Pro D2 – Vannes | Le Mont Agen, plus haut sommet de la lose ovale.


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Vannes, Agen. Agen, Vannes. Mettez-les dans l’ordre que vous voulez, vous obtiendrez deux monstres de l’ovalie française. La raison ? Un système immunitaire infaillible face au danger de victoire. Des anticorps de défaite à foison. Et, surtout, un certain goût du panache pour les loses improbables. Tous ces ingrédients faisaient de ce choc de Pro D2 un rendez-vous immanquable de ce week-end de sport.

Le Rugby Club Vannes, pas du genre à blaguer

Si les Vannetais ont dominé de la tête et des épaules la Pro D2 l’an passé, leur finish s’est montré à la hauteur de nos espérances. Les Bretons ont monopolisé sans aucun partage la première place du classement. Une performance qui ne les a pas empêchés de connaître trois revers lors des trois derniers matchs de la saison régulière. Car ils étaient déjà assurés de disputer les play-offs de montée en Top 14 vous me direz ? Tout faux.

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Opposé à Biarritz en demi-finale, les Vannetais font le job. À l’approche de l’heure de jeu, les voici qui mènent 27-15. Qui plus est à domicile, dans l’imprenable Stade de la Rabine et ses 9500 acharnés. Tandis que la sirène retentit, et que le RCV domine son adversaire 33-27, les Biarrots parviennent à se faufiler dans la défense bretonne et aplatissent un dernier essai libérateur (33-34). À la 83e minute. Le rêve d’accession en Top 14 vole en éclat pour le RCV. Et sonne le début de la fin pour le club.

La nouvelle saison en Pro D2 commence de la meilleure des manières. Trois défaites lors des trois premiers matchs de la saison. Le déplacement à Mont-de-Marsan apparaît très vite comme un rendez-vous déterminant pour le reste de la saison. Et les Vannetais vont très bien le saisir : une branlée 46-5. Six essais à un. Les deux déconvenues qui suivent portent le total à dix défaites consécutives, soit six mois jour pour jour depuis leur dernière victoire. Le sens du détail.

Le SUA, à jeun de victoire

La situation du SUA est toute autre. L’an passé, le Sporting Union Agen Lot-et-Garonne a tué le game en Top 14. Un sans-faute historique dans la plus haute division du rugby français ; 26 rencontres, 26 défaites. Si des millions de dollars sont lâchés par les laboratoires pour obtenir des vaccins efficaces à 99%, le SUA a lui trouvé la recette pour être sûr à 100%. Zéro marge d’erreur. Une absence de succès qui lui permet de signer une prouesse pour l’éternité. Et le tout ponctué de scores vertigineux : 71-5, 63-18, 57-3 et le double 59-0 face au Stade Toulousain et La Rochelle. Assortis, qui plus est, du record du plus petit nombre de points inscrits en une saison (2). Indétrônable.

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C’est tout logiquement que les Agenais ont tenté de redresser la barre lors de ce nouvel exercice de Pro D2. Mais le début de saison surfe sur la même lancée que l’année dernière : quatre défaites inaugurales. Alors, comme les Vannetais un peu plus tôt, les joueurs du SUA ciblent la confrontation face à Mont-de-Marsan pour se relancer. Et pour le même sort : 43-8. Six essais à un. Le mimétisme est perturbant.

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À la suite de cette promenade de santé, les dirigeants agenais décident de recruter Christophe Deylaud en tant que consultant technique le 28 septembre dernier. Avec pour mission de redresser la situation.

« Christophe Deylaud vient pour aider, accompagner. Il peut très bien collaborer avec Régis Sonnes » J-F. Fonteneau (Président du SUA)

Le premier match post-Deylaud a lieu au Stade Armandie le week-end dernier, avec la réception de Narbonne. Ce sera également son dernier. Tandis que le SUA mène 15-10 à quatre minutes du terme, et entrevoit une première victoire depuis plus d’un an, les Narbonnais plantent un essai qui crucifie les Bleu et Blanc. Et la sentence ne se fait pas attendre ; Christophe Deylaud claque la porte et les dirigeants décident de renvoyer Régis Sonnes. Seulement deux semaines après la venue du premier pour « sauver » le club. Lol. Sacré pompier de service.


Mais ce n’est pas tout. Afin de créer une atmosphère sereine pour le déplacement à Vannes, la direction du SUA a choisi d’organiser tous les entraînements de la semaine à huis clos. Et de ne plus communiquer jusqu’au match. Il n’y a pas à dire, il n’y a pas que sur le terrain que les Agenais ont des idées de génie.

Le résumé du match récital Vannes – Agen

Alors que les Agenais se rendaient en Bretagne sans véritable entraîneur, les visiteurs affichent clairement leurs intentions dès la cinquième minute de jeu ; l’ailier néo-zélandais Ambrose Curtis permet aux locaux de prendre l’avantage. Suivi un quart d’heure plus tard par son coéquipier et deuxième ligne Myles Edwards. À la pause, Vannes mène 12-0. On se demande alors qui pourra bien stopper la série agenaise.


Et ce n’est pas le second acte qui va rassurer les fans du SUA. Avant l’heure de jeu, l’ancien clermontois Nick Abendanon inscrit le troisième essai de la partie. Et corse la marque : 22-3. Les pruneaux sont cuits. Mais la boucherie n’est pas encore terminée. Barry, puis O’Shea, et enfin Valleau y vont de leur petit essai. Sans oublier le doublé de ce diable d’Abendanon. 46-3. Sept essais à rien.


L’exploit agenais est majuscule, le succès vannetais minuscule. Le SUA signe sa 34e défaite consécutive en championnat. Plus aucun succès à se mettre sous la dent depuis le 20 février 2020. 603 jours de bonheur intense.

Prochain objectif : atteindre les 1000.