Ode au Paris Saint-Germain


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Le football français nous offre au fil des années d’innombrables histoires à faire jalouser tous les presqu’palmarès de la planète. Entre déculottées totales et déliquescence impromptues, la concurrence semblait rude entre nos clubs.

Mais depuis 2017 (et même un peu avant), le PSG a instauré une tradition improbable, réussir à imploser comme personne ne l’avait jamais fait auparavant, défiant ainsi les statistiques dans des scénarios que l’on aurait jugé irréaliste au cinéma. Une tradition qui fait du Paris Saint-Germain l’incontournable place forte de la FFL en coupe d’Europe, malgré les innombrables efforts de ses concurrents.

Jusqu’ici, le club de la capitale possédait tout de même dans ses bagages un palmarès à faire frémir les babines de la FFL : Du 6-1 originel à la (première) climatisation d’Haifa, en passant par la (première) remontada à La Corogne, on pensait avoir même fait le tour de la question du côté du Parc des Princes. Une époque bénie où le PSG passait le nez de temps en temps en coupe d’Euro

Mais depuis maintenant 5 ans, ce que l’on pensait être un accident industriel est passé au rang de tradition, voire même de routine. Et dans cette routine, que nous avons pu schématiser, le club de la capitale a su déployer toutes ses compétences de créativité pour se renouveler dans un divertissement ultime.

Mais depuis le rachat parisien par QSI, le club a changé de statut. Dans tous les domaines existants, principalement celui de la lose. Je me rappelle avec tendresse du tibia de Demba Ba, où un pote m’a dit juste après “c’est ma pire clim de supporter parisien, je ne connaîtrai jamais pire”.

S’il avait su, le naïf.

Car c’est dans une créativité picassienne que le PSG va devenir au fil des ans un fer de lance de notre si belle fédération.  La lose et le PSG, c’est un peu la carrière de Nas dans le hip-hop. Quand il a sorti Illmatic, nous savions tous qu’aucun de ses futurs albums n’atteindrait le niveau accompli dans son oeuvre originelle. Pour le PSG, après la remontada, c’était un peu la même chose. Cette impression d’avoir gravi un Everest dont nous ne reverrons jamais à nouveau une cime aussi haute. Mais ce que nous oublions à ce moment donné, c’est qu’il existe 14 sommets de plus de 8000 mètres sur Terre.

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Pour les supporters du PSG, offrir son cœur à son club, c’est subir une torture encore plus originale et variée que celle de Ramsay Bolton sur Theon Greyjoy. Chaque année, le pauvre fan pense être sorti de sa torpeur, découvrir enfin l’aube de l’espoir, se prendre à rêver. Et tel Sisyphe, voir son moral rechuter à nouveau, encore et encore. Voué à une déception éternelle et un recommencement dans la souffrance, entrecoupée d’espoirs cruels.

Chaque jour du mois de mars devient, année après année, une date anniversaire d’une œuvre d’art de liquéfaction collective. Chaque année qui passe nous offre un scénario nouveau, alors que nous avons dû contempler des milliers de matchs de football. Cette recherche de l’exception, de la lose inconnue, de la terre immaculée est une quête des plus nobles. “A 5 loses j’voulais juste en avoir 6”.

Alors merci à toi, ô ville lumière, pour cette créativité qui rempli notre jauge de lose chaque début de printemps. Merci à tes supporters, pour nous offrir annuellement un rafraichissement bienvenu dans nos locaux. Merci à tes différents coachs, passés au purgatoire pour ensuite aller conquérir le Graal. Et surtout, merci à ceux qui se noient dans nos articles pour oublier leurs peines.

Car aucun club Français n’aura jamais autant symbolisé notre maxime favorite :

Il n’y a rien de pire que l’espoir

Et comme nous l’a soufflé un licencié désabusé hier : ça pourrait être pire, je pourrais être supporter de Nancy.

 

 

Antoine