Panthéon de la Lose | Chelsea – PSG, le premier chef-d’œuvre de QSI


Salvatore Sirigu / But Demba Ba - 08.04.2014 - Chelsea / Paris Saint Germain - 1/4Finale Retour Champions League -Londres

À l’occasion de la sortie de son affiche du Panthéon de la Lose, la FFL te propose de revivre les plus grandes désillusions du football français en Europe ou même dans le Monde.

Nous t’emmenons aujourd’hui sept ans en arrière, pour revivre la genèse du mythe parisien depuis l’ère QSI. Quart de finale de Ligue des Champions 2014. Le premier naufrage estampillé PSG dans les fins fonds de la Tamise. Avec une pincée de José, un peu de Mourinho, et beaucoup de Mou.

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Incident diplomatique entre l’Argentine et la FFL

La double confrontation a pourtant débuté de la pire des manières au Parc des Princes. Même pas trois minutes de jouées, et Lavezzi trouve déjà la barre rentrante sur une reprise de volée en déséquilibre. Du gauche. Sans jeter un œil aux cages. Mais comme souvent quand cela part trop bien, le PSG se jette les deux pieds dans la sauce. Et ça tombe bien, car c’est totalement le geste tenté par Thiago Silva dans sa surface de réparation. Deux pieds décollés mordant génialement à la feinte d’Oscar. Encore allongé par terre, le capitaine Parisien lève les deux bras en l’air du style « ji pas touchew ». Mais même lui n’y croit pas. Hasard de la situation, Eden prend à contre-pied Sirigu. 1-1.

Mais à l’heure de jeu, l’infernal Pocho Lavezzi en remet une couche. Sur un coup-franc excentré côté gauche, façon Juninho contre le Barça en 2009, l’Argentin trouve David Luiz pour le 2-1. Au seul détail près que ce dernier évolue encore à Chelsea cette année-là. Un csc qui convainc les dirigeants du PSG de le signer dès l’été suivant.

Alors que Zlatan nous gratifie d’un magnifique cloche-pied avant de s’écrouler au niveau du rond central, foudroyé par un claquage, Pastore nous rappelle combien les Argentins peuvent se montrer bruyants et dérangeants lors d’une soirée calme entre amis. On joue la 93e minute, quand El Flaco s’amuse à faire le tour d’Azpilicueta au coin de corner, double contact sur Lampard et frappe au premier poteau. Sous le gant Kipsta de Cech. La malédiction du dernier carré serait-elle en sursis ?

La conf de presse, le gazon de Mourinho

À l’issue du match aller, Laurent Blanc annonce la couleur : Paris viendra à Londres pour jouer et pour marquer. Et comment ne pas boire ses paroles ? Le PSG a inscrit 14 buts sur ses quatre déplacements en Ligue des Champions lors de cette campagne. Et comme d’hab, on commence à y croire outrageusement côté parisien.

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« Ce serait quelque chose d’exceptionnel. Tout le peuple français attend cela » B. Matuidi

Mouais, pas tous non plus Blaise. Et face à cette confiance plus que débordante, on ne se lasse pas des missiles du Special One.

« Cela serait une grosse désillusion pour le PSG de se faire éliminer après son résultat à l’aller alors que tout le monde s’attend à notre élimination. C’est pour cela que nous aimons être dans cette situation. Je pense que nous allons l’emporter » J. Mourinho

Devin, prophète, medium… Choisissez.

Le résumé du match Chelsea – PSG

Comme à l’aller, le début de rencontre est catastrophique à Stamford Bridge. À peine un quart d’heure de joué, et Hazard s’étale déjà du shampooing Dop sur ses cheveux. Match terminé pour lui, remplacé par Schürrle. Mais le vieil André n’a rien en commun avec son compatriote Rudolf Diesel. Pas de retard à l’allumage pour Schürrle qui, dès la 32e minute de jeu, retourne le cerveau des Parisiens. Sur une touche de 15 mètres d’Ivanovic, David Luiz réalise une improbable passe du dos qui se termine dans les pieds de Schürrle. La suite est froide. Contre-pied Sirigu. On pourrait penser que la moitié du chemin est accomplie, mais face au mental du PSG, un pied et quatre orteils londoniens sont déjà en demi-finale.

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Après le discours à la mi-temps de Laurent Blanc, les Parisiens rentrent enfin dans leur match. Pour preuve, deux barres transversales trouvées par Schürrle et Oscar en l’espace de trois minutes. Les changements tactiques portent leurs fruits. Comme l’en atteste cette fameuse 57e minute, où pour la première fois de la partie, un joueur Parisien pénètre dans la surface de Chelsea. C’est tout juste si on ne se lève pas sur le banc du PSG. On croirait à un touchdown.

Puis intervient le dernier quart d’heure. Si les Argentins ont prouvé à l’aller qu’on ne pouvait pas compter sur eux, leurs voisins uruguayens sont eux de vrais frères. Lancé en profondeur par Matuidi, Cavani s’amène le ballon et envoie une merveille de praline au-dessus des buts de Cech. Première balle de match ratée, tel un Mousquetaire. Et la seconde arrive cinq minutes plus tard. Sur un service chirurgical de Cabaye, El Matador s’amène une nouvelle fois le ballon, et envoie un nouveau cachou dans le virage anglais. Les vendanges du mois d’avril, un concept made in PSG.

Demba Ba, énième Titi à martyriser sa terre natale

On joue la 87e minute. Azpilicueta tente une frappe à l’entrée de la surface. Le ballon passe entre cinq joueurs parisiens. Maxwell et Demba Ba sont à la réception, mais le Sénégalais se jette tel un charognard sur le ballon. Son premier touché dans la surface depuis son entrée en jeu. Mourinho ne peut s’empêcher de faire admirer sa pointe de vitesse, atteignant les 12 km/h dans sa phase maximale. Laurent Blanc lui préfère sucer sa sucette en silence. Deux bancs, deux ambiances.


« Permettez-moi, au nom du groupe et de tout le staff technique, d’être vraiment déçu » L. Blanc

Permission accordée, Lolo. Toutefois, seul Blaise Matuidi parvient à livrer une analyse pleine de sens à la fin du match.

« Nous pouvons être fiers de ce que nous avons réussi » B. Matuidi

Ça on ne te le fait pas dire. Mais la réaction divine de la soirée vient, pour changer, de ce bon vieux José.

« Nous avons mérité de nous qualifier parce que l’équipe qui a joué de manière défensive a été punie » J. Mourinho

Venant du Special One c’est carrément du foutage de gueule. C’est pourquoi on apprécie d’autant plus. Mais le PSG décide s’en aller tel un prince de cette élimination. Et c’est tout à leur honneur. On imagine quand même facilement les larmes du CM à travers sa blague.

 

L’année suivante, les deux clubs se retrouveront en huitièmes de finale, et Thiago Silva décidera de lober le double mètre de Thibaut Courtois. Mais cette histoire n’est pas la nôtre.