Ligue des Champions 2012 | Et Lyon passa à l’APOEL…


EDERSON - 07.03.2012 - Apoel Nicosie / Lyon - 8eme Finale Retour Champions League 2011 / 2012 - Photo : Firo / Icon Sport

L’Olympique Lyonnais n’est pas un novice dans le genre. Déjà en 1999, les Gones avaient raté leur qualification pour la Ligue des Champions en faisant naufrage face à l’ogre slovène du NK Maribor Teatanic. En 2012, la donne est différente. Lyon se hisse jusqu’en huitièmes de finale. Les lyonnais ont une mission simple : ne pas perdre le match retour face au petit poucet chypriote. Un objectif qui s’avèrera beaucoup trop optimiste.

L’Athlitikós Podosferikós Ómilos Ellínon Lefkosías, également connu sous le nom d’APOEL Nicosie, voit le jour en 1926. Véritable épouvantail du football chypriote, et ses 28 titres de champion national, les Jaune et Bleu créent une première sensation lors de cette campagne 2011-2012 en accédant aux huitièmes de finale.

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Un miracle car jusqu’à présent, le seul exploit de l’histoire de l’APOEL sur la scène européenne remonte en 1963 lors des huitièmes de finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe. Une rouste 16-1 contre le Sporting Portugal qui lui vaut le record de la plus lourde défaite de l’histoire des compétitions européennes.

Mais il en faut plus pour impressionner l’Olympique Lyonnais. Mardi 14 février 2012. Huitième de finale aller. En ce jour de Saint-Valentin, Lyon reçoit l’APOEL à Gerland. Au cours d’un match dominé de la tête et des épaules, les Gones doivent attendre l’heure de jeu pour ouvrir le score par l’intermédiaire de Lacazette. C’en est trop pour Rémi Garde qui décide de le sortir sur le champ à la place de Jimmy Briand. Malgré plusieurs occasions nettes mangées, les hommes de Rémi Garde n’obtiennent pas mieux qu’un court succès 1 but à 0.

Mais les rhodaniens peuvent être sereins pour le retour grâce à leur grande forme du moment. Pour preuve, l’OL a remporté un seul de ses 8 derniers matchs de championnat. 5 points sur 24 possibles. Rythme de champion.

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APOEL – Lyon : Manduca, de héros à zéro

Trois semaines plus tard, le GSP Stadium accueille l’OL pour ce qui va être un des matchs retours les plus ffl de l’histoire. Avec un seul but d’avance, cette rencontre a tout l’air d’un bon vieux guet-apens chypriote. Les lyonnais doivent impérativement se montrer solides pour passer en quarts. Dès la 9e minute, le capitaine de l’APOEL Charalambides trouve Manduca dans le dos d’un Réveillère totalement dépassé. Qui se rappelle surement au bon souvenir d’un petit coup de rein de Mancini un soir d’hiver 2007. Il n’empêche que Manduca ouvre le score. Le miracle est en marche.

Le stade est littéralement en transe. Sentant ce doux parfum de lose envahir l’enceinte, les 23 000 supporters font trembler les boulons du GSP Stadium par leurs encouragements. Et à l’heure de jeu, Lyon évite le pire quand, sur un coup-franc de l’APOEL, Cissokho envoie une tête chirurgicale sur sa propre barre transversale. Le douzième homme chypriote n’est pas forcément celui qu’on croit.

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Benché depuis son but à Gerland trois semaines plus tôt, Lacazette entre enfin dans ce match à la… 100e minute. Rémi Garde avait sans doute peur d’aligner le seul buteur du match aller. L’entrée de Lacazette change bizarrement tout. Quelle coïncidence. L’attaquant lyonnais enchaîne les accélérations, et provoque sur l’une d’elles l’expulsion de Manduca. Deuxième jaune après celui écopé pour avoir enlevé son maillot lors de l’ouverture du score. Le concept de montagnes russo-brésiliennes possède un réel potentiel. Les prolongations ne donneront rien non plus. Rémi Garde n’a pas eu assez de 3h30 de match pour se défaire de l’ogre chypriote. Mentalement, c’est rude de s’en relever.

Rémi, prends Garde aux chypriotes !

Tirs aux buts. Les lyonnais ont l’avantage de commencer. On se dit alors qu’ils auront l’ascendant psychologique de pouvoir mener dans cette séance de pénalties. Mais c’est mal connaître le potentiel des Gones qui vont se renverser la pression sur leurs propres épaules. Lacazette, puis Michel Bastos mettent un point d’honneur à dégager l’OL de la Ligue des Champions. Circulez il n’y a rien à voir.

« On a joué un huitième de finale contre une équipe de l’APOEL Nicosie dont le nom ne parle à personne » R. Garde

Rémi Garde nous enlève les mots de la bouche. Puis, le coach lyonnais est tout à coup frappé par une fulgurance en pleine conférence de presse.

« Maintenant, être battu ne va pas nous faire avancer » R. Garde

Prophétique. Quant à eux, les chypriotes ne touchent plus sol. Et commencent déjà à sortir les grands mots.

« Le tirage ? Je ne veux pas Barcelone. Personne ne les veut, ni le Real Madrid » G. Manduca

La science des boules chaudes de Florentino Perez fera le reste. L’APOEL hérite du Real Madrid et se prend un 8-2 dans les molaires sur l’ensemble des deux matchs. Comme l’avait si bien prédit le gardien chypriote Dionisios Chiotis à l’issue de la débâcle lyonnaise, « on arrive aux choses sérieuses maintenant ». Mais si certains préfèrent retenir l’exploit de l’APOEL face à Lyon lors de cette campagne 2011-2012 de la Ligue des Champions, nous, nous préférons -sans aucun chauvinisme aucun- le miracle lyonnais.

Lyon, à jamais les premiers *à faire qualifier une équipe chypriote en quarts de finale d’une compétition européenne.