Nelson Monfort | La mythique interview de Michael Johnson


Nelson Monfort Michael Johnson - FFL
Quand il te regarde comme ça, c'est que t'es relou

Nelson Monfort est du genre bavard. Ce genre de mec, qui, en soirée, te prend dans un coin et t’embarque dans une discussion sur un sujet qui ne t’intéresse absolument pas. Et toi, par politesse, tu n’arrives pas à partir. Tu as beau ne jamais le relancer, regarder ailleurs, lâcher des sourires à des gens qui n’existent pas pour faire genre, il ne te lâche pas. Alors, prends exemple sur Michael Johnson. Barre-toi, sans demander ton reste. Retour sur une interview de légende.

La palette de l’interview de Nelson Monfort

Déjà : le contexte. Nous sommes le 1er août 1996, aux JO d’Atlanta, et Michael Johnson vient de réaliser un exploit monumental. Il vient tout simplement d’exploser le record du monde du 200 mètres en 19,32. Mais la vie d’un athlète n’est pas simple, et après les premières célébrations, vient la traditionnelle tournée des interviews. Avec en épouvantail le stand français, bien connu pour être chronophage.

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Et dès le début, on sent qu’il n’a pas envie d’être là. Hors caméra, Nelson Monfort demande déjà à l’américain de rester avec lui, avec des « Please Michael Please » de Patrick Montel. Si à ce moment précis il aurait pu recourir 200 m pour les semer, il aurait à nouveau battu son record.

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Et Nelson se lance, avec une traditionnelle non-question suivie de sa propre traduction. Michael Johnson, professionnel, répond un truc bateau absolument inintéressant. Mais c’est là que la prestation de Nelson Monfort commence. Un sublime combo — traduction – question – traduction de la question qui semble interminable. D’ailleurs, le body-langage de Michael Johnson est sans équivoque. Il regarde ailleurs, esquisse un sourire sur lequel on peut lire « tu me les brises là ».

Le sprint de Michael Johnson

Et pour un athlète de sprint, les secondes sont précieuses. Alors, les 38 que vient de lui voler Monfort (soit 2 fois son temps au 200) sont de trop. Il décide tout simplement de se barrer avec un lapidaire « I feel great ».

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Cela sera un des premiers exploits de Nelson Monfort, exploit qui lui vaudra d’ailleurs le fin surnom de Melson Moinfort. On lui doit aussi le « Thank you Luigi » à Michael Chang, la traduction approximative d’Usain Bolt lors de sa dédicace à Puma ou bien la divulgation du mariage secret de Camille Lacourt.