Ligue des Champions 2007 – Lyon | Mancini, ce briseur de rein


Si l’Olympique Lyonnais s’est piteusement fait sortir des huitièmes de finale de la Ligue des Champions en 2012 face à l’immense APOEL Nicosie, il ne s’agit pas du seul exploit de l’OL à ce stade de la compétition. Cinq ans plus tôt, Mancini et les romains décidaient de punir Lyon. À domicile. Devant son public de Gerland. Laissant Anthony Réveillère à l’agonie sur la pelouse. Retour sur cet homicide volontaire.

Quintuple champion de France et triple quart de finaliste en titre de la Ligue des Champions, les lyonnais font logiquement figure de favoris face aux romains. En effet les italiens participent à leur première phase finale de la C1. Pourtant, pas tout ne vas se passer comme prévu.

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Le 21 février 2007, l’AS Rome reçoit l’OL pour les huitièmes de finale aller. Score final 0-0. Le match est fermé, cadenassé. Digne de l’âge d’or du catenaccio. À peine le coup de sifflet final donné, que le match retour est dans toutes les têtes.

Si l’OL remporte le derby face à l’AS Saint-Étienne durant le week-end, les romains n’ont eux pas vraiment la même vision de la préparation du match retour. Les giallorossi n’ont remporté qu’un seul de leurs 5 derniers matchs de championnat. Circonstance atténuante, leur calendrier était plutôt chargé face à des cadors du calcio : Empoli, Reggina, Chievo Vérône et la lanterne rouge Ascoli. Bref, pas la meilleure Roma de l’histoire pourrait-on penser.

Le résumé du match Lyon – AS Rome

« Lyon est une excellente équipe, mais nous pouvons être optimistes avant ce match » L. Spalletti

Spalletti, ce devin. En face, son homologue français s’essaye lui aussi à la boule de cristal.

« Nous devrons garder notre solidité et profiter d’un coup de génie » G. Houllier

Il n’y aura ni solidité, ni coup de génie. Car en ce 6 mars 2007, la FFL va frapper un grand coup sur la scène européenne. Avec seulement 3 buts encaissés, l’OL aborde pourtant les 8e de finale avec le statut de meilleure défense de la Ligue des Champions. Mais dès la 22e minute de jeu, Francesco Totti fait trembler les filets de Coupet par une tête à bout portant. Ce qui vaut à Greg une réaction des plus mandandanesques.

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Heureusement que Sébastien Squillacci avait annoncé la couleur avant le match : « Totti bouge toujours très intelligemment, et nous devrons le surveiller de près ». Moins devin que Spalletti le Seb. Les lyonnais poussent en cette fin de première mi-temps. Alors qu’ils ont dans l’esprit d’égaliser avant la pause, ils voient un de leurs corners repoussé par la défense italienne. Taddei joue sur Totti qui renverse côté gauche sur Mancini. La suite appartient à l’Histoire.

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Six passements de jambes et puis s’en vont

Mancini arrive aux abords de la surface. Sentant le danger poindre, Jean-Michel Larqué martèle à quatre reprises « il ne faut pas se livrer ! » au moment du duel en direct sur TF1. Résultat : le brésilien avance sur Réveillère, Réveillère recule face au brésilien. Ces premiers dixièmes de seconde résument magistralement l’action qui va en découler. Que dis-je l’action ? L’humiliation. Mancini commence alors le premier de ses six passements de jambes. Puis crochète sur l’extérieur, rendant de marbre le latéral français. C’est simple, Mancini part dans le zig, Réveillère dans le zag. Le joueur romain catapulte Grégory Coupet, impuissant pour la seconde fois de la soirée.

Mais le mal est ailleurs. À côté du gardien, le rein de Réveillère est là, inherte, gisant sur la pelouse. Une carrière brisée en six passements de jambes. Des centaines de matin à se lever à 6h du mat pour se faire subtiliser son âme devant près de 50 000 spectateurs. Ingrate est la vie d’un footballeur, qui plus est français. Larqué dira même plus tard que Réveillère a été « hypnotisé par les jambes de Mancini ». On reconnaît bien là le stéphanois.

 

Mancini et le triomphe modeste

Comme si l’affront sur le gazon ne suffisait pas, Mancini en remet une couche devant la presse. On sait jamais, au cas où.

« Dès que je reçois le ballon devant Réveillère, je sais que je vais lui coller ces six passements de jambes » Mancini

Et en bon brésilien qui se respecte, Mancini n’hésite pas à faire preuve d’une humilité déconcertante.

« Ce but est connu mondialement. Je n’ai même pas besoin d’en parler, les gens l’évoquent souvent avant moi » Mancini

La suite n’a que très peu d’intérêt. Gérard Houllier réalise un double changement inutile à la pause. Källström et Wiltord entrent. Aucun impact. 2-0 score final. La série de 19 matchs d’invincibilité à domicile en C1 s’effondre.

Tel Réveillère face à Mancini.

Bonus

Pour les rares lecteurs ayant eu le cœur suffisamment solide pour atteindre la fin de l’article, on se refait un petit kiff. Cette fois en version originale. Même si on ne pipe pas un seul mot, on est quand même d’accord avec lui.