Formule 1 2003 | Panis à Indianapolis, « It’s Showtime ! »


Lorsqu’on évoque le Grand-Prix des États-Unis, on pense directement à l’édition 2005. En même temps, une si belle lose du manufacturier français Michelin ne pouvait passer à la trappe. En effet, seules les monoplaces équipées des pneus Bridgestone avaient pu débuter la course. Soit six voitures. Le génie à la française. Mais il ne s’agit pas du seul grand-prix américain ayant souri à notre sport tricolore. L’édition 2003 de ce même tracé a réservé son lot de surprises. Avec un Olivier Panis au sommet de son art. Rétrospective sur cette course épique.

Une saison 2003 débutée en boulet de canon par Panis

La saison 2003 n’est pas reconnue pour sa grande inventivité. Parfait remake de l’exercice 2002, qui voit Michael Schumacher être sacré champion du monde au volant de sa Ferrari. Et Olivier Panis faire des premières moitiés de saison totalement blanche. Tout comme en 2002, le pilote français doit attendre l’été pour inscrire ses premiers points. Mais il parvient tout de même à doubler ses unités par rapport à la saison passée : il passe de trois à six points. Work in progress.

Publicité

Panis débarque aux États-Unis le moral au beau fixe. Il reste sur deux abandons rageants. Un problème de boîte de vitesses en Hongrie, et de freins en Italie. Qui n’est autre que le Temple de la vitesse, il fallait oser.

Le Grand-Prix des États-Unis constitue la quinzième manche du championnat du monde. Si l’édition précédente a vu Panis terminer à une brillante douzième place, à seulement un tour du leader, ce n’est rien comparé à ce qui l’attend en 2003. Le pilote grenoblois n’a sans doute toujours pas compris aujourd’hui ce qui lui est arrivé. Et nous allons essayer de le lui expliquer…

Un week-end parfait, jusqu’au 2e tour de course

27 Septembre. Jour des qualifications. Au terme d’une séance magnifiquement menée, Olivier Panis arrive à décrocher une troisième place inattendue, devant les Williams de Juan Pablo Montoya et Ralf Schumacher qui plus est. Et à seulement deux petits dixièmes de la pôle position. Le coup porté à notre fédé aurait été fatal. Le pilote français offre ainsi à Toyota le meilleur résultat en qualifications de son histoire en Formule 1.

Publicité

28 septembre. 20h heure française. 13 heures à Indianapolis. Le départ va être donné. Les 150 000 spectateurs présents dans les gradins se disent que, malgré son écart de conduite commis la veille, Olivier va très vite retrouver ses propres standards. Mais le français n’en fait décidément qu’à sa tête.

Dès l’extinction des feux, Panis prend un excellent envol. Du moins c’est ce qu’il croit. Il bénéficie seulement du craquage de Barrichello qui se foire. Le brésilien passe de la seconde à la 5e place en une seule ligne droite. Obrigado Rubens.

Panis remet l’église au milieu d’Indianapolis

Les téléspectateurs français peinent à y croire. Leur pilote favori (c’est le seul français en même temps) caracole à une indécente seconde place. Mais pas le temps pour eux de comprendre ce qui leur arrive, que la donne change très rapidement. Les quatre kilomètres du tracé américain finissent – enfin – par donner le tournis à Panis.

Dans le même genre de Lose :   Formule 1 1996 | Jean Alesi à Monza, une lose al dente

Dès le 3e tour, Ralf Schumacher avale la Toyota au premier virage. Le premier d’une longue série. Au tour suivant, son frère Michael prend le meilleur sur Panis au même virage. Il n’y a pas à dire, Olivier a trouvé un supplément d’âme dans ce virage.

Arrive alors le 6e tour. Ce dixième de seconde où l’ingénieur de course doit prendre une décision. Il se sait regarder par toute son équipe. Mais ça ne l’empêche pas de se vautrer totalement. En effet quelques gouttes de pluie font leur apparition sur la piste. Ce qui provoque un affolement chez Toyota. On décide d’appeler Panis aux stands pour un arrêt. Le premier d’une longue série également. Les mécaniciens montent des pneus pluie sur la Toyota. Ils ne le savent pas encore, mais ils viennent de ruiner la course du français.

Une fin de course en roue libre

En effet, au plus grand désarroi de l’ingénieur, la pluie ne vient pas. Dès le 12e tour, soit seulement six boucles plus tard, Olivier doit à nouveau repasser par les stands pour chausser des pneus slicks. Il ressort 15e. Et peut dire adieu à ses espoirs de podium. Mais le sort se veut encore plus cruel avec Panis. Comme prédit par son ingénieur, une grosse averse s’abat finalement sur le circuit au 20e tour. Frustrant. Le français est donc obligé d’effectuer un troisième arrêt aux stands afin de passer ces foutus pneus pluie. Magistral.

Le voici à nouveau quinzième, place qu’il ne quitte plus décidément. Mais la galère est loin d’être terminée. La piste sèche à une vitesse folle (contrairement au rythme de Panis en piste), ce qui oblige le grenoblois à revenir saluer ses mécaniciens pour la quatrième fois. Seulement trois tours après. Des pneus intermédiaires cette fois-ci. Les derniers qu’il portera. Car dès le tour suivant : patatras. Une forte pluie inonde la piste. Littéralement sur des œufs, Panis résiste durant six tours avec ses pneus (belle performance) avant de sortir de piste. Et part en tête-à-queue. Jette son volant des nerfs. La routine quoi.

Niveau comptable, la lose est encore pire. Tandis que son coéquipier Cristiano da Matta finit 9e à la porte des points, les deux Sauber de Frentzen et Heidfeld terminent 3e et 5e. Ce qui leur permet de récupérer la 5e position au championnat des constructeurs. Alors que Toyota s’était fixé cette place comme objectif en début de saison. Un Grand-Prix des États-Unis délicieux de bout en bout.