Panthéon de la Lose – Bastia | PSV, trois lettres pour un cauchemar


À l’occasion de la sortie de son affiche du Panthéon de la Lose, la FFL te propose de revivre les plus grandes désillusions du football français en Europe ou même dans le Monde.
Coupe UEFA 1978. Si cette année voit Mario Kempes briller en Coupe du Monde, la France ne fut pas conviée à cet événement. Non chez nous la saison 1978 fut marquée par l’épopée de Bastia. Une merveille de parcours corse jusqu’en finale, avant que le dernier match ne soit teinté d’une touche définitivement française.

« L’épopée bastiaise », loin d’être un mythe

Si Bastia veut comprendre la raison de son échec en finale de la Coupe UEFA, il ne faut pas remonter 43 ans en arrière. Mais trois siècles. Le 15 mai 1768, le Traité de Versailles change à jamais le destin de la Corse : la République de Gênes la cède au Royaume de France. Le début de la fin.

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En cette saison 1977/1978, le parcours des Bastiais en Coupe d’Europe est, comme son île, de toute beauté. Dès les 32e de finale, le Sporting Portugal se met en travers de son chemin. Grands favoris de la rencontre, et même de la compétition, les Portugais sont qualifiés jusqu’à la 86e minute au match retour. Pour des soucis de timing, la presse portugaise titre ses journaux du lendemain toujours quelques minutes avant la fin du match. Mais c’était sans compter le but vainqueur de Johnny Repp à quatre minutes du terme. Ainsi le lendemain, les Portugais verront dans leurs journaux « Bastia tombe la tête haute » alors que c’est bien le Sporting qui s’est qualifié. Cocasse.

Les Corses sortent ensuite successivement Newcastle (5-2), le Torino (5-3) pourtant invaincu depuis deux ans à domicile, Iéna (9-6) et le Grasshopper Zurich en demi-finale. Les voilà propulsés en finale. Sans même savoir comment ils ont fait.

Le Sporting se noie dans sa pelouse marécageuse

Mercredi 26 avril 1978. Match aller. Stade Armand-Cesari. Pour cette première manche de la finale, le SC Bastia est opposé au PSV Eindhoven. Champion des Pays-Bas cette saison, face à l’immense Ajax, les Boeren comptent dans leurs lignes des noms comme Willy van der Kuijlen, ou encore les frères van de Kerkhof. Jour de finale donc, mais également jour d’averses apocalyptiques. La pelouse est une éponge gorgée d’eau. Surnommé le « marécage », le terrain de Furiani est impraticable. Un champ de patate grosso modo.

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Durant la rencontre, les Bastiais dominent outrageusement. Sans parvenir à marquer le moindre but. Malgré une ambiance corse, on retrouve bien là les valeurs du bon vieux football hexagonal. Score final 0-0. La décision se fera aux Pays-Bas. La finale de la Coupe UEFA a beau être un moment historique pour le football français, cela n’empêche pas la Ligue de faire jouer Bastia à 3 reprises dans les 6 jours qui séparent le match retour. Le génie français. Mais pas question pour les Corses de faire tourner. Également dans la course au podium en championnat, les Corses finiront finalement 5e. Ou comment foirer à tous les niveaux.

Le PSV a, lui, terminé son championnat il y a déjà quelques semaines déjà. La pression sur les épaules du Sporting est d’autant plus forte qu’avant ce match décisif, les 3 dernières finales de Coupes d’Europe d’un club français se sont toutes soldées par des défaites cuisantes (Reims en 1956 et 1959, Sainté en 1976). Ajoutez à cela l’attente de tout le peuple corse derrière eux, et c’est un évident craquage qui est à prévoir.

Le résumé du match PSV – Bastia

9 mai. Finale retour. Les Bastiais se rendent au Stade Philip Stadion d’Eindhoven. Et dès le début de la rencontre, on s’aperçoit très vite que la succession des matchs précédents rend les joueurs du Sporting livides. À la 24e minute, Willy van de Kerkhof bat le gardien Pierrick Hiar d’un extérieur du pied droit dans le petit filet. Les Corses sont submergés dans tous les compartiments du jeu. Et à l’heure de jeu, les joueurs du PSV enfoncent le clou en l’espace de deux petites minutes. Gerrie Deijkers, puis Willy van der Kuijlen viennent faire comprendre au Sporting que la Coupe d’Europe n’est pas compatible avec la France. 3-0. Merci, au revoir.

Mais le point d’orgue de la soirée intervient après la rencontre. Lors de la remise des médailles, le capitaine du PSV Willy van der Kuijlen s’approche du trophée et le soulève fièrement. Petit hic, le Batave porte le maillot du SC Bastia qu’il vient d’échanger quelques minutes plus tôt avec un adversaire.

Cette image restera comme le seul sacre européen de Bastia de son histoire.