Top 14 – SF La Rochelle | La première remontada parisienne de l’histoire.


La Rochelle Stade Français

Si le Racing 92 était à l’œuvre le week-end dernier, le Stade Français a visiblement peu goûté à ce coup de projecteur sur son frère ennemi. Et la réaction des Stadistes ne s’est pas faite attendre. La victime expiatoire ? La Rochelle. Même si les Maritimes ont quelque peu aidé les joueurs de la capitale pour subir le come-back le plus WTF de ce début de saison.

Le résumé du match Stade Français – La Rochelle

La rencontre débute idéalement pour les visiteurs. En effet les Maritimes font valoir leur supériorité dans le combat physique, et enfoncent avec courtoisie la défense parisienne. Sept minutes de jouées, et déjà un essai pour La Rochelle. Puis un deuxième quinze minutes plus tard sur une finition de l’ailier Arthur Retière. Et histoire de boucler la boucle, un petit troisième pour la route sur une énième mêlée.

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Le Stade Français est mené 20-6 au bout d’une demi-heure de jeu seulement. Devant son public. On pense alors fort logiquement, en compagnie des spectateurs du Stade Jean-Bouin, que la boucherie va être intense. De celles qui vous font apprécier un sport dont vous ignorez pourtant tout, y compris le nom des joueurs et même les règles.

Deux minutes de douce folie

Oui mais c’est trop vite oublier le réalisme des Parisiens, ou la naïveté des Rochelais. On vous avoue on ne sait pas trop. À la 38e minute, alors qu’il ne reste qu’une petite poignée de secondes aux Maritimes pour rester devant avant le retour aux vestiaires, le centre du Stade Français Waisea va enfin décider d’entrer dans son match. Servi par Segonds, Waisea déboule comme un boulet de canon et réduit le score. Puis sur le coup d’envoi qui suit, alors que la sirène a retenti, les Parisiens enchaînent trois passes et lancent à nouveau leur bulldozer Waisea. Cheat code. Le rugby a l’air d’être un sport super technique parfois, mais quand il est joué comme ça, il devient tout de suite bien plus facile à comprendre.

Une seconde période encore plus folle que la première

Si les Rochelais se sont pris en pleine tronche un 14-0 en l’espace d’une minute trente chrono, ils n’ont pas encore vécu le pire. Alors qu’ils ont dérobé Jules Plisson à leurs adversaires du soir la saison dernière, le demi d’ouverture du Stade Rochelais va prouver à ses dirigeants à quel point leur choix était judicieux. L’ex-international français ne peut s’empêcher de maintenir ses anciens coéquipiers à flot. Un joli 2 sur 6 au pied, et 10 points partis en fumée. Une générosité qui va se payer cash en fin de match. D’autant plus que celui qui a pris sa place au Stade Français, Joris Segonds, se met à jouer comme un jeune premier.

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En effet le jeune numéro 10 envoie une méga passe sur toute la largeur du terrain, digne de Olive & Tom. Il trouve en fond de ligne Etien qui aplatit le troisième essai de son équipe. 25-20 pour les Parisiens. Trois essais encaissés en quinze minutes. La patte O’Gara se fait enfin sentir du côté de La Rochelle.

La Rochelle ou l’art du finish

Mais dites-vous bien que le plus WTF n’est pas encore arrivé. Oubliez la remontada du Stade Français, ce sont les Rochelais qui vont s’illustrer par leur justesse. En deux actes espacés de deux minutes seulement. Et ce en toute fin de match. Cette duologie débute par un contre de Buliruarua sur Arthur Coville à cinq mètres de sa ligne. Le Fidjien n’a qu’à se munir du ballon pour aplatir l’essai de la gagne. Le Rochelais se jette dans l’en-but, mais oublie le ballon juste avant la ligne. Des barres.

Mais on vous avait prévenu. Les Rochelais ne font jamais les choses à moitié. Sur la mêlée qui suit, le demi de mêlée du Stade Rochelais Kerr Barlow voit que Joris Segonds pose les mains sur le ballon, et en profite pour le plaquer. Bourdeau se saisit du cuir et aplatit un essai cruel pour repasser devant à trois minutes du terme. Deux énormes chokes de Segonds dans les dernières secondes du match. L’art du timing. Mais avec zéro incidence. En effet l’arbitre vire casaque sur sa décision, et annule finalement l’essai. Un petit air d’acharnement tout ça.

Victoire finale des Stadistes 25-20. C’est bien la toute première fois de l’histoire du sport français que nous assistons à une remontada parisienne.