CDM 82 | Le Salvador, la plus grosse valise de l’histoire du Mondial.


( Photo by Alain de Martignac / Onze / Icon Sport )

Il y a 40 ans tout pile, la Hongrie et le Salvador entraient tous deux dans l’histoire de la Coupe du Monde. Le premier pour avoir signé le plus gros score de l’histoire du Mondial, le second pour l’avoir subi.

La Coupe du Monde 1982 est devenue célèbre pour sa demi-finale opposant l’équipe de France à l’Allemagne. La célèbre « Nuit de Séville ». Si la Mannschaft finit par l’emporter aux tirs au but, c’est la sortie toute en douceur de Schumacher sur Battiston qui reste dans les esprits. Et dans les nôtres aussi.

Publicité

Mais un autre événement paranormal s’est déroulé durant le Mondial 82. Et celui-ci concerne cette fois le Salvador. Déjà, rien que l’identité de la victime est inexplicable. Vous l’ignoriez peut-être, mais les Salvadoriens ont bel et bien disputé la Coupe du Monde 82. On vous rassure, nous aussi. Et le plus étonnant, c’est qu’il ne s’agissait même pas de leur premier fait d’armes. En 1970, la Selecta affronte la Belgique, l’URSS et le Mexique. Pour trois défaites sèches, 9-0 en cumulé. Merci d’être venu.

À lire aussi :   Top 10 des pires erreurs d'arbitrage de l'histoire du football français

Il nous tardait avec impatience leur prochaine participation, elle aura finalement lieu douze ans plus tard. Lors des matchs de poules du Mondial 82, la Hongrie croise le chemin du Salvador. Premier match de la compétition pour les deux équipes, et s’il s’agit déjà de celui de trop pour les Salvadoriens.

Le résumé du match Hongrie – Salvador

Mardi 15 juin 1982. Le Stade Martínez-Valero d’Elche va être le théâtre d’une branlée sans nom. Les Magyars n’ont besoin que de 4 petites minutes pour faire trembler les filets salvadoriens, par l’intermédiaire de leur capitaine Tibor Nyilasi. Les natifs d’Amérique centrale ne le savent pas encore, mais ils vont vivre une nuit espagnole interminable. Les 22 acteurs rentrent aux vestiaires sur le score de 3-0 pour la Hongrie. Jusque-là, il s’agit seulement d’une leçon de football dans les règles. Mais à la reprise, tout s’emballe.

Publicité

À lire aussi :   Football | Liverpool, le presqu'Poulidor de la Premier League.

Les Hongrois en remettent deux pour le plaisir, et infligent une manita en terre espagnole. Le clin d’œil est parfait. Mais la Selecta ne goûte que très peu à cet affront, surtout devant 23 000 supporters espagnols. Question de fierté hispanophone sans doute.

Alors à la 64ème minute de jeu, Luis Ramírez Zapata évite à tout un pays de finir une nouvelle fois Fanny. Nous sommes le 15 juin 1982, et il s’agit pourtant du seul buteur salvadorien de l’histoire en Coupe du Monde. Quelle vie. Pour l’occasion la télévision salvadorienne décide même de réaliser un documentaire de plus d’une heure sur ce but inscrit lors d’une branlée légendaire. L’art de s’accrocher à tout ce qu’on peut.

Le Kiss empoisonné de László

Ce que vous allez lire va très certainement vous faire tomber de haut, ou bien dans les pommes. À la 69e minute, l’attaquant László Kiss inscrit le but du 6-1. Puis récidive à la 72e. De même à la 76e. En l’espace de sept minutes, Kiss vient d’inscrire le triplé le plus rapide de l’histoire de la Coupe du monde. Une sorte de Matt Moussilou du niveau mondial. Comble du hasard, László passera deux saisons à Montpellier de 1985 à 1987. Quand on accomplit un tel exploit, il est obligé que vous soyez lié à la Liguain d’une manière ou d’une autre.

À lire aussi :   Football | Benfica, le Clermont-Auvergne de la Coupe d'Europe.

Deux autres buts interviennent, dont le dernier de la partie marqué par le capitaine Nyilasi. Auteur de l’ouverture et de la fermeture du score. Tibor Nyilasi, capitaine hongrois et videur de ce Mondial 82. Tout mis bout à bout, le Salvador s’incline 10 buts à 1. La Selecta vient de signer la plus lourde défaite de l’histoire de la Coupe du Monde.

À l’issue de la rencontre, le sélectionneur Mauricio Rodríguez balance une métaphore philosophique. Comprendra qui pourra.

« Si dans un duel l’un des combattants a un fusil et l’autre une machette, celui à la machette doit chercher à se cacher, nous on a fait totalement le contraire » M. Rodríguez

Un seul pays a fait mieux que le Salvador…

Présent dans les tribunes pour superviser la rencontre, le sélectionneur belge Guy Thys ne mâche pas ses mots. Et pour cause, son pays vient de perdre la première place de la poule au goal average, malgré une victoire inattendue 1-0 sur l’Argentine.

« C’est une honte de voir une équipe aussi faible à la Coupe du Monde » G. Thys

Résultat ? La folie offensive du Salvador laisse place à une défense de fer face aux Diables Rouges. La Selecta s’incline seulement 1-0. Une énième sortie belge devant les médias qui a failli leur coûter cher. Malgré cette défaite encourageante – c’est le cas de le dire – le Salvador ne parvient pas à gommer sa sublime humiliation face aux Magyars. Un match d’anthologie qui sera rejoué avec les mêmes joueurs en 2007 pour notre plus grand plaisir. Toutefois, les officiels prennent bien soin de ne pas ébruiter le score cette fois-ci. Histoire de ne pas faire de l’ombre au mythique 10-1.

Vous pensez que ce 10-1 constitue la plus grosse victoire de l’histoire de la sélection hongroise ? Non, un pays a fait encore mieux que le Salvador. Un petit indice : vous parlez sa langue depuis votre plus jeune âge. Et accessoirement, vous célébrez ses revers les plus cuisants avec nous. Difficile à croire, mais le 12 juin 1927, l’équipe de France s’est effondrée avec la manière face à la Hongrie, sur le score de 13 à 1.

Toutes les défaites sportives mènent à la Gaule.

À lire aussi :   Coupe du Monde 2010 | Knysna, l'Austerlitz de l'Équipe de France