GP Argentine 1997 – Prost GP | Panis, l’homme qui abandonne plus vite que son ombre !


Olivier PANIS - Prost Mugen Honda - 13.04.1997 - Grand Prix d Argentine

Si en 1996 Olivier Panis surprend tout son monde en s’imposant dans les rues de Monaco, le Grenoblois réalise un début de saison 1997 tonitruant au volant de la nouvelle Prost Grand Prix. Mais au moment où il pense arracher la toute première victoire de l’écurie à Sa Majesté Jacques Villeneuve, un incident des plus français intervient : l’abandon. Et avec ça une perfusion de seum dans la veine sous le soleil brûlant de Buenos Aires.

Les débuts de Prost Grand Prix en Formule 1 nous procurent tout sauf de la quiétude. Lors de la première course à Melbourne, la toute nouvelle écurie française inscrit les premiers points de son histoire avec la cinquième place probante d’Olivier Panis. De quoi enthousiasmer les rangs de l’équipe. Mais trois semaines plus tard, l’affront est de taille. Pour sa deuxième course, l’écurie Prost décroche déjà son premier podium. Bien entendu, ce diable de Panis n’est pas innocent dans cette histoire. Et le Grenoblois ne manque pas d’afficher une confiance détestable.

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« Cette course fut un régal, et nous attendons encore des progrès » O. Panis

Un pilote français dans une voiture française, il n’en fallait pas plus pour provoquer la colère des Dieux de la Lose dès la manche suivante. À croire que Prost a senti l’ire céleste le guetter.

« Ce n’est pas parce que nous avons fait 5ème en Australie et 3ème au Brésil que nous gagnerons en Argentine ! Il ne faut pas croire au miracle » A. Prost

Mais une fois arrivé à l’Autodrome Juan y Oscar Galvez de Buenos Aires, Le Professeur change radicalement de discours. Une volte-face qui le voit désormais déborder d’enthousiasme.

« Panis est sur la pente ascendante des meilleurs pilotes. Je crois ici en sa victoire » A. Prost

Mal lui en a pris.

La prophétie improbable du Professeur Prost se produit

Samedi. Les 22 voitures s’élancent sur le tracé argentin lors de la séance de qualifications. Comme au Brésil, Panis signe le 3e temps. Mais dès le lendemain, le destin s’acharne. Lorsque les feux s’éteignent, Schumacher envoie Panis dans le décor. Mais plus de peur que de mal, le Grenoblois parvient à conserver sa position. Et à la suite de l’abandon de Frentzen au 6e tour, le voici qui caracole fièrement à une indécente seconde place. La cerise sur le gâteau intervient lorsqu’il devient le plus rapide en piste et qu’il se rapproche du leader, un certain Jacques Villeneuve. Seulement 1 seconde et demie derrière, la Prost se montre pressante.

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Alors que le Français est bien parti pour récupérer la première place, signer la première victoire de Prost Grand Prix en Formule 1 au bout de trois tentatives seulement, et se hisser en tête du classement des pilotes, Panis subit tout à coup une coupure du moteur au 19e tour. Le pilote Français s’immobilise dans la pelouse de Buenos Aires, offrant un tableau sublime de ce qu’est réellement le sport automobile tricolore.

Pas encore distributeur de punchlines sur Canal +, Jacques Villeneuve s’impose finalement tout en connaissant un problème de boîte de vitesses lors des derniers tours. Une déconvenue qui aurait profité de manière certaine à Panis s’il avait toujours été en course. De quoi ajouter une dose de regrets, s’il en manquait.

L’espoir, le meilleur allié de la FFL

Mais Olivier Panis préfère se réfugier dans le déni. Et se convaincre que la Prost Grand Prix n’est pas frappée par la malédiction. Le futur lui donnera tort toutefois. Le Grenoblois quitte alors le circuit en essayant de se remobiliser face aux micros.

« Il y aura d’autres occasions, j’en suis sûr » O. Panis

Il n’y en aura jamais aucune autre. Jamais. Aucune. Autre.

La meilleure preuve arrive dès la manche suivante, deux semaines plus tard à Imola. Quelques heures avant le début de la course, le ciel se montre menaçant. Alors Panis décide de faire le pari de partir avec des réglages pluie. Mais la piste est finalement sèche et le voici qui dégrade ses pneus à vitesse grand V. Le Grenoblois finit la course à la 8e position, un tour après le vainqueur Frentzen. Jusqu’à dire que sa victoire à Monaco était un accident ? Non.

Mais seules trois voitures ont franchi la ligne d’arrivée…