Hommage aux Los Angeles Clippers, franchise de la lose


Vous le savez bien, à la FFL, nous ne sommes pas comme les entraîneurs en Ligue 1, nous regardons un peu ailleurs pour voir ce qu’il se fait de mieux. Et comme bien souvent, dans le meilleur comme dans le pire, les États-Unis sont un haut lieu d’émotions sportives. Capables de former des machines à rafler les médailles, ils construisent aussi leur légende avec des cas de lose. Rendez-vous donc à la cité des Anges pour rencontrer les Los Angeles Clippers. Point commun avec une autre franchise que l’on a pu voir il n’y a pas longtemps, il possèdent des couleurs que l’on ne peut que valider : un bon bleu blanc rouge des familles.

L’histoire de la Franchise

Tout d’abord connue sous le nom des Braves, la franchise déménagea de Buffalo à San Diego pour s’appeler les Clippers. Et quand toutes les franchises ont des noms plutôt stylés, des Bulls aux Lakers en passant par les Rockets, eux ont choisi de s’appeler les Clippers. S’il ont traduit, ça veut quand même dire les bateaux rapides, ce qui n’est pas déjà ouf — mais aussi les tondeuses. Ça ne fait quand même pas peur à grand monde.

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Et si les Braves de Buffalo ont eu un succès d’estime (3 apparitions en Playoffs, un MVP avec Bob McAdoo), les Clippers suintent assez vite la défaite. Aucune apparition en playoff à San Diego, et un déménagement à Los Angeles — non approuvé par la ligue — pour devenir la petite sœur des Lakers. Ils partageront ainsi la ville et la salle. Mais pas les succès ni le palmarès.

Alors, de 1978 à 2005, pendant 27 ans, il ne verront les playoffs que 3 fois, pour 3 éliminations au 1er tour ! Et avec pour meilleure performance en saison régulière une maigre 7e place. Cherry on the cake, le proprio de l’équipe, Daniel Sterling est un personnage immonde et raciste, qui insultait ses propres joueurs lors des matchs. Il sera banni à vie de l’équipe en 2014 et forcé de vendre sa franchise.

Et en 2001, l’espoir nait un petit peu parmi le peu de fans que comporte la franchise, qui vit dans l’ombre des Lakers depuis quelques années. Avec leur 2nd choix de draft, ils récupèrent via un échange Elton Brand, le joueur de Chicago. Et au bout de 4 ans (!), il reverront enfin la lumière des playoffs. Et pour la première fois, ils remporteront une série, et s’écrouleront dans la suivante dans un match 7 face aux Suns. Les fans ne le savent pas encore, ça sera le premier d’une longue série. La saison suivante, il ne reverront pas les Playoffs, dépassés par les Warriors à la dernière journée.

La nouvelle ère de la lose.

Et si la franchise était programmée pour une énième période de reconstruction, un grand moment va arriver pour les aider. Le premier choix de la draft 2006. Et cette fois, pas question de se replanter comme en 1998 (1er choix de draft pour Michael Olowokandi, 8pts et 6rbd en carrière). Non cette fois, c’est la superstar Blake Griffin qui se présente. Un choix évident, et qui augure des jours heureux. Enfin, pas tout de suite, il sera blessé l’ensemble de l’année suivante, reportant d’un an le début de l’espoir.

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Mais son année rookie sera légendaire. Impact physique surnaturel, dunks de l’espace, il va directement marquer de son empreinte la ligue. 22 points et 12 rebonds de moyenne, et une franchise qui retrouve une fraicheur. L’arrivée l’année suivante de Chris Paul — conjugué au pivot au physique de mutant DeAndre Jordan — les fera rentrer dans une nouvelle ère : Lob City. Dunks à tout va et showtime. La franchise de l’ombre de LA prend un peu la lumière de sa grande sœur.

Un sweep par les Spurs puis une défaite au premier tour face à Memphis plus loin, le coach Vinny Del Negro — pas un entraineur de luxe dirons-nous — saute pour faire place à Doc Rivers. L’objectif est clair, faire enfin passer une étape à cette équipe. Et la première étape, c’est d’enfin arriver en Finale de Conférence.

Et c’est là que le bât blesse, Lob City se transformera en Flop City dès que les choses se compliquent.  Le rêve de succès des Clippers se mange déjà les OKC Thunder en 2014, avec des gestions de fin de matchs plutôt calamiteuses. Principalement au match 5. Alors qu’ils mènent de 13 points à 4 minutes de la fin de ce match crucial, ils réussiront un choke avec une défaite d’un point. La suite sera logique : une série qu’ils perdront au match suivant. Afin d’être certains de poursuivre sur cette lancée, les Clippers promeuvent Rivers au poste de General Manager. C’est donc lui qui s’occupera des transferts.

Premier grand choix, faire signer Spencer Hawes pour un contrat de 25 M. Un joueur qui ne produira strictement rien. Il déclarera d’ailleurs qu’il « n’a pas trouvé la manière de l’utiliser de manière optimale ». Un peu compliqué, quand c’est toi qui l’a recruté. Et, à la manière d’un Claude Puel, il offrira plus tard un beau contrat à son fils. Pas tant immérité que ça, mais pour mettre l’ambiance dans le vestiaire il y a mieux.

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Mais ce passage en tant que GM sera un beau préambule à la masterclass de l’année suivante. Alors qu’ils mènent 3-1 face aux Houston Rockets, ils perdent un match, mais mènent largement dans le 5e.  À l’entame du dernier quart, ils sont devant de 13 points. La suite, Kevin McHale (un des pires coachs de la Ligue) envoie sa superstar James Harden sur le banc. Stupeur. Est-ce un acte d’abandon du match ? Les Rockets ont-ils abdiqué ? Pas vraiment. Les 2 rôles players Josh Smith et Corew Brewer vont semer la révolte et humilier les titulaires des Clippers. 15 points pour le premier, 14 pour le second, et un choke de légende.

Clippers Rockets 2015

La suite du Lob City ne sera qu’embrouilles entre joueurs, Blake Griffin qui se bagarre avec un coach et se casse le poignet, et de nouvelles désillusions en Playoff. Et depuis 2014, un nouveau président est dans la place. Steve Ballmer, dont vous pouvez admirer le déhanché ci-dessous.

La seconde nouvelle ère de la lose.

Et nul doute que ces échecs à répétition plaisent à l’ex-Président de Microsoft. Il ne souhaite probablement pas que son équipe devienne une sorte d’Internet Explorer de la NBA. Un navigateur dont tout le monde se moque. Alors, las de voir Lob City se transformer en Flop City quand la pression arrive, il fait venir un expert au début de la saison 2017/2018, Jerry West, pour remodeler tout ça. Première décision, virer Doc Rivers. Enfin, juste de son rôle de Manager. Ce bon Doc ne redevient plus que l’entraîneur.

Premier gros choc, le transfert de Chris Paul, qui repart avec une étiquette de loser magnifique. Lui, tout comme les Clippers, n’aura jamais vu une simple finale de conférence à son départ. Et, plus tard dans l’année, Blake Griffin est à son tour transféré (après avoir été prolongé pour un sacré paquet de dollars). Mais la reconstruction sera finalement rapide, avec un coup de maitre lors de l’été 2019. L’arrivée de la superstar Kawhi Leonard, accompagné de Paul George. Pour faire venir le second, ils dépensent à peut près tous leurs atouts : 4 premiers tours de draft, le jeune prometteur Shai Gilgeous-Alexander et Danilo Gallinari. Sur le papier, il n’y a jamais eu une telle équipe sur le parquet des Clippers.

Et quand cette année, ils mènent 3-1 face aux Denver Nuggets en demi-finale de conférence, on se dit que le palier et franchi. Chassez le naturel, il revient au galop. 3 chokes d’affilée. En effet, les Clippers vont foirer 3 secondes mi-temps d’affilée. Tenez-vous bien, ils menaient à la mi-temps  sur les 3 derniers matchs 56-44, 63-47 puis 56-54. Mais les secondes seront d’absolus craquages avec respectivement des raclées 67-49, 64-35 puis 50-33. 3 humiliations de suite pendant lesquelles la peur de gagner à anhililer les joueurs, pourtant bien arrogants tous le long de l’année.

Au cœur de son nouveau désastre, Doc Rivers a bien tenté des choses. Ah non, pas tactiques hein, le tableau avec les systèmes ce n’est pas son truc. Non, des « Allez les gars, soyez bons », « Faites tourner la balle » ou bien « Ça va le faire, allez ! ». Bref, les mêmes skills de ton coach de départemental qui te laisse pourtant sur le banc, derrière un daron de 40 ans avec un bide et ton pote Dylan, qui n’est même pas repassé par chez lui après sa sortie de boite. Doc Rivers est le seul coach à avoir perdu plusieurs séries qu’il menait 3-1. En plus de Houston et Denver, il avait déjà réussi l’exploit avec Orlando quand il affrontait Détroit.

Spécialiste des excuses bidons, la sortie sera mémorable. Les Clippers n’étaient pas en forme selon leur coach, et étaient cramés lors du 4e quart-temps. C’est un peu embêtant car en face Denver était sur son 2nd match 7 d’affilée. Et en plus, il y avait eu une grosse épidémie de Covid avant la reprise de la seconde partie de la saison.

Les Los Angeles Clippers sont un exemple pour nous tous. Loin de choisir la facilité en restant dans une médiocrité perpétuelle (Coucou les Knicks et les Kings), ils se sont engagés la voie de l’espoir. Celle qui leur permet d’exploser en plein vol, à la vue de tous, et de faire rêver nos pupilles avec un feu d’artifice de la lose. Alors merci à toi les Clippers, merci à toi Doc Rivers et on se dit à l’année prochaine. Car c’est bien connu, on ne change pas une équipe qui perd.