Panthéon de la Lose | Parme – Bordeaux | Les Girondins cuisinés par 11 Parmesans


À l’occasion de la sortie de son affiche du Panthéon de la Lose, la FFL te propose de revivre les plus grandes désillusions du football français en Europe ou même dans le Monde. Après l’Aragon, la FFL fait sa seconde escale en Emilie-Romagne. Tandis qu’ils finiront champions de France à l’issue de la saison 1998-1999, les Girondins de Bordeaux nous y ont offert une double confrontation pour la postérité face à Parme en Coupe UEFA. Comme trop souvent, le premier opus fut opposé à nos valeurs. Mais les producteurs bordelais ont su rectifier le tir. Le second volet tourné en Italie appartient déjà à l’Histoire.

Un match aller qui offre ce qu’il faut d’espoirs et de regrets

2 mars 1999. Les hommes d’Élie Baup reçoivent le Parme AC pour le quart de finale aller de la C3. Pour l’occasion, le Parc Lescure se met sur son 31 ; plus de 30 000 spectateurs sont assis pour chuchoter leurs encouragements. Des vrais fanas de la haute.

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L’entame du match est poussive, les deux équipes s’observent. Le calme avant la tempête Micoud. Le Français adresse une tête surpuissante sous la barre, digne de Zidane en finale de la Coupe du Monde 2006. Si Gigi Buffon avait sorti LA parade en finale du mondial, il ne peut cette fois rien faire contre l’autre Zizou bordelais. Transversale rentrante. Ah, certains doivent bien se dire, « Et si seulement Zidane l’avait joué comme Micoud contre l’Italie ? ». Pas nous. Tout juste avant la pause, les Girondins nous infligent la correctionnelle. Pavon trouve Micoud dans la surface parmesane. Le futur clasheur de L’Équipe remet en une touche sur Sylvain Wiltord qui fusille Buffon. On est bien loin de l’association De Préville — Crivelli.

Les Bordelais pensent avoir fait le plus dur. Mais comme souvent — toujours — avec les clubs français en Coupes d’Europe, les finishs sont des plus savoureux. À dix minutes du terme, Antonio Benarrivo se fait exclure, laissant ses collègues parmesans dans la sauce. Mais c’était sans compter la rigueur girondine. Sur un débordement côté droit, Enrico Chiesa — Père du joueur de la Juventus — trouve Crespo qui foudroie Ramé d’une Madjer délicieuse dans le petit filet opposé. 2-1. Élie Baup a de quoi s’arracher les cheveux qu’il n’avait déjà pas à l’époque.

Parme Bordeaux – un début poussif avant un craquage en règle

Les déplacements bordelais en Italie nous offrent souvent des soirées de gala. Et ce n’est pas la nuit romaine de 1991 soldée par un 5-0 en 8e de finale de C3 qui va nous prouver le contraire. Mais cette fois-ci, les Girondins se rendent dans le stade Ennio Tardini avec le statut de leader du championnat de France. Un costume qui va très vite ressembler à un double XL sur les épaules de Valbuena.

La défense des Girondins tient pourtant bon durant 37 minutes. Mais sur une merveille d’alignement défensif en escalier, Vanoli part seul en profondeur et offre l’ouverture du score à ce diable de Crespo. 1-0. Et il ne faudra pas attendre plus de  5 minutes pour que Chiesa fusille Ramé une seconde fois sur une frappe de 20 mètres. On devine alors la giga rouste qui va suivre.

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Mais c’était sans compter sur le discours d’Élie Baup à la mi-temps. Un seul but des Girondins permettrait d’arracher les prolongations. La consigne du sorcier chauve ? En planter un juste après la pause pour faire douter les Italiens. Et sa prophétie va se réaliser ! Au détail près que c’est Sensini qui met un terme aux rêves bordelais. 3-0. D’un possible rêve, la partie va basculer en véritable cauchemar.

Affiche football FFL Panthéon de la Lose

Retrouvez le maillot de Parme dans l’affiche Panthéon de la Lose

Saveljic parle une langue, celle du non-football

C’est à ce moment que commence le show de Nisa Saveljic. En bon défenseur central, le monténégrin prend soin de rater sa prise de balle. C’est pas comme s’il était le dernier rempart. Chiesa déboule et mystifie une nouvelle fois Ramé. Quand Bordeaux craque, il ne fait pas semblant. Davantage team chêne que roseau. Les Parmesans insistent et Crespo inscrit un doublé à l’issue d’un jeu à trois d’anthologie, comme celui des Français à l’aller. Ou comment rendre à Bordeaux la lire de sa pièce. Si se faire balader par des olives et du fromage relève de l’impensable, les Girondins l’ont fait.

Il ne reste que quelques secondes à jouer, et Saveljic n’en a visiblement plus rien à carrer. Le monténégrin va nous offrir une des failles spatio-temporelles les plus mémorables des Coupes d’Europe. Sur une percée d’un Parmesan dans la surface, Hervé Alicarte sauve sur sa ligne un tir italien. Le ballon part dans les airs. Si la logique amènerait tout mortel à dégager le ballon le plus vite possible pour éloigner le danger, Saveljic a lui trouvé une toute autre solution. Bien plus radicale. Il se saisit du ballon des deux mains tel un rebondeur NBA. Un craquage qui n’a, encore aujourd’hui, trouvé aucune explication rationnelle.

Après un instant d’incompréhension totale, l’arbitre siffle pénalty, mais ne sort qu’un carton jaune. Même lui est pris d’une profonde mansuétude devant un tel ridicule. Balbo se charge de tirer le pénalty, et ajoute son petit grain de sel dans cette sauce au parmesan. 6-0. La roue de vélo. Les Girondins ne sont pas qu’éliminés, ils sont terrassés. De quoi sortir la tête haute de la compétition.

Le mot de la fin revient tout naturellement au président bordelais, Jean-Louis Triaud.

« On savait qu’on avait tiré le gros lot. Là, la valise est pleine » J-L. Triaud