Lettre ouverte à Caroline Garcia


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Caroline,

Si l’on écrit cette missive, c’est pour une raison évidente dont tu te doutes bien. Après des années de régularité et d’efforts, tu envoies un signal à notre fédération de défiance totale. Une qualification en demi-finale de l’US Open. La première fois que tu atteins un tel niveau dans un tournoi du Grand Chelem.

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Et si, parfois, quand ces incongruités arrivent, on peut penser qu’il s’agit d’une crise passagère, comme un adolescent qui rentre à 21h au lieu de 20h30, les dissensions semblent bien plus profondes et les signes extérieurs de détresse bien plus visibles. Est-ce que nous nous sommes trop reposés sur nos lauriers ? Fort probablement. Après une sortie au deuxième tour de Roland, on regardait ailleurs. On ne s’est même pas offusqué d’une petite victoire à Bad Homburg, celle-ci étant rapidement contrebalancée par une sortie en huitièmes à Wimbledon.

Mais depuis, l’incompréhension règne. Comme si, à partir de mi-juin, une terrible confiance s’était emparée de ton poignet. Une descente en puissance tout d’abord négligée par nos soins, puis regardé avec un poil d’ironie. Mais depuis Varsovie, avec le titre + la victoire sur Swiatek, les alarmes sonnent en continu au bunker de la Fédé. Une cellule de crise est installée. Des coups de fil sont passés. Des arbitres sont achet. Non on déconne, on a pas de budget.

Mais depuis ton arrivée en terre américaine, la hache de guerre est définitivement déterrée. Une balade en Ohio avec la victoire à Cincinnati. On aurait pu se dire qu’on allait avoir un combo classique victoire d’un tournoi/défaite au premier tour du Grand Chelem qui suit. Non. Bien sûr que nous, fous que nous sommes. C’est même encore pire.

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Les tours de l’US Open passent et se ressemblent tristement. Aucun set perdu. Et tous ont été gagné en 6. Première demi-finale de Grand Chelem de ta carrière. L’insolence est absolue. Il ne nous reste plus, au travers de cette lettre, qu’un appel à la raison. Caroline, ne gâche pas toutes ces années de travail collectif avec le tennis français. Tu aurais pu visiter New York en seconde semaine au lieu de te contraindre à une terrible routine.

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Nous ne pouvons donc qu’invoquer l’esprit de Mary Pierce, qui, avant de sombrer dans la folie des Grands Chelem, nous avait offert l’un des plus beaux twists possibles.

Et si l’attachement aux valeurs de la défaite prônée par nos soins ne te convainc plus, il nous reste une dernière carte. Nous ne pouvons pas non plus, en tant que Françaises et Français, réaliser la prophétie d’un Britannique. Il en va de l’honneur de notre république et de notre nation.

Nous savons que la pression sur tes épaules est lourde. Mais nous devions le faire.

Bien à toi.

La FFL.