Barça – PSG 2017 : La remontada du siècle


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À l’occasion de la sortie de son affiche du Panthéon de la Lose, la FFL te propose de revivre les plus grandes désillusions du football français en Europe ou même dans le Monde.

Rares sont les moments de sport qui ont bouleversé à ce point tout un pays. Le 8 mars 2017, outre la débâcle vécue par le Paris Saint-Germain au Nou Camp, un nouveau mot est apparu dans le Larousse : remontada.

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Remontée de score inattendue permettant à l’équipe qui perd d’emporter la victoire dans un match de football, alors qu’il y avait un grand écart de points entre les deux équipes. Ce sont par ces termes que le Larousse a décidé en 2021 d’immortaliser noir sur blanc le scénario de fou furieux proposé par les Parisiens lors des huitièmes de finale de la Ligue des Champions 2017.

Un match aller si prometteur…

En effet pour donner naissance à une remontada, il faut pour cela transmettre un espoir immense. Et ce dernier se matérialise par un match aller d’anthologie au Parc des Princes, malheureusement oublié par l’Histoire. Dès le premier quart d’heure de jeu, Di Maria ouvre le score sur coup-franc avant que Draxler ne fusille son compatriote Ter Stegen juste avant la mi-temps. 2-0 à la pause, on manque déjà d’oxygène.

Si on pense naïvement que la déferlante parisienne va connaître une accalmie, et laisser place à un rayon de soleil catalan, on s’aperçoit très vite que notre prédiction est aussi pertinente que celle des Mayas qui prédisait la fin du monde le 21 décembre 2012. Angel Di Maria enroule son ballon dans la lucarne opposée et nous rappelle à quel point nos dons de voyance sont limités. Puis pour boucler la boucle, Cavani prend le dessus sur Piqué – pléonasme – et porte le score à 4-0. Alors qu’on pensait voir la vie en rose en ce soir de 14 février, c’est raté. Le PSG vient de signer la plus grosse démonstration de son histoire. SOS, la FFL ne répond plus.

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Après ce match aller odieusement remporté, le Paris Saint-Germain a exactement 100% de chance de se qualifier en quart de finale. Depuis 1956, jamais une équipe n’a été éliminée en Coupe d’Europe après avoir gagné 4-0 à domicile à l’aller.

Mais ça, c’était avant que le PSG ne vienne se mêler aux affaires.

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Le résumé de la remontada Barça – PSG

Si la patte de Unai Emery est incontestable sur cette première rencontre, elle le sera d’autant plus au retour à Barcelone. Car les Parisiens ont peut-être vite oublié que les Catalans étaient sur une série de 14 victoires consécutives au Nou Camp en Ligue des Champions, avec qui plus est des scores fleuves en matchs de poules : 7-0 contre le Celtic, 4-0 face à Manchester City et le Borussia Mönchengladbach. Mais avant de se prendre quatre pions, les joueurs de la capitale auront le temps de voir venir qu’ils disaient.

Le plan est des plus simples ; il faut encaisser le premier but le plus tard possible pour éviter de redonner espoir aux Catalans. Les Parisiens vont faire tout l’inverse. A peine 2 minutes 30 de jouées, Luis Suarez surgit à la suite d’un cafouillage de Marquinhos dans la surface et place sa tête juste devant les poings d’un Kévin Trapp pas encore sorti de sa sieste. L’histoire est en marche. Les Blaugranas se font surprendre juste derrière par un centre anodin de Draxler. L’Allemand est contré par la main de Mascherano dans la surface, mais le 12e homme catalan Deniz Aytekin refuse de siffler le point de pénalty. Avec le Nou Camp, le Barça évolue à 13 contre 11.

L’euphorie espagnole redescend au fil des minutes. Rien à se mettre sous la dent avant que la charnière centrale brésilienne rallume une lueur d’espoir. Après Marqui, c’est Thiago qui se fait subtiliser le ballon dans la surface de réparation par Iniesta. Le capitaine du Barça talonne à l’aveugle, Kurzawa essaye de dégager le ballon mais dévisse complet et l’envoie dans ses propres cages. Deux buts complètement WTF qui font sortir le premier “oh noooon” de la bouche de Paul Le Guen.

Guy et Le Guen, deux prophètes incompris

Après avoir foiré sa fin de première mi-temps, les Parisiens font littéralement n’importe quoi en début de seconde et concèdent illico un pénalty. Messi ne tremble pas, 3-0. Le discours de Emery à la mi-temps a clairement porté ses fruits. Alors que l’espoir commence à briller dans la pupille des socios catalans, Edinson Cavani choisit ce moment pour climatiser le Nou Camp. Une demi-volée propulsée sous la barre transversale, les Barcelonais doivent désormais marquer à trois reprises pour se qualifier. De quoi rendre les commentateurs Stéphane Guy et Paul Le Guen quelque peu confiants.

“Paris c’est pas Gijon, c’est pas Valladolid” S. Guy

Le PSG a même l’opportunité de doubler la mise, mais Di Maria ne sert pas Cavani pourtant seul au point de pénalty. Une frustration d’autant plus grande côté parisien que Mascherano aurait dû une nouvelle fois être sanctionné par l’arbitre à la suite d’un croc-en-jambe judicieux en tant que dernier défenseur. Mais l’homme au sifflet souffre visiblement d’un point de côté et manque d’air pour souffler dedans.

On joue la 87e minute et le score est toujours de 3-1. Mais en l’espace de 7 minutes, la planète football va connaître le retournement de situation le plus incroyable de son existence. Le grand artisan ? Ni plus ni moins que Neymar. Un coup-franc dans la lunette et un pénalty transformé plein axe plus tard, le Brésilien adresse un centre millimétré sur l’orteil droit de Sergi Roberto. Un sixième but catalan claqué à la 95e but pour une nuit d’ivresse indescriptible.

Une remontada pour l’éternité

“Noooooooooooon” P. Le Guen

“C’est pas possible, c’est pas possible, c’est pas possible, c’est pas possiiiiiiiible” S. Guy

Après avoir sabordé le coup d’envoi, la fin de la première période et le retour des vestiaires, les Parisiens foirent complètement le money-time. Il n’y a pas à dire, la maîtrise des moments décisifs est une spécialité du PSG.

“Comme capitaine, je suis très fier de mes joueurs”

Alors celle-là, on ne l’avait pas vu venir on vous avoue. En ce 8 mars 2017, le PSG nous démontre pourquoi Paris est Magique. La Ville Lumière n’aura jamais autant brillé dans le monde. Le mot de la fin revient à Olivier Dacourt, qui résume parfaitement cette soirée de pur bonheur, hors du temps.

Pour l’éternité.