Panthéon de la Lose | PSV-OL | Le penalty sur Nilmar.


Ah, si les Russes avaient marché sur la lune en premiers… Si ma mère en avait… Ah, si M. Nielsen avait sifflé penalty sur Nilmar… Pour certains supporters de l’OL, le temps reste toujours arrêté, suspendu à ce terrible 13 avril 2005. Il y a 16 ans, jour pour jour, un arbitre danois a été touché par la grâce.

« M. Nielsen qui était à 30 mètres de l’action, hurle le regretté Thierry Gilardi. Mais oui, il y a penalty ! M. Nielsen ! » C’est le deuxième quart de finale d’affilée de Ligue des champions pour la Team Aulas. Un an après l’élimination très propre contre Porto (2-0, 2-2), Lyon et le PSV se séparent deux fois sur un nul 1-1, arraché côté néerlandais par un certain Alex en seconde période – pas la panthère, mais le grand chauve qui a aussi joué au PSG par la suite. Prolongation à Eindhoven : à la 100e minute, Nilmar va s’arracher pour récupérer un ballon sur le côté droit de la surface.

Publicité


Le grand Heurelho Gomes, qui rêvait sans doute de rejoindre la Team Aulas, fût-ce en doublure de l’immense Grégory Coupet, s’en va cueillir les jambes de son compatriote comme on ramasse des tulipes. Mais M. Nielsen, d’une lucidité extrême, en décide autrement. Après avoir déjà arrêté le temps réglementaire en pleine situation de but pour les Lyonnais, ce qui avait commencé à faire tiquer Gilardi : « Il faut n’avoir aucune sensibilité pour le football… »

Même Edwin Zoetebier, le gardien remplaçant, l’avouera des années plus tard à France Football : « Il y avait penalty. » Après avoir revisionné 148 fois la scène mythique (à 5:20 dans la vidéo en bas de l’article), on remercie tout de même Nilmar d’y avoir mis un peu du sien, en s’écroulant un poil tôt… Oui, la lose de très haut niveau se joue sur des détails. « Au moment de faire le bilan de ma carrière, je n’ai aucun regret, assurait Jérémy Berthod en 2015. Ah si ! Un seul ! Il y avait penalty sur Nilmar ! » On pouvait compter sur Michael Essien, et surtout sur Eric Abidal, pour rater leurs tirs au but dans la foulée. Et sur Robert, évidemment, pour transformer le sien et éliminer l’OL.

Affiche football FFL Panthéon de la Lose

Publicité

Retrouvez le maillot de Heurelho Gomes sur notre affiche « Panthéon de la Lose »

Aulas : « Ce n’est pas seulement la faute des joueurs »

« Toute la responsabilité n’est pas sur les épaules de l’arbitre, mais si on n’est pas allés en demi-finales cette fois, ce n’est pas seulement la faute des joueurs. » Vous l’aurez bien sûr reconnu, c’est Jean-Michel Aulas après le match. Plus classe, plus en retenue dans son style prof de français au collège, Paul Le Guen : « Un arbitrage différent aurait été nécessaire. » Toutefois, le vrai responsable, ce soir-là au Philips Stadion, n’avait peut-être pas un sifflet à la bouche. Il ne portait pas non plus de moustache, puisque Guus Hiddink l’avait perdue sur le banc (plus très crédible du coup, le Guus). Non, son nom commençait par Mark et finissait par Bommel, avec un van entre les deux. C’est Nicolas Puydebois  – à ne pas confondre avec Patrick Puydebat, qui joue aussi Nicolas mais dans Hélène et les garçons – qui a révélé la supercherie en 2017, chez nos amis de So Foot.


« On sait ce qu’il est en train de faire, mais on n’a pas de maîtrise là-dessus, on ne peut rien faire, se remémore le remplaçant de Coupet, au sujet notamment des récurrents échanges mielleux entre le poète local et l’officiel danois. Nous savions que c’était un paramètre à prendre en compte, on l’avait identifié depuis le match aller. On savait qu’il était là pour pourrir le match avec son jeu, son comportement, qu’il était capable d’aller voir l’arbitre et d’influencer quelques décisions. » Et ça ne s’arrête pas là ! « Quand on est rentrés aux vestiaires, on a vu quasiment tous les joueurs du PSV sortir du vestiaire de l’arbitre sans leur maillot, alors qu’ils étaient rentrés avec. Entre ça et l’erreur d’arbitrage, forcément tu te poses des questions. » La lose sauce hollandaise… Mais en réalité, qui peut bien vouloir un maillot du PSV ?

Dans le même genre de Lose :   CDF 2016 – LOSC | Benzia, le véritable 12e homme de Trélissac (CFA)

Juninho : « On pouvait battre n’importe quelle équipe »

« On pouvait battre n’importe quelle équipe européenne », assurait encore en 2013 Juninho, président du fan-club de ce football qui se serait arrêté en 2005 (évoqué plus haut). Allez, on pousse jusqu’en 2006, il y a quand même eu la masterclass Milan dans la foulée… Le 13 avril 2005 est aussi le jour où aurait donc pu commencer la carrière de Nilmar. Mais non. Encore en dépression 12 ans plus tard – « true story », malheureusement -, il a rompu son contrat avec Santos en 2017 et n’a jamais rejoué depuis. A 36 ans, il n’est pourtant toujours pas officiellement retraité. Même s’il a vaguement essayé de se relancer à Villarreal de 2009 à 2012, le maudit attaquant est ensuite parti au Qatar ou encore à Dubai pour une tentative de farniente prolongé… Mais on n’oublie pas comme ça M. Nielsen et le stade Philips. Ce soir-là, la lame de rasoir, c’était Heurelho Gomes.