Mondial 2021 – Hand Féminin | Une seconde mi-temps d’anthologie.


Cleopatre DARLEUX of France during the IHF Women's World Championship handball final match between France and Norway on December 19, 2021 in Granollers, Spain. (Photo by Hugo Pfeiffer/Icon Sport) - (Espagne)

Alors qu’on avait quitté les “Battantes” l’été dernier avec leur sacre aux Jeux Olympiques, on pensait que ces championnats du monde seraient l’occasion de se faire pardonner. Pendant longtemps, on pensait que non. Mais c’était pour finalement terminer en beauté. Un joli cadeau de Noël avant l’heure.

Si les Bleues sont parfaitement entrées dans la compétition en terminant premières de leur poule, avec trois victoires en trois rencontres, la deuxième phase de groupes s’est avérée toute aussi dévastatrice. Pour atteindre les quarts de finale avec le plein de confiance : six matchs, six victoires. Et la meilleure défense de la compétition en prime. On a connu de meilleures périodes dans l’histoire du handball féminin.

Les quarts de finale se déroulent malheureusement sur le même rythme. Face aux Suédoises, la partie est serrée mais les Bleues prennent le large en fin de partie. Score final 31-26. Les Danoises, venez à notre rescousse. Et le pire dans tout ça, c’est que ce message de détresse a été reçu par les Scandinaves. Les joueuses de Copenhague vont mener jusqu’à 4 buts d’écart à 20 minutes du terme (17-13). Alors que la finale leur tend les bras, c’est le moment choisi par les Danoises pour s’effondrer. Un joli 10-5 pris en pleine tronche. Dans tous les sens du terme.

Les joueuses du Danemark ont une dernière chance, mais comme aux Jeux Olympiques de Tokyo, la gardienne Cléopâtre Darleux nous sort un arrêt monumental. Et offre une victoire d’un petit but au goût de hold-up : 23-22. Insoutenable.

Le résumé de la finale France – Norvège

Le début de rencontre ressemble trait pour trait au biathlon : un duel franco-norvégien irrespirable. Les deux nations se rendent coup pour coup. Chaque but trouve sa réplique dans les cages d’en face. Même les gardiennes se répondent par des arrêts impossibles. Quinze minutes de jeu, et une égalité parfaite : 5-5. Puis survient le moment de grâce de Laura Glauser. La gardienne française enchaîne quatre arrêts consécutifs, quand son homologue norvégienne va récupérer à quatre reprises la ballon au fond de ses filets. Les Françaises s’échappent 14-8. On sent la douille poindre le bout de son nez.

Fort heureusement, le panache à la française arrive à point nommé. En deux temps. Tout d’abord, les Bleues réussissent à réaliser un mauvais changement. La remplaçante qui entre sur le terrain avant que la remplacée n’ait eu le temps de sortir. La base. Surtout un soir de finale de championnat du monde. Un élan de générosité qui coûte deux minutes de suspension en prime, alors même que les Françaises se trouvaient déjà en situation d’infériorité. Génial.

Sur l’action qui suit, les Tricolores, qui ne sont que 4 face à 6 Norvégiennes, parviennent quand même à trouver l’intervalle. Une action inespérée, très vite anéantie par la pose du temps mort du sélectionneur français Olivier Krumbholz. Un exploit peu commun à montrer dans toutes les écoles de handball.

Le final inimaginable des Françaises

La seconde période nous redonne très vite des couleurs. En effet elle débute tambours battants pour les Bleues. Une déroute 5-0 qui permet aux Norvégiennes de revenir direct au score. Trente minutes de sueur et de sang pour rien. On valide fort.

Dès lors, les Françaises se mettent à déjouer comme jamais : pertes de balle alors qu’elles sont en supériorité numérique, tentatives de passages en force qui se terminent en jet de 7 mètres pour les Norvégiennes, tirs scandinaves qui passent entre les jambes de Glauser. La totale. Que demande le peuple ?

Pour éteindre l’incendie, Krumbholz pose deux temps morts en trois minutes. C’est la panique dans la maison bleue. Suite aux mots du sélectionneur, les Françaises sont survoltées mais en face, la gardienne Solberg dégoûte littéralement les Tricolores. Et nous apprend à aimer de plus en plus ce handball féminin finalement très intéressant.

Les Bleues terminent cette finale en roule libre, pour conclure sur le score de 29-22. Les Tricolores se sont mangées un appétissant 17-6 sur la seule seconde période. Posséder jusqu’à 6 buts d’avance en première période pour terminer à 7 longueur des Norvégiennes.

La définition du savoir-faire français.

Tom