Une décennie de Lose à Roland Garros – 2010, le chef d’oeuvre de Gaël


Monfils Roland Garros FFL

Pour les Parisiens, la fin du printemps annonce un véritable réveil des sens. Le retour des odeurs de sueur dans le métro, les sonorités de la fête de la musique, les saveurs du festival de gastronomie, ou encore la vue des « Il n’y a plus de Français à Roland Garros » sur les présentoirs des kiosques à journaux. Parmi ces traditions qui rythment l’arrivée des beaux jours parisiens, c’est à la dernière que nous rendrons hommage aujourd’hui.

La Lose à Roland, c’est une histoire ancienne et bien française. Et la dernière décennie n’y a pas dérogé. Elle a d’ailleurs commencé sur les chapeaux de roues. Voici le premier épisode de la nouvelle série Une décennie de Lose à Rolandla rétrospective 100% tennis, 100% française et 100% Lose.

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Un contexte presque particulier

Après un 1/4 de finale prometteur en 2009, Monfils arrive à Roland avec de gros points à défendre mais encore peu de repères. Mais s’il y a bien un endroit où le jeune Français est capable de créer le désordre dans une hiérarchie chamboulée (Nadal n’est plus tenant du titre pour la première fois), c’est à Roland. Pour rentrer dans l’Histoire, c’est maintenant.

Bon, pour ce qui est de la hiérarchie, on va tout de suite mettre fin au suspens : aucun Français ne ralliera les huitièmes si ce n’est Jo qui abandonnera après avoir pris un 6-2 dans le premier set, et puis Nadal gagne à la fin. Un Roland assez classique en somme.

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MAIS, la Monf’ marquera quand-même l’Histoire. Il le fera en disputant le match le plus tardif du tournoi. Mercredi 26 mai 2010, 19h, il fait 27°C et on joue le deuxième tour. L’adversaire du Français est l’Italien Fabio Fognini.

L’art du trou d’air

Pourquoi plier un match que l’on mène facilement quand on peut jouer jusqu’au bout de la nuit et faire revenir le public le lendemain? C’est sûrement ce que s’est dit Gaël lorsqu’il menait 2 sets à 0 un break d’avance, puis 2 sets à 1 deux breaks d’avance. Mais à chaque fois, un coup de panne salvateur vient extirper Monfils d’un schéma victorieux pourtant tout tracé. Devant cette facilité à avoir des trous, on se dit alors dit que Gaël devrait peut-être réorienter sa jeune carrière vers le Golf.

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Comme prévu, le vent tourne et c’est l’Italien qui se procure les balles de match. Trois, que Monfils sauvera jusqu’à arracher l’égalité à 5-5 dans le dernier set. 7 minutes intenses avec aux commentaires notre bon vieux Lionel Chamoulaud. Souvenirs.

Au moment de l’interruption, l’Italien qui venait de prendre un point de pénalité pour cause de grande gueule semble au bord du craquage mental. Gaël, lui, est transcendé par une foule à qui il vient de redonner un fol espoir. Il vient de revenir de nulle part après avoir enchainé les blancs. Mais heureusement, le noir l’arrêtera. Il est 21h57, heure la plus tardive de l’histoire d’un match à Roland. On ne voit plus rien.

On se dit alors que Gaël voulait juste jouer un mauvais tour au public. Que ces trous n’étaient que des frayeurs destinées à pimenter une partie que le Français finira donc bien par gagner. Après s’être envolé une première fois, l’espoir refait donc surface. L’espoir… cet ingrédient indispensable à toute bonne Lose made in Roland? Dans le mille.

Finir le Travail

Le lendemain, Gaël revient mais la magie des derniers instants de la veille laisse vite place à la réalité. Monfils rate des balles de break et 6 jeux plus tard, écrase un dernier coup droit dans le filet et s’incline. La décennie est lancée. Nous sommes en 2010, la presse française fait le difficile apprentissage d’une « Monfils », ce genre de match qui soulève toutes les émotions pour finalement terminer en grosse défaite mortifiante bien FFL. Même le CM de Roland Garros se met à parler espagnol.

Et pour la FFL, ce n’était que le début.