cause, notre Français contre-break dans la foulée.

Wawrinka re-rebreak et mène finalement 4-2. On se détend. Gaston re-contre-break (on ne sait même plus quel terme utiliser à ce stade). 4-3, 4-4. On se retend.

Au final, le voisin de l’est retrouvera son revers au meilleur moment à 5-4 service Gaston. Notre Français, clairement indigne d’un Top 250, remet tout mais doit finalement laisser passer une mine en diagonale revers. Le match revient à 2-2.

Cinquième set : Gaston, qui es-tu?

Le dernier set reprend sur les mêmes bases que le précédant. Gaston se procure d’entrée des balles de break. Sauf que cette fois, la diagonale revers du Suisse sort. Toulouse fait le break.

Tranquillement posé en fond de court, Hugo bosse et fait le nécessaire pour obliger le Suisse à forcer son tennis. Le Français impose un rythme impossible à suivre. Ça commence à sentir mauvais pour la FFL. Gaston fait le match de sa vie et n’en a décidément que faire de ses origines toulousaines ; il est là pour gagner.

On assistera impuissant à la fin du set de Gaston, qui roulera sur son adversaire jusqu’au gain du match. 6-0. Pire, le « popopopopopopopololooo olééé » fait même son retour. Le calice jusqu’à la lie pour la FFL.

On avait pourtant tout prévu, pourtant si bien travaillé. Monfils, Gasquet, Simon, tous sortis au premier tour. Mais on avait oublié Gaston. Erreur de débutants de la part de la FFL qui se paye cash. Dominic Thiem, si tu nous lis, notre sort est entre tes mains à présent.