Lorient – Denizlispor 2002 | La presqu’qualif héroïque


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Un club de D2 qui participe à la Coupe de l’UEFA et qui parvient presque à l’emporter ? Il n’y a que le football français et Lorient pour nous offrir cela. Et ça rentre immédiatement au Panthéon de la Lose.

L’année 2002 est sûrement l’année la plus folle du FC Lorient. Les Bretons ont été promus en D1 en juillet 2001. Évidemment, la saison se passe mal et les Merlus terminent bons derniers (18e). Direction la Ligue 2. Mais ils pousseront la lose un peu plus loin lors des coupes nationales. En Coupe de la Ligue, les Bretons s’inclinent 3-0 en finale contre Bordeaux avant de remporter la Coupe de France 1-0 contre Bastia… Sauf que ! Lors de ce match, tout le monde a oublié le résultat pour ne retenir que l’imposture de Rémi Gaillard.

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Suite à cette victoire en Coupe de France, Lorient obtient un ticket pour la Coupe de l’UEFA. En 2002-2003, nous assisterons donc à un événement plutôt rare : un club de 2e division participera à une Coupe d’Europe.

Un coach international

Côté effectif, c’est un peu compliqué par contre. Feindouno et Darcheville sont partis et c’est Patrice Loko (en fin de carrière) qui est arrivé sur le front de l’attaque. Le coach reste le même par contre : Yvon Pouliquen. Qui possède dans son CV une sélection en équipe de Bretagne, contre les USA en 1988. Bon, c’était pour du futsal mais ça compte quand même.

Le tirage au sort est clément avec les Lorientais et leur offre Denizlispor. Club turc à l’emblème frappé d’un coq (petite boutade de l’histoire), 5e du championnat la saison précédente et connu pour… Pour pas grand-chose en fait. Ah si ! En septembre 2021, ils viennent d’accueillir Brice Dja Djédjé. Voilà, voilà.

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Nos Bretons se déplacent donc en Turquie le 19 septembre 2002. La FFL attend simplement d’eux un niveau correct : celui de Ligue 2 quoi. Appliqués, ils ne produiront quasiment rien et prendront deux buts. Dont un penalty provoqué par Yohan Bouzin, archi battu depuis belle lurette sur l’action mais revenu du diable Vauvert pour tacler par derrière le capitaine Tandogan. Ça fait 2-0 mais le match retour nous réserve son lot de surprise et de dramaturgie.

Un Martini rafraîchissant

Deux semaines plus tard, le Moustoir est en feu. En même temps, quand tu sais que le prochain match, c’est contre Wasquehal, tu profites. Ceci dit, il suffira de 20 minutes pour que les Lorientais s’auto-clim’. Alors qu’ils seront inoffensifs pendant toute la partie, les Turcs obtiennent un coup-franc qu’ils envoient dans la boîte. À la réception, le défenseur lorientais Richard Martini, détourne de la tête le ballon qui finit droit dans les filets de la légende locale : Fabien Audard.

Avec ce but encaissé et la règle du but à l’extérieur, Lorient doit maintenant inscrire quatre buts pour se qualifier. Les Merlus enfilent leur plus beau panache et se jettent corps et âme dans la bataille. Juste avant la pause, Kroupi sonne la contre-offensive et égalise. Juste après le repos, Guel fait naître le fol espoir (2-1). Les Turcs sont proches de craquer mais à chaque fois, leur portier allemand Heinen sort la parade. À la FFL, les dents claquettent tout de même un peu. En fin de match, Gauvin marque le troisième but. Il reste une poignée de secondes pour créer l’exploit. Mais il n’arrivera pas… Ouf de soulagement à la FFL, regrets éternels pour le Moustoir.

Affiche football FFL Panthéon de la Lose
Retrouvez le maillot de Denizlispor parmi les 64 bourreaux du football français dans l’affiche Panthéon de la Lose

D’aucuns diront que c’est la règle du but à l’extérieur qui a précipité l’élimination de Lorient, nous préférons attribuer tout le mérite à Martini. Rendons à Richard ce qui appartient à Richard.

Retour à la réalité

Après ce sublime match retour, Lorient retournera vers la Ligue 2 et le beau football. Sans jamais perdre de vue la FFL. Les Merlus termineront 4e de l’exercice deux fois de suite (2002-2003 et 2003-2004).

Concernant Denizlispor, son histoire avec la France ne s’arrêtera pas là. En 16e de finale, les Turcs élimineront les champions de France lyonnais chez eux à Gerland, avant de s’arrêter contre Porto au tour suivant. Dans la même saison, nous leur avons offert en pâture le meilleur et le pire de notre championnat. Pour à chaque fois le même résultat. C’est ce qui s’appelle respecter l’adversaire.